‹ Correspondance inédite de Marie Antoinette (volume 2)Chapitre 4 sur 34 · DE LA TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA TROISIÈME ÉDITION

En voyant paraître cette troisième édition, augmentée de dix-neuf lettres de la reine Marie Antoinette, qui ne se trouvaient pas dans les précédentes, on peut se demander avec raison par quelle singulière coïncidence ces dix-neuf mêmes lettres, et un certain nombre d'autres des éditions précédentes, se trouvent insérées dans un livre que M. Feuillet de Conches vient de faire paraître presque en même temps : ce fait peut ” paraître d'autant plus étonnant que, si l'on se reporte à la première page de mon recueil supplémentaire, qui contient ces dix-neuf lettres imprimées séparément pour donner au public la facilité de se compléter, on verra que le dépôt légal de ce supplément a été fait par nous au Ministère de l'Intérieur le 15 Juillet 186.4, tandis

que l'ouvrage de M. Feuillet de Conches n’a subi

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les mêmes formalités qu'un mois plus tard, c'est-à-dire en août, et qu’en ce point du moins, nous avons l’antériorité de la possession.

Et cependant, ces dix-neuf lettres, dont tous les originaux autographes de la main de la reine se trouvent entre nos mains, paraissent dans l’ouvrage de M. Feuillet avant la publication de notre troisième édition. M. Feuillet signale, il est vrai, quelques variantes, mais les différences sont peu sensibles, et peuvent laisser supposer une seule et même lettre.

J'ai déjà dit que la reine écrivait souvent des lettres en double, soit pour en garder par devers elle des minutes ou brouillons, soit pour en envoyer des copies, par diverses voies, aux personnes de sa famille. Mais, autant on peut comprendre cette multiplicité d'écritures, de la part de la reine, dans les dernicres années de sa triste existence, autant on admirerait qu'au début de sa carrière, à son entrée en France, à l’âge de quinze ans, elle ait eu l'idée de faire des brouillons, de garder des copies de ses lettres intimes, à sa mère, à sa

sœur, à tous ses frères et sœurs. D'ailleurs, ces

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lettres, si elles avaient été recopiées, auraient été corrigées, au moins quant à l'orthographe, et la reine, quoique étrangère, n'eût probablement pas laissé subsister les fautes qui se trouvent dans ses lettres intimes.

Ces lettres, toutes d’effusion, sont certainement du premier jet.

Toutes les lettres et documents de nos deux premières éditions de cette Correspondance, comme ceux de la troisième, ainsi que la lettre de Louis XVI, qui tous sont en notre possession, et que nous avons cru devoir porter à la connaissance du public, dans l'intérêt de l’histoire, sont autographes, et comme on a pu en juger, presque tous sont signés de la reine, et portent le caractère de lettres destinées à être envoyées.

Ce ne sont pas des copies, ce sont des originaux que nous donnons au public.

M. Feuillet de Conches annonce qu'il donnera de nombreux .fac-simile des autogra- phes qu'il possède, comme garantie de leur : authenticité aux yeux des connaisseurs, et l’on

ñe peut que lui savoir gré de vouloir ainsi faire

sn AVERTISSEMENT.

connaître la pensée intime des augustes personnages qu'il fait revivre; lorsqu'il sera temps, nous mettrons à la connaissance de quelques amateurs sérieux, nos originaux eux-mêmes.

M. Feuillet de Conches, dans l'introduction de son curieux ouvrage, dit que toutes les lettres et documents qu'il publie ont été recueillis depuis vingt ans et copiés par lui sur les autographes qu’il possède, ou dans les archives de France, d'Autriche, de Russie, de Suède.

Quant à nous, nous n'avons pas eu le même avantage de pouvoir visiter les archives étrangères, et toutes les pièces qui font partie de notre collection, nous les avons acquises depuis un certain nombre d'années, ainsi que

M. Feuillet de Conches a peut-être pu le savoir.

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