X AVERTISSEMENT
les mêmes formalités qu'un mois plus tard, c'est-à-dire en août, et qu'en ce point du moins, nous avons rantenorité de la possession.
Et cependant, ces dix-neuf lettres, dont tous les originaux autographes de la main de la reine se trouvent entre nos mains, paraissent dans l'ouvrage de M. Feuillet avant la publication de notre troisième édition. M. Feuillet signale, il est vrai, quelques variantes, mais les différences sont peu sensibles, et peuvent laisser supposer une seule et même lettre.
J'ai déjà dit que la reine écrivait souvent des lettres en double, soit pour en garder par devers elle des minutes ou brouillons, soit pour en envoyer des copies , par diverses voies, aux personnes de sa famille. Mais, autant on peut comprendre cette multiplicité d'écritures, de la part de la reine, dans les dernières années de sa triste existence; autant on admirerait qu'au début de sa carrière, à son entrée en France, à l'âge de quinze ans, elle ait eu l'idée de faire des brouillons, de garder des copies de ses lettres intimes, à sa mère, à sa sœur, à tous ses frères et sœurs. D'ailleurs, ces
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lettres, si elles avaient été recopiées, auraient été corrigées, au moins quant à l'orthographe, et la reine, quoique étrangère, n'eût probablement pas laissé subsister les fautes qui se trouvent dans ses lettres intimes.
Ces lettres, toutes d'effusion, sont certainement du premier jet.
Toutes les lettres et documents de nos deux premières éditions de cette Correspondance, comme ceux de la troisième, ainsi que la lettre de Louis XVI, qui tous sont en notre possession, et que nous avons cru devoir porter à la connaissance du public, dans l'intérêt de l'histoire, sont autographes, et comme on a pu. en juger, presque tous sont signés de la reine, et portent le caractère de lettres destinées à être envoyées.
Ce ne sont pas des copies, ce sont des originaux que nous donnons au public.
M. Feuillet de Couches annonce qu'il donnera de nombreux fac-similé des autographes qu'il possède, comme garantie de leur authenticité aux yeux des connaisseurs, et Ton ne peut que lui savoir gré de vouloir ainsi faire