‹ Correspondance inédite de Peiresc avec Jérôme Aléandre, etcChapitre 1 sur 5 · H.REVOIL · texte numérisé non relu

H.REVOIL

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Extrait àes Annales Encyclopédiques.

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I N ÉI^ITE

DE PËIRESC AVEC JÉRÔME ALÉANDRE, etc.

Lettre de M, le Président Fauris de Saint- ViNCENS , de r Académie royale des Ins^ criptions et Belles-Lettres , à M. A. L, MiLi.iN , de la même Académie , relative à la Correspondance de P£IA£SC.

Je vous ai fait , mon cher ami , passer un grand nombre de lettres , qui forment la correspondance de Peiresc (i) avec ses contemporains. J'ai eu l'honneur de vous dire plusieurs fois^ que je les avais trouvées chez M. de Trimond , mon beau-père. Depuis lors ma collection s'est considérablement accrue, dans divers séjours que j'ai faits à Paris. M. de Trimcnd était le neveu dç M. le président deThomassin- Mazaugués , et ce dernier , qui était le petit ne-

(i) Ceux qui veulent avoir des notions sur cette précieuse correspondance , peuvent consulter le Vofage au midi de ia France^ lY , III , 2699 par Millln ; et aussi le Magasin Encyclopédit^ue , année 1798 9 II 9 an» 1806 y y 9 109^

4 Corresponianee

y%\3i de M. de Peiresc, avait , aiosî que son père , employé une grande partie de sa yie à recueillir la correspondance littéraire de Pei^ resc. Il ayait choisi , parmi toutes ces lettres ^ celles qui lui avaient paru les plus intéressan^tes ; il les avait copiées lui-même ou fait copier. Et , lorsqu'à la mort de M. le président de Mazaugues, le plus grand nombre de st% liyres et de ses manuscrits fut vendu à l'évâque de Carpentras , par ses héritiers , ceux-ci retin* rent toutes les copies des lettres de Peiresc et quelques originaux. Il est vrai que la plus grande partie des lettres originales suivit à Car^ pentras le reste des manuscrits de M. de Mazan-* gués ; mais aucune des copies ne fut portée à Carpentras ; elles furent divisées en deux portions. L'une de ces portions fut recueillie par mon beau-père ; Fautre, qui était échue à ma« demoiselle de Trimond , sa sœur , fut donnée à M. deTrimond, maître des requêtes, et intendant de- Montaubau. Les hoirs de celui-ci les ont mises à ma disposition. Toutes ces copies sont précieuses ; elles peuvent tenir lieu des originaux ^ parce qu'elles ont été compulsées par M. de Mazaugues, et que M. de Mazaugues les destinait à être imprimées.

L'abbé d'Artigny , dans ses Mémoires , nous apprend que M. de Mazaugues avait annoncé »

dans plusieurs journaux littéraires de i^38 ,

de Pâirese: 5

qu'il se proposait de donner bientôt an public les Lettres choisies de M. de Beiresc et de st$ correspondans. Il savait, dit*il, par M. de Labâtie , l'ami intime de M. de Mazaugues , que celui-ci avait fait copier toutes les lettres qu'il voulait publier.

De quelle utilité , s'écrie-t-il y ne sera pas là publication de cette correspondance ! On sait que Peiresc était un homme universel , le Mér cène ou l'ami , non-seulement de tous les gens de lettres, mais de tous ceux qui cultivaient quelque partie de la science que ce fût.

M. d'Artigny compare ensuite M. de Ma* zaugues à Peiresc > et voici l'analyse de ce qu'il dit à ce sujet :

Peiresc employait tout son temps à interroger les savans ; i répondre aux demandes qui lui étaient faites par eux* Il fournissait desMé^ moires y il indiquait les auteurs qui avaient traité les diverses matières sur lesquelles il était consulté ; il achetait à grands frais des livres et des manuscrits ; il envoyait à ses dépens des personnes capables d'exécuter ses commissions, dans le nord , dans le midi de PEurope , dans le Levant , en Afrique , et jusque dans l'Abyssinie, pour se procurer, et même pour fournir généreusement à ses amis y des livres et des titres originaux ; mais il a fait imprimer peu d'ouvrages.

. 6 Comspondanee.

Une Dissertation sur un trépied antique» qu'il a publiée lul4béme ^ d^autres Mémoires rap* ipo^tés par Dom de Montfaucon , tels qu^une Dissertation sur le camée de la Ste.-Chapelle de Paris ^ une autre sur l'arc de triomphe d'Orange, des gravures de l'épëe et de la couronne de Charlemagne , d'autres sur l'entrevue de François F*, el de Henri YIII ; quelques Lettres h Ca m pdtn et à d'autres savans, éparses dans diverses collections , voilà tout ce qui ft été imprimé de lui.

M. de M ZJUgueS) qnoîqu'aveic des connaissances profondes et très-étendites, possédait la science à un degré inférieur. Malb<aireusement il d imité Peiresc, en ce que la multitude de ses voyages et de ses correspondances , les devoirs de sa charge , qir'il remplissait exactement , lors« qu'il était à Aix , l'ont empêché de publie]" an^ cun ouvrnge important.

M". d'Aitigny craint bien que le projet de la publication de la correspondance de Peireàc y qu'avait conçu M. de Mazaugues , ne puisse pas être tfFtctué; et ce qu'avait prévu d'Artigny s'est vérifié.

•Taurais désiré pouvoir entreprendre legrand ouvrage qu'avait annoncé M. de Mazaugues, en attendant que quelque savant pût s'en occuper ; et je serais disposé à remettre entre ses mains tous les matériaux nécessaires. J'ai fait

de Pâiresc» 7

imprimer , par le conseil de mes amis , plusieurs parties de la correspondance de Peiresc , et le Magasin Encyclopédique y qui ëtait rédigé par TOUS , m'en a fourni les moyens.

J'aurais voulu ne publier aucune lettre sans l'accompagner de notes sur les lieux y sur les époques , sur les sayans dont il y est fait mention. Les fonctions que je remplis ne m'ont pas laissé le temps de faire toutes les recherches et les comparaisons qui auraient été nécessaires pour ce travail (i).

Un des principaux'correspondans de Peirese était Jérôme Aléandre. il était son ami , quoique Aléandre vécût à Rome ; mais celui-ci ayant accompagné i Aix le cardinal Barberin , légat en France y de son oncle Urbain YIII, avait séjourné quelque temps auprès de Peilesc. Étant à Rome , il était son confident et son commissionnaire. J'ai une copie authenti* q[ue de toutes les lettres de Peiresc à ce savant ; elle est écrite en italien , et M. de Mazaugues les avait traduites en français. Je possède la copie des originaux et la traduction elle-même ; je vous enverrai peu à peu ce qu'il.y aura de plus intéressant.

Lorsque Peiresc i, écrit ces lettres , il était à

(1) Les nottft au h^% des pages qui v^nt suivre ( à réception d^un trèt-petit nombre), sont de M» MilUo.

8 Corrêspnniance

Paris d(*puîs 1616 qu'il f»vj«it accompagne M. Duvair , son ami : il y demeura les années suiv.<Tites et assista à l'assemblée des notables de Rouen , comme député du parlement d'Aix»

avec M. d'Escalis ^ qui en était alors premier président. Il revint à Aîx en i6a3 et a continué sa correspondance avec Aléandre )Usqa'eQ 1629. J'ai huit lettres d' Aléandre à Peiresc.

Je vous piie, mon chei; ami» d^agréer uao nouvelle assurance dé ma sincère amitié.

Fauïus St.-Vikcens.

Peiresc à M. Jérôme AlMnmib (i) ,

d Rome^

J'ni eu entre les mains l'original du volume des Bxisiliques de la Bibliothèque royale {%)y il est en puichemiay et écrit depuis plus de

(i) Aléandre élait fils d'un fieveu du cardinal du même nom. Il naquit en 13/4 1 ®^ mourut en i63i^ avec une grande réputation. 11 avait composé une très-« savante explication d^un bas-relief du musée Barberini^' qui représente le soleil et plusieurs signes astronomi*« ques. E'Xplivatio tahul0 antiguœ marmorect solis effigie symbolisque e^culptct, Romœ, 1616, in-4°. Elle a été réimprimée dans le Trésor de 'Graofus. V , 6oa^ Comnie ce travail avait e n\r aîné Aléandre âi s'occuper 4es m^onumens astronomiques , Pêiresc lui commuai": que ce qui vient à sa connaissance sur ce sujet.

{a) Ce beau manuscrit est encore i la Bibliothèque du Roi| n*. 13499 Cato/. II, 3oi«

cinq cents ans ; le texte est en assez grandes lettres j les notes marginales en plus petit caractère. Le contenu consiste dans les livres entiers, 4^9 4^) 47 > 4^' ^^ ^* rubrique des 49** etSo'.seuleuient, avec VEustathe deiemporir iuê (i) et de lege Falcidiâ.

.Peut-être vous enverrai -je encore, avec la présente , une paire d'épreuves de la cornaline, pour essayer si on pourra au moins en conserver une ; s'il n'y avait pas en les quatre figures du milieu , je n'aurais pas mis de doute à ce qu'elle fftt antique » mais le zodiaque ne me sa** tisfait guère, principalement cette licorne auprès de la Tierge; ce qui me porte beaucoup i

(i) Le traité d^Eustathe: Ils^i x^vutJw i'taç^itwf, iiri ^oTNç f fl»ç inarif îrSv sur Us espaces de temps , de^ puis U moment Jusqu'au siècle , et soa autre traité sur la loi Falcidienne se trouvent cfltctivement dans le manuscrit n®. i349 de la Bibliothèque du Roi, à la suite de la synopsis des 49** et So". livres des Basiliques, quoique le catalogue imprimé, part. Il, 3oi, nepa>le pas de cet deux traités d'Eustathe. Ce traité est peut-être le même que celui dont il existe line autre copie dans la bibliothèque du Vatican, n*. DCCCLII, sous ce titre : Ilifi J'ictçMfÂccJaif tSifyfitW, de tenvporum interçallis» Cet ouvrage' est celui que Cujas « qper. iom. I , a publié en grec. Cet Eustatbe n^est pas le célèbre évéque de Thessalonique , commentateur d^Homère-, mais un autre qui était patricien à Constantin o pie , vers 1 02S , et qu'on appelle rulgairemeni Eusialhius Anteces9or,

lo Correspondance^

la croire moderne (i). Je serais néanmoins bien aise de connaître quelle est, à ce sujets Popi<nion des antiquaires de chez tous.

Paris, ^9 ami 1617.

Information relathe aux Manuscrits des Basiliques dont s^est priçalu Cujas.

Cujas eut) de divets endroits, diverses parties du livre des Basiliques (ou Constitutions des Empereurs d'Orient); savoir, de M. de Cambray, doyen de Bourges , oncle de la dame d'Arquien, dont le mari avait été à Constant!*» Bople y et embassadeur (2) en Pologne , d'o& il apporta un Toluiie qui contenait le 60'. liyre des Basiliques. Cujas le traduisit, et il le dédia audit Cambray. Le même Cujas eut de M» Jules Richème, président du conseil de l'Artois»

qui a donné une préface' érudite , où on trouye plusieurs particularités sur les Basiliques y quatre livres ; savoir : les 38*. , Sg*. , 4^\ et

(1) On disait que la licorne naturellement sauvage ne pouvait être prise que par une vierge j; c^est pourquoi saint Grégoire-le- Grand et Isidore de Sévillc Tont présentée comme le symbole de la pureté. C'est diaprés cette tradition que la vierge^du zodiaque a été figurée comme une fille qui tient une licorne: c'est «ne allégorie de la pureté. Ces récits sont modernes, et la figure imaginaire que Ton donne à la licorne Test en* core plus.

(a) Ambassadeur.

ièPeiretc. ii

4i*.f et lies quatre premiers titres du 4^*m dont M. Charles Labbe a fait imprimer dernièrement les deux premiers.

