‹ Correspondance inédite de Marie Antoinette (volume 2)Chapitre 32 sur 34 · AU PRINCE DE KAUNITZ · texte numérisé non relu

AU PRINCE DE KAUNITZ

Croyez, monsieur, à tout ce que le porteur de ce billet vous dira, il voit juste et connoît bien notre position. Je suis charmée d’avoir une occasion d'assurer le respectable et bon serviteur de Marie Thérèse que, quelque chose qui arrive, sa fille cherchera toujours à être digne d’une pareille mère et de l’estime de son

ministre et ami.

Ce 4 juillet 1792.

Vous connoissez .déjà les événements du 20 Juin, notre position est affreuse et devient toujours plus critique : il n’y a que violence et rage d'un côté, foiblesse et inertie de l’autre, l’on ne peut compter ni sur la garde nationale ni sur l’armée, on ne sait s’il faut rester à Paris

ou se jeter ailleurs. Il est plus que temps que

les puissances parlent fortement. Le 14 juillet et jours suivants peuvent être l’époque d’un deuil général pour la France et de regrets pour les puissances qui auront été trop lentes pour s’expliquer ; tout est perdu si on n'arrête pas les factieux par la crainte d’une punition prochaine. Ils veulent à tout prix la république, pour arriver, ils ont résolu d’assassiner le roy ; il seroit nécessaire qu'un manifeste rendit l’assemblée nationale et Paris responsables de ses jours et de ceux de sa famille. Malgré tous ces dangers, nous ne changerons pas de résolution, vous devez y compter autant que je compte sur votre attachement.

Je me plais à croire que vous êtes un homme dévoué, et que je partage le sentiment qui vous attachoit à ma mère. Voilà le moment de m'en donner une grande preuve en sauvant le roy, moi et les miens, moi, s’il en est temps. Je vous

envoye un mot encore par une autre voie.

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