Cujas eut finalement trois autres Tolumes qui contenaient les soixante livres entiers des Basiliques ) lesquels trois volumes appartenaient à la bibliothèque du cardinal ftodolfe ; cette bibliothèque fut partagée entce la reiâe Catherine de Médicis et un seigneur italien.

Je ne sais si c^ètait le duc de Florence , ou Strozzi (i); il suffit de savoir que lesdits vo-

(i),Peireac ne paraît pas pleinement informé de ce qui concerne celte bibliothèque ; elle avait appartenu au maréchal de Strnzzi , dont Catherine était proche parente , et qui fut tué au siège de Thionville. Cette princesse, peu scrupuleuse sur le choix des moyens de satisfaire ses goûis et ses volontés . prit un vain prétexte pour s*approprier cette bibliothèque. Le maréchal Tavait achetée en iSSoy après la mort da cardinal Ridolfi, neveu de Léon X; elle prétendit que c^était un démembrement de la bibliothèque des Médicis, sur laquelle eli1> disait avoir des droits. Ces livres demeurèrent en dépôt, après sa mort, chex Jean-Baptiste Benciveni> abbé de fiellebranche, qui avait été son premier aumôiner et son bibliothécaire. Le président deThou, devenu bibliothécaire du roi sous Henri IV^ obtint du roi, eu 16949 des lettres patentes, pour que ces livres ne fussent point saisis par \^% nombreux créanciers de la feue reine , mais qu^ils fussent réunis à la Bibliothèque du Roi , comme meubles de la couronne, pour ne pouvoir jamais être aliénés. Les ma-

lûmes des Basiliques entrèrent dans la portion de la reine, et furent^ avec d'antres livres rares , confiés à l'abbé de Bellabranea y par l'entremise duquel lesdits volumes furent retirés de la bibliothèque de la reine , et apportés à Bourges. Quelques-uns prétendent qu'ils furent remis à Cujas; d'autres veulent que ce fût à ^Contius. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'ils ne retournèrent plus à la bibliothèque de la reine.

nuscrits étaient au nombre de plus de huit cents ; la prisée qui en fut faite en 1697 9 ^° porte la valeur en argent comptant, à ciiiq mille quatre cents écus^ « encore, est-il dit, qu'ils ne se puissent assez estimer ^ » tant pour la rarité et bonté desdits livres y qui ne se » pourraient trouver ailleurs , que pour être «ne ■> bonne partie d'iceux non imprimés, et lesdits lî- » vres, originaux et non copies, dignes d'être réserves » en France pour la postérité , conservation des boa- » nés lettres, et pour l'honneur du royaume « et im- » possibilité de pouvoir colliger et assembler k pré- » sent une telle bibliothèque , pour quelque prix et en » quelque pays que ce soit. » ( Préface du Cataiogiu ê^ la Bibliethèçue du Rbi , pag. XVIII. )

Il ne reste plus qu'un très-petit nombre de volumes imprimés , reliés aux armes de cette princesse; les autres, au nombre de cinquante-trois, ont été magnifiquement reliés sous le lègne de HenrilV, et ornés des armes et du chiffre de ce prince. La dépense de La reliure des manuscrits a été prise sur les revenus des Jésuites, dont le roi jouissait pendant leur expulsion ; les autres manuscrits ont été reliés sous Louis XIII , Louis XIV , et depuis.

de Paires Ci i3

Il est bien vrai qu'Hervelt (i) a fait împrir mer huit livres, transcrits d*un lÎYre diAnto^ nius Augustinus (a) , alors auditeur de Rote , qui Fayait f^it copier de la bibliothèque du cardinal Bessàrion, dont fait mention ledit Antonius Augustinus , dans la préface de ses Constitutions grecques, imprimées /V3-8*., à lUerda, où est insérée une grande préface d'un certain Mathieu Blastare (3), moine, qui fait mention de Sabathios (4) proiospatarios (5), compi-

(i) Soh rentable nom est Geniien Her^et. Il était né iOlivet près d'Orléans. Il est mort à Reims, vers iS84« Sa traduction latine des Basiliques z^àit paru^ à Paris, en i557, en 2 vol. in-foL

(a) Antoine Augustin , auditeur de Rote, ëvéque de Lérida, puis archevêque de Tarrago ne, Espagnol connu par ses notes sur Varron et sti travaux sur le Décret de Gratien , ainsi que sur les Décrétahs , sur le Jus Pontifia cium^ sur les Pandectesj par ses dialogues sur les médailles, et un grand nombre d^autres ouvrages* Mort, en z58^,*dans son archevêché*

(3) Blasiéres.

(4) Sabathiês. Cet auteur n^est cité que par Blastaresi Il paraît avoir écrit ce nom pour celui de Symbaiiosy dont la forme est à-peu-près la même. Symbatios avaU été protospathariûs (écujer porte-épée) à cette époque* Voyez les Observations de M. Pohli in Suahesik notiU Basilic, Lips. , i8o4, 8^, p. 3x, note i.

(5) Les spathaires Çoveitiftot an mot spatha j qui f dans la basse latinité, signifie épée) étaient une espèce de garde noble k la cûur des empereurs de Constan-

i4 Corresponàanee

lateur des Basiliques, par ordre de l'empereur Iiéon*le-*Savant (i). -

Cette édition d'Hervelt a été renouvelée en Allemagne , par Denis Godefroy (^3 9 ^^^^ ^^^ additions attribuées à Cujas ; maiS on a re* connu à présent qu'elles étaient de Contius (3)| et on a trouvé l'autographe (4), c'est-à-dire la^ dite édition d'Hervelt • avec les mêmes, addi-^ lions et corrections des mains dudit Contius, et plusieurs autres qtie n'avait pas eues Godefroy; ledit autographe a été entre les mains de Fithou, le plus jeune ; d'où il résulte certainement que Contins avait pris des additions et des cor-

tinople; ils accompagnaient le prince dans les expéditions militaires, et entouraient sa personne dans les processions et les solennités. Leur chef, le proiospo" fAaiVtf ( Vf etf7off«-a6a^/oç), était un des personnages les plus considérables à la cour , et commandait , du moins à certaines [époques , ràç ex^xiç rSr 'js^S y la garde à piea. Les copistes abrègent ce mot ordinaire* ment par les monogrammes , à9 ou demi ; ce qui est la cause que plusieurs éditeurs, chargés de publier des auteurs grecs du moyen âge, ont lu a0<raf(x^/oç^ au lieu de 7/;«7e0«ra9a/)/oc^ ce qui serait tout le contraire.

•(1) On plutôt Léo philosophus ^ Léop le sage, ainçi que le nomment les historiens, (a) A Hanovre, en iSgS,

(3) C'est le nom latinisé à^4ntoinele Conte ^ jurisconsulte né à Noyon en Picardif. lia enseigné le df'oit k Orléans et à Bourges. Il est mort vers i586. . .

(4) Manuscrit de la main même de Tauteur,

dePeirêsc. i5

rections dans les troi$ volumes de la biblio-; thèque de la reine. Antonius Aiigustinus pense qu'on ne saurait réunir les soixante livres entiers; mais néanmoins rindice de la librai-?

rie (i) porte que les soixante livres étaient enr tiers dans les trois volumes.

Après la mort de Contius , qui eut lieu à Bourges I il est c^tain que Cujas fît une trèsgrande friponnerie, ayant, une nuit, fait apposer des échelles aux fenêtres de la bibliothèque dudit Gontius , au moyen de quoi il fit enlever tous les manuscrits qui s^y trouvaient. On dit de plus, que passant lui-même par les fenêtres, il choisit de sa propre main les manuscrits, projetant de Ig connaissance qu'il avait ' des places qu'ils occupaient dans . l'apparte^ ment. On ne sait pas positivement si Cujas prit alors , dans la bibliothèque de Contius , les trois volumes des Basiliques avjsc les autres manuscrits ; ou si , avant sa mort , Cpnlius les lui avait prêtés ; il suffit de savoir qu'ils sont tombés entre Icf m^^ins dç Cuja^ , qui ne s'en de4saîsit jamais (a). ^

(i) l*e Q^XsXo^XK^ dç U Bibliothèque.

(a) Oq clpî^ être étonné de voir le premier interprète du droft, nom que le président de Tbou donnait à Cujas, commettra un y.ol avec effraction et parescalade^ 1)11 (jui était gép^reux et libéral ju$qfj'à l'abandon avec %ts écoliers. Le cardinal de Flev^ry disait, en riant : ^e |uis très-certain de ne pas succomber à la tentation de

t6 Correspùndancâ

Onditque lorsque Cujas avait trouvé quelque scholie (i) de son goût dans lesdites Basiliques, après Us tfVôir insérées dans ses observations^ il déchirait le feuillet , et le jetait au feu , de ma>* nièrequelesdits Tolumeis furent très^mutilés (a),

prendre ie Târgent ; mâts je ne serais pas aussi sûr de moisUlm^était possible de dérober un livre rare.

(s) Sçholit^ c*est-â*dire Remarque^

(2) Fabroti a disculpé lui-même Cujas decette accu-^ talion. « Je ne puis penser, dit-il dans sa préface, qu'aucun savant aitùneassexmauvaise opinion de Cujas, pour croire, comme quelques hommes malintentionnés Pont faussement prétendu, afin de ternir sa réputation, parce qu'ils ne pouvaient supporter qu'on lui eût décerné te premier rang parmi les jurisconsultes ( quodmaièferiaii hommes de suocommenti sunt^ utejusfamam inseciareH" iur, quem ferre non poierant prîncipem locum inter a^faiis sua Junsconsultos ienere) , qu'il ait altéré le texte des Basiliques, ou qu'il en ait rien coupé. II y a en effet quelques coupures dans les livres XXV, XXVI et XXVII. Mais te texte des Basiliques est complet. Je croirais plutôt qu'avant que ces livres vinssent entre les mains de Cujas, ou après sa mort,ils sont tombés entre les mains de quelques enfans ; à leur âge on aime les papiers forts et les parchemins; ils auront fait des coupures sur le bord, mais sans rien retrancher du texte. >» On ' voit en effeti sur la marge, des figures d'hommes et d'animaux, peintes par des enfans. On trouve la mêma ^remarque sur ces figures, faites par la main d'un en-^ faut , dans le catalogue des Mss. de la Biblioth* du Roi, t. II , p. 3oa, n^ MCCCLII<

et

Peîresc* 17

et particulièrement le ToNrax«tiîr (i) manquait tout entier.

Après la mort de Cujas, les cinq volumes qui lui avaient appartenu , déchirés comme^il est dit ci-dessus, furent vendus à M. Fjabre de Saint-JQry, premier président du parlement de Toulouse , au prix de 5oo écus.

Après la mort du président, lesdits volumes,' avec son héritage, passèrent à son (ils, conseiller au parlement de Toulouse. Celui • ci avait chez lui un jeune Allemand , assez versé dans la langue grecque, il en fit la traduction y comme il n'était pas jurisconsulte, M. Cadam, professeur en droit, revoyait cette traduction, et y rétablissait les principaux termes de droit; mais l'ouvrage n*a pas été beaucoup avancé.

Le père Fronton- lé-Duc , ayant proposé à la société des libraires de Paris de l'imprimer , et les ayant trouvés disposés à le faire , écrivit à quelques religieux de sa compagnie (2), à Toulouse, et de si^ite , M. de Saint- Jory offrit d'en, envoyer le manuscrit audit père Fronton, conjointement avec l'ouvrage de l'Allemand et

(i) On entend ordinairement par ces mots 'trahâtoç et To 7^a<oK, le texte même du Code ou des Pandectes; mais les compilateurs grecs des Basiliques désignent par ces mots , d^anciens commentateurs sur les noms desquels on n'est pas d'accord* r (â) Celle des, Jàmitet*

iS tôrrespàniance

ideGadatn; mais les derniers eréneitieûs de la guerre des années i6i4^t i6i5 firefit manquer 'cette aflTatre; et dans l'interrailè , la société des libraires fut dissoute.

A présent, par malheur, le conseiller de Saint-Jory est mort é touffe dans une église de Toulouse, qui croula l'année passée; presque flans le même temps, Cadatn mourut. La vente du conseiller a écrit au père Fronton qu^elle donnerait les dii volumes des Basiliques, pour les faire imprimer, mais sous condition que les libraires lui paieraient 5oo écus ; et qu'après Védition faite , on lui rendrait le manuscrit , kvec une certaine quantité d^exemplaires impri- Vnés ; ce qui n'a pas eu lieu , tant parce que- les conditions étaient trop onéreuses, que parce que la société des libraires s*était dissoute. >

Si on voulait de nouveau entreprendre cett< édition , la perte des feuillets déchirés par G«- |as y ferait grand tort; mais il y aura encore quelque remède et quelque moyen d'y suppléer en grande partie , parce que l'é vj&que de Chartres a en manuscrit le premier livre des Basiliques. M. du Tillet en avait une partie II y èû a aussi, dans la Bibliothèque du Roi, deiix vo* lûmes qui contiennent plusieurs livres.

Un conseiller du parlen^ent de Parts, nomm^ Ribière , a un volume qui «^B^teât le texte grec

de Peiresc: ;iQ

des huit lîyres imprimés par Hervelt , avec wx^ petit Jurisconsulte grec (i), qui se trouve^ yW Orœço^Rpmdnum. Le président di\Harlay en avait uii autre volume i qui a dû passer au|: jm^ins du président de Thou. On dit qu' 1 y e|i a encore quelques parties à laBiblibihéque Palatine,

SciptonTellius (2), Napolitain , dans U table Lihrorum manuscript. t/ui in italicis bibliaihêds asserpâniur , ^nondù&i edilorwfi atino i653, assure' (3) légales iiiros furis ,cinlis grœeè icripiéà as,sermri in D. Marci biblior

(i) C'est-^-dii:e avec un ouvrage d'un petit jurii* consulte grec.

(2) Il £31 ut lire Tettlus, Scipton Teiti. Lionarao Micodemo en fait mention dans^on suppién^ent à la Bibliothèque hapolitalne de loppi., p. ^27. Ce Tetti a publié à Rcxme , -e n i555, in 8°, une édition grecque et latine de la. Bibliothèque d^\pollodore. Le catâloffue deç,.manuscril« que Ton conserve dans les bîbliothèques d'Italie , et qui n'étaient pas encore imprimas fsn i555, dont parle Peiresç, aëté fait à Rome dans le commencement du |6^ siècle. Claude riihou en possédait une copie qui était jointe à celles de plusieurs catalogues d'autres bibhotoèques célèbres. J^e père Labbe a inséré ce catalogue en entier dans sa Bibliotheca nopaUiromm ms*^ pag. 166 à^ 171.

(3)«^^|5aiirç[.Qae l'oja çoa3erye des livres de droit

j écrits .en ^vpf: daps la Bibliothèque d« S. Marc , à

Floren(;^;îia^p(Bo|)î|])lQme^t YQiilu dire d,e S. Laurent^».

thecA Florentiœ. Il a peut-être Toulo dire D. Jjaureniii (i).

M. Pierre Pitlioa le jenne a recneOli, des CEuvres de Cu jas , tout ce qui a rapport aux 'Basiliques ) et mis en ordre, suivant \tNomo* canon (2) , toutes les lois des Basiliques dont il a trouvé quelques traces; et il offre volon» tiers de donner son travail à quiconque ^Toudra faire imprimer lesdites Basiliques.

Le père Fronton-le-Duc (3) m'a dit qu'en ' i58o , îl avait cherché seulement à voir les Basiliques chez. M. Cujas , ce qu'il ne put obtenir de lui 3 et qu'il avait été fait un procès audit Cujas, pour l'obliger à la restitution desdites Basiliques.

' (i) S'il y avait ici une méprise, on pourrait plutAt dire qu'api es I>. Marci îl faut lire Vtnetiœ^ à Venise, au lieu de Floreniia , à Florence. Mais il nV a aucude correction à faire au passage de Tetti. Le monastère de Saint-Marc à Florence , dont Téglise attiré encore la curiosité des étrangers, à cause des belles peintures dont elle est.ornée 9 possédait y i Tépoque à laquelle Tetti écrivait, une excellente bibliothèque » fournie de manuscrits , qui lui avaient été donnés par Cosiûe de MéJicis , père de la patrie ; on y conservait plusieurs ouvrages grecs.

^2) La table systématique des lois.

(3) Lé témoignage du père Front6n-Ie*Duc ponr^ ^ rait paraître ici concluant et formel ; il est cependant ' étonnant qu^aucun des éditeurs det^asifi^eS| eu dt

ieFêiresf. ^i

AU HilfX.

Paris, 10 mai 1617.

Les changemens grands et imprévus qn*a causés, dans cette capitale, la mort dumaré« chai d^ Ancre, ont dîfiërë , pour quelque temps, mon départ pour la ProTcnce* Je ne m'occupe-

ceux qui en ont traité depuis lui y niaient rien dit du Toi qu'on impute à Cujas. Ce grand jurisconsulte dit lui-même, dans une de $ts lettres, écrite de Turin Ters i568, peut-être à Rerre Pithou : « J'ai apporté » de Venise les quinze premiers livres des Basiliques , • et du vingtième jusltju'au trentième, que nul n'avait » encore vus. » Cette lettre est imprimée par M. Gus* tave Hugo, dans sa dissertation latine. Il répare les omissions de Frédéric Hoepfner, dans son traité sur les litres des Basiliques , inséré dans le CMlistischês Ma" gaun^ II, 417*

D'après cesrenseignemens, il est très-probable que CujaSf déjà propriétaire d'un si grand trésor, désira j joindre la partie que Le Conte possédait ; mais^u, moins ce n'était qu'une partie , et il a lui-même itiâv^ que l'origine de la première. Comment croire cepen* dant qu'il ait-commis une action, si hardie et si criminelle : le respectable président Fabre de Saint-Jovy aurait-il voulu devenir acquéreur du manuscrit des Basiliques? En6n, après la mort du président, son fils en devint héritier , et après les inutiles tentatives du Père Fronton-le-Duc, le roi en fit ^acquisition' ^pour sa bibliothèque^ sans qu'on sache que les héri-» îers de Le Conte soient intenrtaiusy H qu'ils aient

û% Corrêêponàance

raî pas de vous en donner le détail, persuadé que ce pays fournira au vôtre des nouvelles certaines sur toute chose. Je vous dirai que le roi très-cfarétien rcgne , et que la reine est à Biois, ft^occupant de sa santé et de prier Dieu. Le marécbal fui tué , enseveli y déterré, traîné dans les rues, pendu.en divers endroits, déchiré et brûlé par le peuple en fureur. La mai^échâle, el Barbin sou principal conseiller , sont emprisonnés. Les anciens ministres du royaume , qui avaient été chassés^ sont remis en place. La paix est conclue, sans aucun»

condition. Les princes absens sont retournés, et s'en sont remis à ta discrétion du roi, sans attendre le pardon du passé. INous étions au tnôment d^une subversion totale, et de la ruine de l'État; dans un ]our, tout a été réparé.

Nous sommes hors de danger, et dans une profonde paix. On a trouvé, chez le maréchal, pour 1,985,000 livres de polices (1) ; dans sa

obtenu ni même réclamé aucun dédommagement. Ces nionumehs y sont encore. (Y. Catal. impr, lom. II , p. 3o3. ) Le roi ne se contenta pas de ce premier acte dé munificence, il assigna un traitement à Fabr^tî, l^our publier ce manuscrit. L'édiiion a para en grec avec la version latine de Cujas, à^ Paris, chei Craitioîsy, i647f 7 vol. in- fol*.

(i ) On appelait alors polices ou polHce$\t% bulletins^ et probablement ausisi les billets portant intérêt. Otwx* ci avaient le Vom de hiUeik ie Vépargaè. *

maison , fioiir a^SoopOoa \vnt% \ et de plus y U maréchale a rendu au roi des bijoux pour.

3oo,o6o fcut^, iDdcpendamment d'une iniloili d^autre» objets précieux. On lui fait son pf(H. ces , et elle cqiirt risq^ie de perdre la yie ^ sv elle n^obtient sa grftce de la cléoieDee du RbL Tout ceci sera un très-grand exemple pour la postérité.

M. le maréchal de SouTré atait été chassé de la cour, comme les autres; il vient d^étre rappelé, et il attend son fils, M. de Cornnîinges, ayant eu avis de son départ de Venise; ce ifui me donne l'espoir d'avoir, sous peu, TOtrepli, par l'entremise de M. Cbeneau, on de M. Du jardin, sansqu^il coure le risque que la guerre pourait faire craindre. Je vous » écrit par le courrier précédent , et envoyé une copie du livre que vous m'aviez demandé. * A présent, il me reste à vous donnerune trèsmauvaise nouvelle ; t^'est la mort de M. le président de Thou. Dieu lui ait fait miséricorde ! Il mourut dimanche à dix heures du soir, lais« sant trois garçons et trois filles, l'alné âgé ^environ treize ans. Sa mort a été digne de sa' vie, ayant eu le temps de s'adresser à Dieu, el de consoler ses amis, dont il était entouré. Il avait souffert des coliques très-douloureuses petidaîit six mois environ ; mais cela ne Tempéchait pas de se lever, de recevoir les visite»

^4 Corrèsponâanee

de ses amis , et de s'occaper i son cabinet. F!nalement, les suites du mal ont produit la gan-* grène dans les intestins, et il est mort au bout de deux jours. Il a fait un testament , et il a défendu qu'on vende sa bibliothèque. Sa mort a causé la plus grande douleur à tous les savans et les curieux ^ qui s'affligent beaucoup de 1» perte que fait le public dans celle d'un si grand homme. Pal été, pendant plusieurs jours, trèschagrin de cet accident ; et je crois que vous en serez aussi affligé. Relativement aux éloges , j'ai mis à la place convenable le vôtre ; au sujet du Mercurialis (i),. j'espère que vous ne négligerez pas d'envoyer les instructions que vous avez promises; à l'égard des autres», ils se-^ ront mis à leurs places par celui à qui vou»

avez recommandé votre histoire » ou bien on en formera un volume séparé ^ qui doit être im« primé par la même personne, lequel coatien* dra les divers éloges et instructions sur la vie et le mérite des plus illustres personnages du siècle, qu'elle a recueillis en grand nombre^ et avec beaucoup de soin , dans toute l'Europe.

M. le président Jannin a été chargé du soin de la Bibliothèque royale, à la place de M.de Thou..

Je finis en vous baisant les mains.

- (i) Girolamo MERGoaiALX , médecin et antiquaire f, mè k Forli en i53o^

de Peirésûi aS

P. S. Le courrier n'étant pas parti cette se-* maine, fai reçu, par l'entremise de M. Eschînardo (i), une lettre très-poliede M. le cardinal de Sainte-Suzanne, du i a mars, à laquelle je réponds à présent; et si je trouve l'occasion d'un courrier qui aille d'ici à Rome, je lui enverrai un paquet de livres qui en contiendra quelques-uns pour vous ; et eptr^autres , le Phœdrâ de M. Rigault, réimprimé de nouveau , avec beaucoup de soins , m''4^.

J'ai eu copie de quelques vers que faisait M. de Thou , trois jours avant sa mort ; et de son testament, que je joins ici : vous y reconnaîtrez la piété et l'ingénuité de ce perisonnage ; et dans le cas où vous seriez bien aise de vous prévaloir de ses manuscrits, ils seront à vetre service. MM. Dupuy et Rigault , qui en ont la garde , en feront bien aises, étant très^ bien informés de votre mérite. M. Rigault m'a même remis un exemplaire de son Phœdre (a)^ exprès pour vous , étant Tun et l'autre entière-, ment disposés à vous être utiles.

Le cqips de feu M. de Thou a été ouvert ; son foie a été trouvé , en grande partie , blanc y

(i) Le banquier de Peiresc à Rome«

(a) C'est la seconde édition qui parut eo iSiy , et se distingua par la correction du texte , la beauté du caractère I et le luxe des orn émeus.

9^ Corresponian$â

solide et dur. eomme du plâtre. Les médecini avaient l'espoir qu'il pourrait vivre jusqu'à Pautomoe ; mais les coliques Payant pris ^ avec ta plus grande violence, deui jours avant sa mort , il tourna toutes ses pensées vers l'autre vie, s'étant confessé, et ayant tres-dévc^ement oammunié ^ avec Pespoir de pouvoir vivre en-f GOre quelques semaines. Il avait projeté de fonder, dans sa terre de Yillebonne, un con^ vent dédié à Saint-François de Paul ; mais tan-^ dis qu'on dressait les actes nécessaires , il fut surpris par de si vives douleurs » qu'il en perdit la vie en un instant ; et ayant reçu rEitrénM'<>^ Onction, répondant aux prêtres avec la plua grande componction, il expira dans les bras du révérend père prieur des chartreux , et d'un: autre pcre feuillant , entouré de ses plus in« times amis. Il a été eosevelt dans l'église de Saint-André (i) , auprès de s^s ancêtres ; et om pense que ses héritiecs repreniiront le projet ÎBterrompu de la fondation d'an couvent dca

pères de Saint-Franfois de Paul.

Fatis, 16 mai.

# . lA aodt 1617.

Je vous envoie le carton qui manquait à l*^-

(i) On voyait dans cette église le superbe tombeau qui lui a été élevé. PiGANiOL, Description de Paris ^ Yll, 75 , en a donné la figure.

de fèiresê. %f

rtàge deCaiaobon (i\ surPolibe (2). JPaî appris <(u'on pourrait trouver nn travail beaucoup plus convenable sur l'œuvre presque tout entière, mais non achevée ni mise en ordre , et on croit qu'il a été retenu par les Anglais , par jalousie contre son fils aine, qui s'est faîtca* tbolique et capucin. J'ai vu ce que vous m'é* criveis au sujet de Paruta(3),et je suis honteux de me voir accablé de tant de services que vous me retidez ^ et particulièrement de la faveur que vous voulez bien me faire, relaÛTement aux vies des poëtes provençaux , pour lesquelis il suffisait d'employer le premier copiste que vous auriez trouvé, sans prendre vous-même cett6 peine. Quant aux hiéroglyphes, j'en avais rassemblé uue assez grande quantité pour M. Lprenzo Pignoria (4); et je les lui transmettrai

(i) Casaubon.

(a) Polybe.

(3? M. de Thou avait employé ses amis pour avoir de bons mémoires sur les savans dont il voulait écrire la vie« Peiresc s'était chargé de lui en procurer un grand nombre, et il avait rédigé plusieurs des articles de biographie publiés par M. de Thou. Ce fut dans cette intention qu'il avait demandé des mémoires sur Paul Paruia , noble Vénitien j connu par ses Discours politiques, ainsi que par son savoir.

(4) Pignorius ou Pignoria, savant antiquaire , fut curé à Padoue , et ensuite chanoine à Trévise : il mourut en i63i. 11 a été le premier éditeur de la Table Isiaquc , et Texamen attentif de ce monument Tavail

a8 'Correspondamee

dès que \e serai en Provence , ayant extrême-» ment à cœnr de lui être ntile. Je désirais bien encore de voir les déclarations qu'on mV pro** mises , parce qu'elles sont différentes, de ce qu'il a dit au sujet des tables de BembmOp^ovi Xsiaques(i) ; étant fort étonné que y dans son théâtre hiéroglyphique (a) , il en ait voulu faire une représentatioi^es trente-deux vents de la carte marine. Vous aver joint à votre lettre deux épitaphes de Concino (3), qui nous ont fait à tous le plus grand plaisir, et principalement celle de M. Bernard Guillelmi; il nous en est encore parvenu de pareilles, et d'autres eu* rieuses : elles furent tout de suite imprimées^ mais assez mal, comme Vous pouvez le voir.

On les a ensuite réimprimées si souvent, qu'il est difficile qu*elles puissent se perdre. On a fait plusieurs compositions f en vers et en prose^sur cette matière ; mais presque toutes en langue

conduit i rechercher les Kiëroglyphes. On remarque

parmi ses ouvrages un traité de Sentis, . j

(i) Il faut lire de la Table Bembine. On peut lire sur ce sujet ce qui a été dit dans le Voyait eni'Sàooie ,

Piémont y tte, , 1. 1 » p. 265. On y trouve TindicAtioa des auteurs qui en ont écrit.

(2) CVst probablement .rouTrage intitulé : Chard^^ ieres agyptii , hoc est saciorum quitus Mgypiii utuntuw

.simuIacTorumaccuratû deliueaiiOy etCnitk-i^^.

(3) Ou Conciniylt Maréchal d* Ancre. ^

de Pèirese. »9

française. Il y en a très«-peu qui vaillent qnel«qne chose; Je vous envoie celles de MM. Bar-d^i(i)> Burbonio (a), Herasiio (3), et Jean Sirmond, qui sont les meilleures; on en attendait de MM. Groiius et Heinzms (4); mais elles n'ont point encore paru. Plusieurs curieux recueillent les particularités de la vie de ce tyran. Si vos beaux-esprits voulaient y travaîlUp de bon style ^ ils pourraient les envoyer, partie en langue française, partie différemment. Je vous rends mille grâces des beaux éloges sur Cones^ iaggius (5), et sur txiuis Cornard (6); ils au-^ raient procuré bien du plaisir à M. de Thou , que Dieu puisse avoir reçu dans sa grâce ; il avait la plus grande envie de les voir , et surtout ceux de Conestaggius , qui était presqne

(i) Cest probablement J. Barclay, qui est né en i582, à Pont-à'Mo\isson , et qui a écrit en vers et en prose, y. les Dictionnaires Biographiques.

{£) Ce nom est probablement défiguré par le copiste; ce doit être Nicobs Bourbon , dit ie jeune j pour le distinguer de Nicolas /'anciVn , son grand-oncle.

(3) ^ Ce nom^ doit aussi avoir été défiguré par le copiste I mais il est plus difficile i restituer.

(4) Heinsius.

(5) Girolamo-'Fr^nchi dé Conestagi.

(6) Cette manière de fi-anciser le nom de Luigi Cornaro , le célèbre lâûteur du Traité de la Vie sobre , est assez singulière ; Cornard serait la traduction de Cofiiiiito ^ Cornu. ^. ^ .. .

5o Corresponioflee

JOD coocarrenc. Mais le 3eigndur eft a ordonna difi^remmenl, au ipotnent où il était plus nécessaire que jamais , notre roi ue recbérchaiil ^e les hommes vertueux et les amis du bien public. Quant à sa religion , il n'y a pas de doute qu'il ne fût catholique , mais non de C€3 catholiques prononcés ; il n'aimait pas les pères Jési^îtes , pour certaines raisons d'État qui leur ont imlu la haine de plusieurs princes et de plusieurs peuples auiiquels ils ont toujours dé- -plu. Au reste, à force de youloit afifecier la v^ tiiè historique , il s'est laissé eiitcainer à écrii^ sans respect , et quelquefois d'après des infoi^- ^mations peu certaines, bien des choses sur des personnages. ecclésiastiques; ce qui lui ^ £ait lûendu tort, et l'a fait sou^pçouner de n'être pas catholique* Mais si l'on connaissait les traits principaux qui offensent davantage les supérieurs ecclésiastiques, peut-ôtre pourrait-on y .remédier, et y apporter quelqu'adoucissement. ciTai communiqué lesdits "éloges à MM. Pupuy et Rigault, qui ne les négligeront point daAS -le texte "de ^histoire de ces Messieurs^ et feront usage de qùelques-uus ; .eu outre , on eu fera une compilation séparée qui formera une œuvreassez volumineuse et curieuse. M. Dupuy m'a dit qu'il comptait vous écrire ; mais qu'étant à présent très-occupé poi^r mettre en ordre les papiers de M. de Thou , il jp fbnut au pr|;^

mitt motnenl de loisir. J'ai fait toutes les re* cherches possibles , relativement au livre intitule Ethica . Fucskis ^ que vous m'avez demandé, sans avoir pu en avoir la moindre non* Telle, non-seulement chez les libraires « mais encore dans les bibliothèques de MM. de Thom^ Discordes ^ Ribière^ et beaucoup d'autres bil>lit>thèques très- volumineuses et très-âssortîe#« Veuillez m'cnvoyer quelqu'antre iudice^et nous se négligerons rien pour nous le procurer. Lé père Sirmond promet de vous envoyer quelques observations au sujet du calendrier. Je ne né^ gligerai pas de le lui rappeler souvent ; wai0 cela ne sera pas pour cet ordinaire, car vous ' 4:onnaissez «a négligence ; d'ailleurs, il est Irè^ occupé de son rectorat qui le tient oîdinaire» ment hors du collée» J'ai été plus de q^iaUrè fois Ty chercher , sans avoir pu le trouver»

Je finis en tous baisant les mains.

Av m:êmx.

iS septembre 1617.

Le mérite de M. le clievalier Guarini , au^ tleiinr du Pastorfida, mort en 161^ , était très«connù chez nous, et on n'aurait pas manqué d^ f^e mention de lui quand on vous demanda des instructions pour composer les éloges. Mais

Su Correspondance

M. de Thov ne pensait pas poûTDÎr faire entrer le sien dans son Histoire, parce que sa mort était postérieure à l'année 1607, terme de cette Histoire » qu*il n'a jamais pensé ni espéré dô franchir, d'autant que vous aviet l'usage, en composant pour lui lesdits éloges, de faire mention de l'époque de la mort des hommes célè*> bres qui en étaient Pobjet. Mais si yos cahiers étaient arrivés avant la mort de M. de Thou , il est certain qu'il les aurait vus avec le plus grand plaisir , à cause du cas qu'il faisait dudit M. Guarini» et de vous, qui vous êtes donné îa peine de louer si dignement et si savamment un û grand homme. Je ne manquerai pas de les montrer à M. Dupuy^ afin qu'on pfiisse iàsérer TOtre relation et votre discours dans la compilation qui se forme desdits éloges. Votre discours, relatif aux imprimes de votre Académie^ me fera le plus grand plaisir , le sujet étant très-curieux , et n'ayant point encore été traité par d'autres , delà manière que je remarque en vous. Je n'ai pas encore pu le voir en entier. Les vers de M. Quertngho (i) et du père

. (1), Antonio Querenghi ou Qoerenghô, po!fte latin jet italien , Tun des plus célèbres de son temps ; c'est de lui que Tassoni a dit :

Questi era in carie lingue nom pnncipak i

Poeta singolar To9co e Latino |

de Peirese. 33

HeUud{\) sont très-beaux , et nous feront attendre leurs autres ouvrages avec impatience. Je portai , sans retard, au père Sirmond, l'inscription de £. Scipion (2).

Un homme aussi bon que vous, voit ses amis et serviteurs avec les mêmes qualités qui existent en kii Et quoique je sois bien certain

que celles que vous me prêtez n*existent pas chez mçi , cela ne m'empêche pas de vous être très-obligë de l'amitié que vous me portez, et , de tant de faveurs dont vous me comblez chaque jour , ainsi que d'un si grand nombre de livres curieux que vous mVnvoyez par toutes les occasions qui se présehtent. Le père Sirmond m'a montré votre notice sur la médaille de Constantin, décrite par Scalîger ^ que je crois pouvoir être vraiment aûtique , mais cependant n'élfre pas du siècle d'Héraclius , non plus que ' l'antre pareille , dudit Héraclius , décrite par

Grande orator , filosofo morale , £ iutto a mente açea s^i* Agosiino»

Secchia rapita , V , a6.

Querengho était né à Padoue en 1 546, et il est mot t à Rofne en i633. Il fut attaché à la secréiairerîe J'état sous cinq papes. Ses poésies montrent plus de savoir que de vivacité: elles sont peu recherchées aujourd'hui.

{i) 11 m'a été impossible de découvrir ce nom , qui aura probablement été mal traduit et mal copié*

(a) CVst celle de Scipion Barbatus , qui ^ été dét

34 Correspondanee

Lipse. Il est certain qu*il y a une infinité de médailles , en or et en métal , d'Héxaclins et de .Con^tanlin , son fils , qui sont sans doute de leur siècle ; mais la manière en est tout autre que dans celle*ci , et les caractères tout-à-fait dis*semblables , et conformes à ceux de quelques centaines d'années après ; il en est de même des habits et des ornemens impériaux , du simple diadème orné de pierreries^ du casque impérial. £n outre , la ressemblance de la face d'Héraclius n'offre aucun rapport de Tuné 9 l'autre y puisqu'il est représenté sur toutes les médailles sans un poil de barbe ^ et qu'il est barbu dans celle - ci seulement. Je pense donc que tout comme Titus, Trajan et Ântonin rétablirent plusieurs médailles d'Auguste, d' Agrippa » de Tibère, de Claude , et quelques autres consulaires; que sous Philippe, au temps des Jeux séculaires, il fut fait plusieurs médailles à l'honneur de la plus grande partie des empereurs prëcédens , et surtout de ceux qui avaient été

couverte en 1616 : il n^est pas probablement question ici de rinscriptioh que le P. Sirmond devait déjà connaître , puisqu^on en trouve l'interprétation dans ses Œuvres, édition de Paris, tom.IY; mais Peiresc parlé -de raddition que Jérôme Aléandre a faite à Texpli* xation du P. Sirmond, et qui, dans le volume indiqué^ se trouve aussi pag. 434 9 sous ce titre : Additamentum ad explanationem aniiquœ inscripiionis Scipionis Bar-, hati.

de Pêiresc. 35

déifies ; qu'on en trouve une infinité dti siècle de Constantin , ou à peu près , qui sont com-' munément nommées contorniates , frappées en l'honneur et en mémoire d'Àugi^ste, de Néron, de Titus , de Trajan, d'Adrien , d'AntoniUf de Commode, d'Alexandre* et autres , ainsi que de plusieurs personnes privées , célébrées dans les jeux du Cirque ; je pense que de même , dans les derniers siècles de l'empire ^ lorsqu'on a commencé à mettre , sur les monnaies de Constantinople , l'image de J. C,., de la bienheureuse Vierge et autres Saints, on aura aussi fait quelques médailles en mémoire d'Héracliûs, en mémoire de la délivrance de la croix, et peut-être encore de Constantin-le-Grand , ou autre de ce nom. Il y a*une église ancienne dans la ville de Reiis Apolïina ribus (i) , en Provence^ dans laquelle on voyait une mosaïque dont la manière indiquait mille ans envi* ron d'ancienneté , où était dépeint un empereur \ cheval , avec l'inscription autour Constanti'^ nus IMP. AVGVS. Il n'y a pas dé doute , à présent , qu'on n'eût voulu désigner Constantin-le-Grand, et cependant l'habit et la maqière> nétaient point convenaMea , paraissant faits long-temps après fa). Je pense qu'il est arrivé de même, quand on a fait les médailles en ques«

(i) Riez.

(2) J'ai rapporté d'ôtrante le dessin de la mosaïque

tion j d'Héraclius et de Constantin , et que le grarçur ayant touIu représenter ces princes anciens , lenr aura donné des habits.et des or* nemens extraordinaires, sans ayoir égard au siècle de chacun. Mais je ne pense pas que le caractère puisse être plus ancien que de huit ou neuf cents ans (i) tout au plus, de quoi les médailles font foi , ainsi que les livres ma» nuscrits de ces temps-là ; et je serais plutôt porté à croire qu'ils sont plus modernes, que de les présumer plus anciens (â). Je partage lopi^nion de M. Louis Compagnon (5) , relativement à la gravure du xodiaque , et je pense d'autant plus comme lui, qu'il m'est tombé sous la main l'estampe d'une autre gravure , quasi de même grandeur/ sans qu'on sache de quelle pierre elle est tirée , ni où se trouve l'original , sur laquelle sont représentées les mêmes figures , p'est-à-dire , de Jupiter, de

delà cathédrale, où Ton voit Alezandre-le*Grand dans an char , vêtu comme au neuvième ou dixième siècle, (i) Ce que je vais dire prouve que du temps de Peiresc , il ne datait que de deux cents ans.

(2) On sait que ces médaillons ont été ciselés et non frappés dans le quinzièm^iècle, par Pisano et Sperandei , ainsi que d^autres Pont été par eux ou par des artistes de leurs écoles. Ces médaillons ont été gravés un grand nombre de fois. V. Ddcange, Num, Constant^ pL IV.

(3) Lodopico; CompagnonL Antomo Compagnoni

de Peirese» 37

Mars et Mercure , avec Neptane par-*dessus , et le zodiaque autour ; mais le travail est infiniment meilleur et plut conforme à Pantique. Ju' piter est porté par un aigle , le Mercure , au lieu d'un coq , a un petit Amour à côté de lui ; la Vierge n'a pas non plus la licorne auprès d'elle y et les signes du zodiaque sont , au con^ traire y disposés de manière que le Bélier se trouve ascendant à Thorizon ,^ et à la gauche de Jupiter I descendant , de cette manière , que le nord est derrière pi le midi devant. Mais , sur la cornaline , il faudrait que Jupiter eût le midi derrière les épaules , et le nord devant , autre-' ment l'ordre des signes célestes serait contraire à sa véritable position. Je tâcherai d'en faire faire une copie y et de vous l'envoyer par la première occasion (i) * désirant de connaître l'opinion de M. Ludoçico et de M. Steponi{i). Les Mémoires brescians de M. Octave Rossi n'ont

a été célèbre dans la littérature , mais il a vécu plus tard. J*ignore quel est celui-ci. ^

(i) Cette pierre était probablement autrefois dans le cabinet de Florence ; elle est depuis très^-long-temps dans celai da Roi de France y où elle aura été apportée par Catherine de Médicis. On en trouve la figure dans le Traité des Pierres graçéesy de MAaiETTS^ tom. II , et il en existe un grand nombre d^empreintes.

(a) Ce nom m^est <|ussi inconnu ; mais je soupçonne que c'est Tabrégé de celui de Pieiro Stefanomo , ou Ste^ fBMoniy bon graveur, oui vivait à cette époque; c'est

pas encore paru au-delà des monis. Je vous prie eu grâce de ne pas vous priver du Congé original ; une copie , à l'aide de quelque vase marqué là oii peut atteindie son contenu y me suffit. Ainsi que je vous l'ai écrit autrefois , il faudra , quand il vous plaira , le remettre k M. Eschinardo , qui me l'enverra en Provence, par la voie de Marseille. Au reste » je vous baise les mains,

A y MÊME.

3 décembre 1619.

J*ai reçu en même temps vos trois lettres , des^ 57 oclobre, 4 et 5 novembre , avec Feicellenie Ode de M. le cardinal Barberin, que nous ferons imprimer avec ses ' autres poésies , à la première occasion j mais je voudrais bien savoir quel titre et quelle dédicace vous jugeriez à propos de mettre à ce livre. J'ai pareillement reçu vos vers (1) et ceux de MM. Bardai et Vilani, sur les noces de M. Borghèse , ouvrages cbarmans qui ont été infiniment goûtés ici, sur-, tout les épithaiames. Vous avez, ainsi que M. Bardai, céussi admirablement : mais on ne saurait mettre en comparaison ceux de M. Vila-

celui qui a fait les planches du recueil des pierres gravées de Liceti , qui a paru à Rome en 1627.

(i) In nupdis Marci Antonii Burghesii et Çamilla Ûrsinœ principum ^ulmonis nodus cœlestis, Hiefpnymi Àleandri junioris Carmen, 16' 9» in*4^*

de Peiresc. Sg

ni , quoique d'ailleurs ils aient du mérite. Je TOUS en remercie infiniment , et je vous assure que TOUS m'avez procuré une satisfaction ex« tréme, et principalement à causé de l'ode de M. let^ardinal Bafberin que vous ayez interprétée ; elle est vraiment dtgne d'un aussi grand auteur. Paurais bien désiré que M. Bardai et vous y vous eussiez bien voulu aussi faire quel-* ^ue chose en l'honneur de ce très-saint prince. Je vous remercie des recherches que vous ,avex faites à la bibltothèque du Vatican pour les oU"vrages erotiques , mais principalement de ce que vous me promettez de Florence. Je pense que vous aurez finalement reçu la réponse que vous désiriez au sujet du Xénophon.

M. le chevalier Marini (i) ayant eu besoin de moi pour une affaire qui le concerné y n'a point osé m'en prier sans avoir satisfait à la promesse qu'ail m^avait faite de répondre à la lettre que je lui avais remise : vous aurez finalement cette réponse \ il est à la veille de faire impiîmcr son Adonis } ouvrage de vingt livres; je ne doute pas qu'il ne soit très-beau. Le roi. lui a donné cinq cents écus, outre sa provision (a) ^ ordinaire ^ pourfaire les frais de l'édition (3j. Je

(i) Poète italien , auteur de TAdonis ^ qu^il dédia à Louis XIII , mort à Naples en i.6a5. .

(:i) Pension.

(3) Jérôme Aléandre a composé depuis une défense

finis en vous baisatit les mains. De Paris , le 5 décembre 16 ig.

-P. S. J'ai reçu de M. Vîllerîo (i) la copie de la table d'ivoire ; elle ne contient que les noms de divers prophètes qu'on y a gravés avec quelques autres petites choses sur la Passion de Kolre Seigneur , mais elle n'est nullement antique; quant aux vers de la sibylle, c'est une plaisanterie. M. Gérard est à Louvain, pour étudier la jurisprudence.

AU M â M E.

3 )nîn i6d<K

Je ne tous laisserai pas paaser cet ordinaire, sans vous bûiser les mains y et votais apprendre que M. Saumaise a voulu être lui-même le porteur des réponses qu'il devait faire à nos lettres, étant venu dans cette capitale pour y passer l'été ; il s'est montré totalement persuadé par %os raisons an sujet du suburbicarius (3) > et

de Vjidone contre la célèbre critique de Thomas Sii" gh'ani , maif elle n^a paru jqu'après la mort de Jérôme , en i63o.

(i) Probablemeot Dionyêius VilleriuSy. Flamand, condisciple et ami de Juste-Lipse , . qui mourut le 3o novembre de Tannée suivante.

(2 Le célèbre jurisconsulte Jacob Godefroy avait publiée Francfom un ouvrage intitulé : Conjectura dg Suburhicariis ^ 1617» in-4^. Aléandte en fit paraître une réfutation sous te titre : lUfuUUio conjécturmanot

âê Pâirese: ai

eTtréme ment satisfait de Thonnenr et de Testime que vous rendex à ce qu'il vaut : il voua est infiniment obligé. J'ai appris qu'il écoute le^ ayis d'un brave personnage qui travaille à le faire entrer dans le sein de l'Église catholique , ce qui me réjouit infiniment ; et )e ferai de mou côté tout ce qui dépendra de moi pour la con« Tersiou d'une ame aussi noble ^iV II a vu les notes et les observations de M. Arcùdius (2) 9

nyfn\ smptoris de si^burbicariis ngionibuê ae diizced episcopi romani i Parisiis ^ Cramoisy ^ 161 9, în-4*« Comme Tauteur ne s'était pas nommé, elle fut attri* buée ^ Saumaise. Aléandre établit dans son système qua lés provinces suburbicaires étaient circonscrites dans une étendue de cent milles de Rome, et qu'elles étaient sous la )uridiction du préfet de cette ville et àjb, s^oj^ vicaire. Le P« Sirmond avait déjà écrit et;fait paraître cil i6j8 un écrit in-8*. contre Topinion de Godefroyr: celui-ci se tut , maïs Saumaise avait etnbrassé son p^rti , ainsi que nous le verrons plus bas (pag* 47)- L'opinion d'Âléandre est aujourd'hui la plu$ généralement rc^* çue ; elle a été adoptée par Corsini , dans son traité iiytitulé Séries prafectQrum urhis-j qui a excité .aussi une si furieuse controverse. Annal, tom. 11^ pag. :i3$. ^

(i) Saumaise trompait ses amis; >et se. trompait luimême. Il donna dans la Suite pour le motif du délai de sa rétractation les injures que lui avait dites et écrites le P. Sirmond. Il Gnic par épouser une protestante qui Fen éloigna plus que jamais,

(2) Prêtre grec de Tîle de Corfoit , mort à Bome en ji635* Le passage dont U est question est pcobablemepi

Cl ep a- été irès-satlsfalt , avouant ingénument que dans bien des choses 11 faut s'en rapporter ^ux conceptions de ce gentilhomme ; mais il lui est resté quelques scrupules'sur un passage dont je vous enverrai la note à la première occasion. Il a apporté un manuscrit tout entier de Stephanus de Vrbibus (i). Il a deux livres de plus que les ordinaires, et réunit la version de Xylander (2) avec ses note3 très-savantes j il est décidé à le faire imprimer au plus tôt (3). On à encore commencé d'imprimer le Dîophante(4) grec et latin , in fotib , et par colonnes , avec les commentaires d'un habile homme ; on va commencer d'imprimer aussi le Jîicéphore du père Fronton (5), attendu depuis

tiré dé êan ouvrage latin «ur l'accord entre l'Église grecque et l'Église romaine , qui a para à Rome eo *i6itj[. . ,

' (i) Etienne de Byzance, grammairien et géographe; (a) Xylander, rië à Augsbourg , mort en i5^4 , "était un écrirain pauvre , et souvent un pauvre écri- >ain.

(3) Cet ouvrage de Saumaise n'a pas patu, quoique selon K[\iiL\\\is';Apes urhana, pag. 147, il fût prêt pour la presse: mais selon Ant. Clément il n'a pis élé per- 'du, et des sa^ans en ont profilé. Voy. Harles, Bihlioth, grœca\ IV, 6a8.

^ (4) Diophante, inventeur de ralgèbre, mort août lesAntonins. . ' *

' (5) Le P. Fronton du Duc ( eu le Duo) a donnée avec dei notes, rédîtioiû de l'Hiitoirc ecclésiastique, en

' de "Peiresçl 4?

aï long-temps. On ne tardera pas d'imprimer le Plqléméc {\) de Naibode (2) , avec le texte grec j il ^^tn est trouvé finalement trois exemplaires dans la Bibliothèque Royale. On prépare un excellent ouvrage pour être imprimé l'année- prochaine. C'est la Chronique grecque de Georges Syncelle (3) , qui fit autrefois l'objet des plus grands souhaits de Sculiger y avec la version de }li,^ , AiUinui (4) , personne de la plus grande érudition , et très-versée ^dans la chronologie. On y joindra la continuation de

grec , de Nicéphore Calliste , qui n'est pas le patriar» che Nicéphore.

Celte édition a paru en i63o. Voy. Faba* 9 BihUoth* grœca^ V, i3i. ^

(i) Vioiéméer astronome,

(a} Ce nom a été tellement défiguré par le traduc* leur et par le copiste, qu^il est méconnaissable.

(3) Georges-le Syncelle et Théophane , aussi de Constant! no pie , ont fait une Chronique qui va jus'^ qa'au régne de Michel CuropaUte, c^est-i-dire jui« qu'en octobre 811.

(4) Jean-Baptiste Hautin , gendre de Rigaulti On lit la même chose dans une lettre 4e Suarez, qui est insérée dans le quatrième vol. des Œuvres de Sirmond; mais cette édition u'a pas vu le jour. Goar a publié Ik Syncelle i Paris, léSa, a^c une version dont il est Tauteur , et diaprés un*manuscrit de la Bibliothèque du Roi , de loai > et qui a été acheté à Corinthe , en iSoy , par Jeaii Abraham* ^ . ^

'44 Corresponianee

Tbéophane (i)\ trouvée dans la Bibliothèque 'Royale , écrite depuis plus de cinq cents ans ; nais on désirerait beaucoup d^en avoir la yersioa à^Turianus^T)^ pour l'imprimer à côté avec 'le texte grec , et économiser le temps que Ton perdrait à eu faire faire de nouveau la traduction. Le cardinal JSaronius^ d'heureuse mémoire , s^en est prévalu dans plus d'un endroit; et dans quelques notes , il dit avoir suivi la version de TurianuSyCe qui fait présumer que cette veision a étéiniprimée en Italie,ou qu'ettê y existe en manuscrit^Je vous prie de voir sl on pourrait .en trouver quelque ei^empUire , d'après lequel nous puissions faire l'édition , ou si on en trouverait une copie dans la bibliothèque dudit car* dinal , sur laquelle on pourrait en faire uûe autre pour l'imprimer. Je crois que les manuscrits de M. le cardinal Baronius sont à la bi* )>liolhèque du Vatican, ou ont passé à la «fn/ï* cella , ou bien dans son église titulaire. Je vous prié en gtàcede<fairc cette bonne œuvre pour le

(i) Goar avait aussi préparé une édition de Théopliane arec sa traduction et un commentaire ; mais rédition grecque de la Chronique de Tfaéophane n'a paru qu'après la mort de Goar, parles'soins de François Combefis^ quiyci joint des Qbservatioas. Paris ^ lèSS. in-foK

(2) Torres V ouTunanus, Kspagnol, et jésuite , avait été au concile de Trente ; il avait plus de doctrine que de gcAt.

àâ Peirese. %0'

public (0 5 et TOUS oblîgerex avec tnoî Vl.Au'^' tinus , conseiller de Sa Majesté dans celte ville,' mon ami particulier , personnage très-pieux etf très-zélé pour la sainte Eglise catholique rd-^ jnaine , très-instruit , et grand ami des pères Sirmond et Fronton. ( Si cet ouvrage de Turia-^ nus n'est pas encore imprimé , c'est ici l'occasion la plus convenable de le publier. ) Le père Sirmond l'estime tellement, qu'il lui a confié une' partie du Syncelle , dont il est possesseur extrêmement jaloux , suivant sa coutume. Je finiar en vous baisant les mains.

16 juin i6ao*

Je vous ai envoyé , dans soq^emps, un frag* ment du calendrier de Milan , qui ne vous déplut pas. J'en ai trouvé un autre dans l'église de Sainte-Geneviève y qui contient des vers pareils à ceux des Jours Egyptiens qui vous furent envoyés il y a quelque temps. Je n'ai pas voulu manquer de vous en faire part, certain que, vous verrez volontiers , dans la diversité des expressions , une certaine conformité dans la disposition et la pratique de ^^ siècles , sur la numération desdits jours dans chaque mois, l'un com^

(1) Je ne connais aucuûe autre Notice sur cette version de TurÎMius ; elle n'a pas eiisté , ou elle s^eit perdue*

Q^Dçant par le premier jour et Fautre par le dernier , ainsi qu'on le trouve ensuite , et qu'il est pratiqué dans ledit calendrier , ce qui n'est pas absolument conforme au calendrier Am-" broisien, qui n'en difTère néanmoins pas beau* coup y mais diffère extrêmement de celui de Constantin , avec lequel il a, dans très-peu d'endroits 9 quelques rapports. J'ai appris qu'il en existe un autre vieux dans uxi monastère près d'ici ; on me Pa promis , je vou$ l'enverrai dèa que je l'aurai obtenu ; et désormais je serai plus soigneux à faire la recherche de tous les vieux calendriers pour votre service. On a vendu ici un livre de Kepler , sur les comètes ,' que l'on regarde comme extravagant (i) , et comme je crains qu'il ne passe pas facilement jusqu'à TOUS y je vous en enverrai un à la première occasion. Je finis en vous baisant les mains.

AU MEME

29 juillet 1620*

Le Bourguignon , dont on vous a parlé, n'est aîutre chose que l'auteur de l'épître (j^)j4mici

. (x) Ce grand, homme est au contraire le premier qui, dans son Traité de Comeiis^ lib. III, 1619, ait écrit quelque chose de raisonnable sur les comètes» Voyez ce qu'en dit le célèbre astronome Plngré, dans sa Cométographie , t. I, p: 89 : Feiresc cédait, en écri- Tant ceci , aux préjugés de son temps, (a) Celle de Saumaise.

ifo Peîrese: %j

ad amîcum (i) , à laquelle le père Sirmondn'â jamais voulu répliquer, lorsque ses amis ne ces* $aient de Vy inviter. A présent que je l'avais informé des bonnes intentions de l'auteur à se faire catholique , le déplaisir qu'il éprouvait à lui donner aucune sorte de satisfaction , tandis que je me proposais de le conduire chez lui, l'a porté sar^s m'en rien dire , à faire imprimer et publier une réplique tellement remplie d'ex^ pressions méprisantes , que ce gentilhomme ea a été grièvement offepsé , cl le^^rojet de la réconciliation et de la rétractation sp|||taiiée de l'épître a été rompu pour faire place peut-être à une insulte en vengeance de l'ofiense qu'il vient de recevoir. Je ferai tout mon possible pour l'empêcher ; mais il faut confesser que ce père a très-grand tort. Je me £latte néanmoins , que sa conversion à la foi catholique aura lieu (2) ; mais ce procédé la retardera encore un peu. J'ai

(i) C'est Fourrage dans lequel il prend le parti da célèbre jurisconsulte Jacques Godefroy, contre le P. Sirmond , relativement à son opinion sur les régions et les églises 5u 6 ur&rcaiVes , et elle parut probablement vers 1619. Elle est réimjprimée plus correctennent à U fin des Lettres de Saumaise, publiées en i656. Cette controverse a produit différens écrits assez vifs dontoa peut voir les titres dans l'ouvrage de DuPiN, Biblioih. 9ies Auteurs eccléiiast. du dix-septième siècle^ II , i85; et BASltAGE ,JIist. È^cclésiast. , 1 , 35o.

(a) Celle de Saumaisè. Yoyez ci>dessus , pag. 4i«

écrit précisément la semaine deroière i mes* I sieurs Fillerius f i) , Winghenius (3)961 à

M. Schilder (3) lui-même , au sujet des calendriers manuscrits. 11 ne me reste qu'à vous remercier de votre nœud céleste (4)9 qui m'a plu ^ infinimeQt , et de XEpindias (5) de Aldina. qui

i . m'a paru très-agréable et digne de l^impression.

I Je désirerais beaucoup avoir les vers de M. Bar-

f clai sur Tua et l'autre sujet. En finissant , je

t f ous baise les mains.

P. S. On dî| que le père Griembero (6) a

(i) Yopte plus haut , pag. 4o.

(a) Probablement PieriusWinsemîus, sayantHollandaisi qui a écrit sur Fhistoire : il est mort en i644*

(3) Il est probable que c^est le jésuite Louis Schiidère, théologien, né à Bruges en x 606 et mort en

(4) Voyez plus haut, pag. 38.

(5) Ce mot , pour être intelligible , derrait être écrit epicedion « poë'me funèbre, de rr!, sur, et nîT/rç 9 funérailles. Le mot Aldina est le nom d'une chienne. Voici le véritable titre de cette pièce : In obitum Aldina catellcff iéacrymœ poëiuœ. Il faut que Peiresc se soit chargé de la faire imprimer , car elle a été publiée a Paris chez Nicolas Buon, en 162a » in-d*. : elle fut

. généralement bien accueillie.

(6) Il y a probablement ici une faute du traducteur «•** / pu du copiste, et il faut lire *^riemkêrger\ c'était un

jésuite Tyrolien qui a long-temps professé les mathématiques à Rome et à Vienne, Il est mort en z636 , à •oixante-qualorace ans.

trouTé f

de Peirese. 4è

trouvé , dans la bibliothèque du duc Altemps ^ Vkn Archimède manuscrit, dans lequel ou a conservé quelques propositions ou quelques fragmens inédits sut le miroir. M. Agésilas (i),^ d'heureuse mémoire , m'avait p^ot^is quelques traités pour et contre , au sujet de quelques propositions de Galilée^ publiées par un fran^ tiscain , qui fournirent à ses émules Toccasioa de le faire citer à l'inquisition (a). Je voudrais bien avoir quelques détails sur cette affaire, ;et, si'cela se pouvait, voir iesdits livres.

Au MÊME.

21 oçtgbre 1620»

Quoique j'aie reçu votre lettre du 10 juillet ,

(i) C'est Agésilas MarescoUi de Bologne, saraht •Italien, venu à Paris en 1617 , et recommandé' à ^Pelresc^ qaî fat son patron. li retourna en Italie en avril 1618, et mourut peu après, en juillet même année, il Bologne. C'était un grand mathématicien, qui , dans le court séjour qu'il fit à Paris, avait acquis Famitié de tous }es sayans (Lettre de Peiiesc à Aléandre ,12 septembre 1618 ).

(2) Il est probablement question ici du P. FoscarH ni, carme, et non franciscain ,qui, dans une Idtre adressée en 1611 au P. Fanlooi', son général, avait cherché à concilier les passages de l'Ecrihire avec le système de Copernic; rien ne put le garantir de la cen« sure que la congrégation des cardinaux pronpnça contre lui* L'hérésie die Galilée fut déférée à Tinquiiiition, et ce grand horaiûe échappa prudemment au jugement,

5d Correspondance

je n'ai pas encore pu la communiquer à M. Auiin (i), ni à M. Saumaise^ qui auraient été enchantés de voir ce que vous m'écrivez au sujet d'Etienne de Byzance, et des ^ùtres géographes. Morel (2) m'avait promis l'indice de i'épitre de Libanius (3) ; ^ais le bon vieillard «st si indolent^ que je ne puis vous assurer qu'il l'ait fait par cet ordinaire. Je vous remercie des 4oiDS que vous me promettez au sujet du rConge (4) du cardinal del Monte ^ que j'ac-* cepte volontiers, puisque vous le voulez bien^. mais non à Paide d'une copie jetée en moule , comme pour le Congé Farnèze , à l'effet de ne pas vous donner tant de peine; mais il suffira ^d'une relation exacte de sa forme et de son inscription , s'il y en a^ ainsi quedn poids de l'eau .qu'il peut contenir ; il suffirait de prendre un ivase d'étain un peu plus grand que le Congé ,

jpar un désaveu qu'il fit en 161 6. Voyez Montucla , ' Hisù desMathém.^ II, 2g3, et la Vie de Galilée. (i) Voyez ci-dessus , pag. 43.

(2) Il s^agit de Frédéric iMforel, fils d^un autre Frédéric , imprimeur du roi , et habile interprète des langues. Le fils surpassa le père,; il fut bon éditeur de plusieurs ouvrages , et mourut fort vieux , en i63o.

(3) Libanius , habile et savant sophiste du quatrième siècle, fut le maître de Saint-Basile , de Saint-Jean- Chrysostome , et l'ami de l'empereur Julien.

(4) Vase antique. Peiresc travaillait beaucoup sur *et mesures anciennes de tous les genres*

^ de Peiresc: *5i

de quelqac forme que ce soit, et après y avoir versé l'eau dont on aurait rempli l'antique ,i faire une marque intérieurement pour en connaître la mesure, et envoyer à mon père, en Provence , ledit vase , comme il fut fait pour l'autre. £n finissant , je vous baise les mains.

AU MÊME

21 octobre 1620.

Je vous remercie du problème relatif au miroir, par Usiosius (i), que je désirerais bien de ' voir. J'ai ouï dire qu'il s'en est fait, en 1617, une autre édition plus étendue, avec une estampe.. Le père Griemherg^r (2) pourra vous eu donner des informations , si toutefois l'avis qu'on m'a donné est véritable. On m'a dit encore que le religieux qui avait écrit sur le système de Galilée, se nomme le père Fosca^ rîniyde Bologne , et qu'il était dominicain (3). Vous verrez s'il n'y a point .d'erreur dans le nom, et si vous pouvez m'en procurer un exemplaire, vous me ferez plaisir. J'envoyai à sou

(i) Il^y avait sans doute dans le texte de Peiresc Eutocius^ nom d'un mathématicien grec J'Ascalqa en Palestine, qui a vécu sous (e règue de Justiuien ; mais cet Eutocius n^a pas donné le problème, du miroir d^Archimède. Il a camposé pn commentaire sur Sun Traité de la sphère. et ^u cylindre^

(a; Voyez ci- dessus > pdg.- 4^. '

^3) Voyez ci dessus I pag. ^9.

M Correspondance

excellence M. Angelo Contarini (i) la lettre que vous lui ëcriviec ; il vint ensuite me voir, et s'étendit beaucoup sur votre mérite et vos vertus, se rejouissant infiniment d'avoir acquis dé nouveau votre bienveillance.

Je suis enchanté que Phistoire Auguste (2) de M. Saumaise vous ait plu ; il a été passer quelques jours à la campagne avec ses parens. J'attends, à chaque instant, son retour, et je lui rendrai compte de son calendrier. En attendant, je vous en envbie cinq, des églises de Saint- Germain , de Paris ; de Saint-Exupère (3) , àt Corbéil ; de Saint- Victor et de Saint^Martin, de Paris, et de Cluni, qui différent peu les uns des autres. Néanitioins, j'ai cru devoir vous les envoyer, poiir démontrer combien était universelle la Superstition attachée aux jours égyptiens {4), qui a duré jusqu'aux derniers temps ,

"jpehdant lesquels on avait seulement changé le

(i) Angelo Contarini , noble Vénitien , qui a rem- ,.pli dans s^ patrie les. plus honorables magistratures : il TOjageait alors en France ; il est mort à Venise en 'i656 , et il a été inhtiinié dans Tëglile de Sainf-£tîennc ' bù'il a un beau tombeau. .

* (21) His'tûHœ AitgUstœ scripforés.

' (3) Appelé par abréviation Saiht-Spîre.

(4) €6mme bh croyait que les Egyptiens avaieht les premiers observé les "jours malheureux 9 ces jours auxquels on ne devait TÎènèntf éprendre , s^appelaient ours égyptiens dans' les anciens Calendriers. Cette su-

de Pâirese. 53

DIES iEGTPTlACVS^ cn DIES JEBER (l). Sî VOUS

VOUS donnez la peine de consulter le livre de Bedâ, intitulé Ephemeris , vous y trouverez à chaque mois des vers sur les jours égyptiens et aux heures de quelques calendriers (2). Quant à la fixation des points des équinoxes, solstices, et commencemens du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver (deux desquels, sayo.ir : les solstices d'été et d'hiver, seuls , sont marqués dans le calendrier de Constantin), vous en trouverez quelques traces dans ceux que je vous envoie. Mais si vous examinez le Beda tlV Isidore , et principalement Gallen , dans le corn-' mentaire des Épidémies , /, je crois que vous y verrez plusieurs choses dignes de votre attention* Le père Sirmond n'est pas encore de retour

perstition passa des pa^ns aux chrétiens, dans lestas temps. MuRATORi , Aer. Ital, Script, , II , p. 1 1 , p. 1027. On trouve des exemples des jours égyptiens , jusqu'en 1632; mabla superstition des jours malheu-* reux nV pas encore aujourd'hui cessé y puisque VAI^ manach ISt^ Liège ^ le Messager Boiteux ^ ètCy ont toujours soin d'indiquer les jours heureux.

(i) Ce mot est insignifiant: le texte dePeiresc portait probablement Dll)S Mqe^^ jour maudit , jour mal-^ heureux. Voyez TAbrégé de Ducange, par Adelung , au mot Dies.

(2) Muratori ^ dans ce passage , cite des vers sem« bkbles, tirés d'un calendrier manuscrit delà BibUo« thèque Ambros. i MilaB.

de son voyao[ft de Bre.lagne , où il a été visiter et établir quelques nouveaux collèges de son ordre ; je crains qu'à son retour, il ne trouve ici un nouvel antagoniste tout aussi aigre que lui (i), et de qui je ne saurais espérer d'arrêier Timpétuosité. Je ne crois pas qu'une personne jeune et séculière puisse être plus disposée à pardonner qu'un ecclésiastique avancé en âge. J'ai fait tous mes efforts pour empêcher toute réplique; mais il n*est pas aisé de persuader un jeune homme extrêmement affecté des injures et des affronts qu'il a reçus : l'obstination et l'opiniâtreté de Tun entraîne l'autre, et le rend capable du même procédé. Dans tout ceci, je pense que, Analement, il est du devoir du plus âgé de se montrer plus prudent et plus modeste. Je finis en vous baisant les mains. %

AU MÊME

.4 novembre 1620. . Je viens de lire une lettre de Daniel H<?//isius (2), qui se rétracte de Foffre qu'il avait faite d'envoyer \ç,Procope de la version de P'ulcamus (3), corrigé par lui, disant que le père

(i)^Saumaise , plus haut, pag. 4i 9 et plus bas, pag»

, (2) Daniel Heinsius , de Gand-, savant professeur à Leyde, disciple de Scaliger, du même âge que Peiresc , luÎB survécu près de vingt ans.

' ^3) Booaventure Vulcanius, de Bruges, aussi professeur il Leyde; mais mort depuis i6.i4« • •

de Peîresc. SSt

KnAîéSchoUc (i) lui avait offert le texte grec de l'histoire anecdote de Procope , pour le faire intprimer en Hollande ^ conjointement au reste des œuvres de cet auteur, sous certaines conditions 9 et surtout qu^on ne dirait point que la copie en a été tirée de Rome : en sorte qu'ils feront l'édition entière à Leyde , sans l'envoyer 'ci , ce qui me fait la plus grande peine ; surtout d'après l'espoir que, par sa dernière lettre M. le cardinal de Sainte-Suzanne m'a donné y de m'envoyer bientôt copie de cette anecdote , que je voudrais bien à présent n'avoir pas demandée ; ou , au moins y qu'elle ne me fût pas envoyée de quelque temps , pour voir si le père Schotio pourra tenir sa promesse , et pour que l'on ne pense point que la copie peut venir de moi. Je vous prie donc d'en informer sa seigneurie illustrissime, srvec votre sagacité erdi* naire, et de faire Retarder l'expédition de la copie qu'on faisait pour moi : je vous en aurai une grande obligation.

Feu M. de Thou ayant plusieurs fois été menacé par son épouse, que, si elle lui survi* vait, elle jeterait au feu les autographes non encore imprimés de son Histoire, prit le parti d'en envoyer une copie à un conseiller de Télecteur palatin , homme de beaucoup de mérite , et

(i) Schott, jésuite d'Anvers, bon professeur de grec , et éditeur de plusieurs ouvrages.

littérateur, poar qu'elle fût conservée dans U bibliothèque palatine ^sans^l'imprlmer que longtemps après sa mort ; mais ce conseiller, à qui les manuscrits avaient été confiés , sachant l'auteur mort, a fait imprimer à Genève lesdits au-* tographes , ce qui a causé le plus grand déplaisir à tous les amis du défunt, et« entr'autres, i MM« Dupuy et Rigault » qui s'occupaient de fuire quelques corrections à cet ouvrage, principalement pour plaire a ta cour de France^ et dt'jà une bonne partie des corrections étaient achevées, ce qui ne sera pas trop conforme à cette édition : j'en ai eu le plus grand chagrin. Ce qu'il y a de pire » c'est que la chose a été faite si secrètement que je n'eu ai rien su, jusqu'au moment où il m'est venu des livres finis d'imprimer; de manière qu'il ma été impossible d'y apporter le remède qui aurait conyenu. Au reste, l'œuvre est partagée en cinq voluiries in- Jolio, qui vont jusqu'à Tannée 1607. On attend une partie de la vie de l'auteur, qui contient des choses paiiîculières qui n'ont pas de rapport avec l'Histoire. En un mol, l'ouvrage est si volumineux que deux seulîs exemplaires forcent presque un ballot, et je ne vois pas trop comment on pourrait en envoyer chez vous.

L'impression est incorrecte , le papier indigne de l'ouvrage, et Dieu suir s'il ne s'y sera pas glissé quelque chose cQAtre l'ialention de l'auteur.

êe Peiresc. - S^

' J*aî reçu rotre pli du a6 septembre avec le livre sur le système du Monde ; il m'a causé t^Détonneraent mélëd*admiratiôn, relativement à la condition humaine , capable d'opinions le^ plus extraordinaires qu'on puisse imaginer , au point qu-on ne saurait en forger de si extravagantes qu'elles ne trouvent quelque partisan. Je voudrais bien , s'il en existe quelque re^tion , savoir comment le Saint- Office se conduisit à cet égard, et ce qui a pu arriver à l'auteur. J^ vous remercie infiniment de la peine que vous avez prise pour cela.

J'ai reçu, il y a quelques jours ^ une lettre de M. Schilder(i), ien réponse aux miennes.

Il me marque qu'il attendait ses effets, qui avaient été adressés à la maison d'^n de ses amis, et qu'ensuite il m'enverrait sans retard les calendriers manuscrits. M. Saumalse ,. retourné de la campagnç, me dit que le calendrier dont il avait parlé est très-antique, et qu'il est inséré dans le volume de la Médée d'Ovide (a), tout ^n lettres majuscules, et rempli

(i) Voyez ci dessus , pag. 48.

(a) Mous n^avdn» pas la Médée d'Ovide. Dans une feUre du 8 ocliobre 161 6 , Peiresc disait à Aléail^ dre: « L'auieur de la^édée lirouvée nouvellement'^ ^ peut bien-être tout autre qu'Ovide Nazon, maw 9 il n''e$t pas plus moderne que Tertullien , puisque » celui-ci, dans le livre desprescriptions, chap. S9, dit:

d'ouvrages d'auteurs tous Africains et antiques, mais que l'opuscule du calendrier est de peu d'importance pour l'objet qui vous intéresse « D'y étant point fait mention des fêtes ni des nativités. Il est remarquable seulement en plusieurs choses relatives aux calculs astrono-* miqiies, formés en une seule roue, sur laquelle sont les solstices et autres choses pareilles.^ 11 a écrit chez lui, si M. son pèrje pourrait le trouver parmi ses schèdes (i) , ce qui ^era difficile , et peut-être il sera nécessaire d'attendre à la fin de l'hiver, qu'il retourne chez lui, n'étant pas' le maître de l'origlnaL Enfin je tenterai tous les * moyens possibles pour avoir moi-même cet ôriginal, de façon ou d'autre.

J'ai encore une commission à vous donner , puisque vous vous y portez avec tant de bonté» Je ne Sais si vous avez jamais connu M. Nata^ litio Benedeiiiy de Foligno, qui avait un trèsbeau cabinet et un grand recueil de choses antiques. Un peu avant sa mort il m'écrivit qu'il avait prépaie un choix de diverses antiquités, pour me l'envoyer. Il concernait nos antiquités

» Oifidius Geta Medgam tragœdiam ex Virgîlio plenissi» » mè expressit. » Dans une autre lettre du t". jaii'vier i6i8, Peiresccite Aléandre lui-même , et les savaas de Rome, qui disent qu^Ovidius Géta était affranchi d'Ovide !Nazon.

(ij Notices, Extraits y etc.

de Peirese. 69

françaises, telles que le sceau de plomb' des princes de la famille de Chai'lemagne , plusieurs petites monnaies françaises et gothiques ^ et autres objets classés séparément dans une petite boîte (1), ainsi qu'il m'en avait envoyé d'autres auparavant ; et moi , )e lui avais pareillement adressé d'autres antiquités de son goût. La mort ne lui donna pas le temps de finir son paquet, et j'ai toujours beaucoup regretté de n'avoir pas vu ses curiosités françaises. Je souhaiterais de savoir si , par la médiation de M. le cardinal Barberin , ou de M. le cardinal de Sainte-Suzanne ^ ou de tout autre , on ne pourrait pas déterminer les héritiers de M, Naialitio à m'envoyer les empreintes de ses antiquités françaises , dont ils seront restés possesseurs , avec toutes les autres curiosités du défunt : je leur en aurais la plus grande obligation, ainsi qu'à vous et à ces autres Messieurs qui me procureraient cette grâce. Je suis, en vous baisant les mains.

Peiresc à M. RuBttNS.

Âix, i6clécenibne 1620.

Mon très-illustre Monsieur, A près avoir quelque temps cherché quelqu'an-

(x) On connaît plusieurs sceaux ou bulles de plomb de Charlemagne. Voy. Mabillon^ dere Diplom. , pag. 707 ; Heumaan, I , ia6. Ces sceaux ont été gravés par MontfaucoO| Monumens de la Monarchie françaisej

6o Corresponianee

isienoe trace n^anoscrite du calendrier de Cods^ tantin, de M. HerTartius(i), j'en ai finalemeat trouve lin excellent, qui serait bien plus pré-*^ cieux s'il n'y manquait pas quatre moi$ entiers et une figurç d^un autre. Mais les huit mois et les sept figures qui restent sont néanmoins trèsprécieux. Il y a, dans ce calendrier» d'autres ' choses très -remarquables, qui dédommagent des feuilles qui manquent. Telles sont les figures des sept mois, peintes à l'antique, correspondantes exactement à quelques vers anciens , écrits près d'elles , et qui en font la description particulière, dont vous trouverez cijoint la copie : je crois que vous y découvrirez des choses très-gentilles , puisqu'ap premier aspect, on y a découvert la manière dont on jouait au3( te&isères à travers une petite tour; cela se voit dans la figure du mois dé décembre , par la vérification du Vers :

t^unc iibi cum Domino îudere 9erna lUet (2).

avec un masque auprès, pour désigner un amusement d'hiver. Le calendrier parle de la fête

I , pi. XXI , n*. g ; et les Bénédictins , Traité de Di^ picm , lY , 1 1 o.

(i) Herwarl , Bavarois, savant en chronologie, histoire et mythologie, mais soutenant souvent des sentîmens bizarres.

(a) Il paraît que quand Peîresc a écrit celte leilre , il n'avait aucun soupçon sur ranthenticité de ces figures. Voyez pins bas , pag. 68 et 69.

àe Peirèsc. 61

dite Hilariay et je tous dirai, à ce sujet, qu'on a découvert, dans le mois de novembre , plusieurs choses relatives au culte d'Isis , et encore la même figure que je donnai dans son temps à M. Pignoria , et qu'il imprima dans sa taKle Bembina ^ gravée sur une clef de bronze antique y disposée pour servir à la direction des c'anaux d'eaux; peut-être pour ces bains ou ablutions, dont il fait mention à la solennité dite HILARCA, placée d/ins le calendrier, non-seulement au mois de mars, mais encore dan^ celui de novembre , comme l'indiqué l'exemplaire de ' M. flervartids. Il y a, en outre , à la fin du calendrier , deuiiL figures de princes, habillés comme les empereurs de ce siècle-là , que je crois être Constance , fils de Constantin, et Constance César Gallus : \t livre semble avoir éié composé de leur temps. , Ou écrit au commencement de leur siècle j lia copie dont il s'agii ayant au taoîns huit cents ans , et vraisemblablement ayant été faite sur l'autographe prigïrial de fVrivs' toiôKY'sivs FiLOCALVs qui en fit, à ce qu'il dit, la dédicace à l'honneur d'un certain VaÎlIentinVs [ui devait être, dans ce temps, une personne importance et noble, ou, peut-être, seigneur ou patron dùdît Filocàle , son esclave ou son affranchi. La figure de Constance Auguste est assise; elle porte une couronne de pierreries qui

6a Corresponiance

serre ^t& cheveux, et à. la manière des saints, elle a un cercle rond autour de la tête; elfe tient 9 de la main gauche , un sceptre surmonté d'une demi-petite figure casquée, portant un petit bouclier, et répand de la droite de l'argent, pour marquer les jours de libéralité désignés dans le calendrier, à ce qu'il me paraît. Gallus César est debout, ten^t un pareil sceptre de la main gauche , et de la droite une petite Victoire portant une couronne et une branche de palmier. Il n'a pas de diadème comme l'autre , mais il a le grand cercle autour de la tête. Ses habits sont enrichis de bijoux et d'un grand nombre de camées, et surtout le manteau, qu'il porte à-peu -près comme le pàU lium à la grecque. Lès figures sont majestueuses; mais elles ne diffèrent pas du profil de leurs médailles. Avant le calendrier, on a représenté les sept planètes habillées exactement à Tantique. Il y manque seulement Jupiter et Vénus. Le soleil est justement tel que l'Apollon de Daphné; la lune a le croissant derrière les épaules et une corne renverisée ; il y a immédiatement, avant les planètes, ce que le livre renferme de plus beau; c'est la représentation de deux tables , sur lesquelles il est écrit : natales C^SARVM, et l'on y voit la statue de Pempereur, de la poitrine en- dessus, avec le cercle autour de la tête. Il a un globe sur le-

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quel est le phénix, ressemblant presque à un génie , ainsi qu'il est sur les médailles dudil Constance. En face desdites tables, on voit une grande figure delà Victoire ayant Paigle auprès d'elle , et un écu rond à la main , sur lequel elle écrit: SA LVIS AVGVSTIS FELIX VA LENTÏNVS. Il y a en outre, avant la Victoire, quatre grandes figures : Fune, de Rome, casquée, avec le globe et une petite Victoire qui la couronne : la seconde, d'^/^rr^/jdrie ^ debout, ayant auprès d'elle les vaisseaux égyptiens; la troisième , de Çonstantinople , debout , mais portant des tours, et comme occupant la place d'Anlioche. La dernière est de Trêves, dans les Gaules ; elle conduit un barbare captif : cela me fait présumer que le ma-~ nuscrit vient de ces endroits-là. Si chaque figure n'avait pas, auprès d'elle, son inscription et soa propre nom, j'aurais pensé que la troisième était Antioche et la dernière Çonstantinople, parce que, dans les médailles de Constance, la figure de Çonstantinople est casquée; et, s'il m'en souvient bien , il y a , près d^elle , quelques captifs ou quelques trophées. C'est peutêtre une faute du copiste : car je n'ai jamais vu Çonstantinople avec des tours , ni Antioche sans eu avoir. Je ne sais comment alors on aurait pu ne pas mettre Antioche parmi les villes principales , puisqu'elle jouit long ^ temps

encore après de trts -grands honneurs dans POlieut. Immédiatement devant la figure de Rome^ il y a un titre qni parait commun à toutes les choses profanes susdites, qui sont dans ce ma* nuscrit , dans lequel on voit une table portée par deux génies, faite comme Jes anciens titres gravés sur h s marbres, sur laquelle on lit, en grands caractères: VALEJNTINE LEGE FE- LICITER, et en caractères plus petits, quoique majuscules et carrés en rubrique , VALEK*

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