‹ Correspondance inédite de Voltaire avec Frédéric II, le président de Brosses et autres personnagesChapitre 55 sur 61 · XV · texte numérisé non relu

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AU MEME

Monsieur ,

J'ay l'honneur de vous faire part que Sa Majesté le Roy de Prusse vient de m'inviter à retourner avec Elle à Potsdam , le 3o , jour de son départ. Si vous écrivez à Paris et à Versailles , je vous prie de vouloir bien mander cette nouvelle pour détruire les faux bruits qui y courent " . Ce sera une nouvelle preuve de vos

' CeUe prière , la lettre à Lavirotte du 28 janvier et celle à Walther du i®' février attestent combien Voltaire redoutait de passer pour disgracié. Elles confirment IVxplication qu'on a donnée de la première ligne de la lettre VII ci-dessus , et la conjecture qui lui attribue la rédaction de la note imprimée plus baut p. 21 , note 3.

a8 rETTRBS DE VOLTAIRE.

boniéz* Quand ma santé me permettra-t-elle de yous faire ma cour ?

Samedy. "^

AU MÊME

Vous VOUS doutez bien , Monsieur, que je n'ay pas suivi le Roy de Prusse à Polsdam malgré ses bontés touchantes ; l'état où je suis ne me laissera pas probablement la liberté de luy faire sitôt ma cour; mais je voudrais bien vous faire la mienne. Je vous supplie de vouloir biea donner au porteur le paquet en question. Mille remerciements et mille respects.

* 27 Janvier 1753.

LETTRES DE VOLTAIRE. ap

AU MÊME

Potadam 23^.

Je suis péaélré de vos bontéz^ Monsieur , et je voudrais bien que ma mauvaise sanlé me permît de venir vous en remercier. Madame Denis VOUS fait les plus sincères compliments. M. le. comte d'Argenson ', qui n'écrit guères, m'é-^ crit une lettre charmante, dans laquelle il suppose que j*ay souvent Thonneur de vous voir : îl me croit plus heureux que je ne suis.

Je crois avoir trouvé une occasion de faire partir mon ballot. Ainsi je vous supplie de vouloir bien le donner au domestique qui vous aporlera celte lettre.

Si mon occasion manque, alors j'aurai recours à vos bontéz; on ne peut être plus sensible que je le suis à la bienveillance dont vous

* Mars 1753.

' Marc-Pierre-Réné de Voyer, né le 16 août 1696 , Ministre d^Ëtat le 25 août 1 742 , Secrétaire d'Etat de k guerre du i*' janvier 1743 au i«' février 1757, mort le 22 août 1764. Voitaire avait été admis à ses soupers avec La Fare et Chaulieu , lorsqu'il n'avait encore d'autre nom que celui ^' Arouet.

3o rETTkES DE VOliTAIRB*

m*honorez. Je vous prie de compter sur Je véritable et sincère dévouement de votre trèshumble et très-obéissant serviteur. V.

xvin.

AV MÊME

Je suis desttpéy Monsieur ^ à faire tout le contraire de ce que je voudrais. Je pars sans vous faire ma cour. Pénétré dçs boutez et des bienfaits du Roy , et affligé de ne pas prendre congé de vous dans votre maispn , permeitezmoy de faire mes compliments à ceux qui ont le bonheur d'y être. Oserais-je Vous prier. Mousieur, de vouloir bien me mettre aux pieds des Reities ' , de madame la princesse Amélie^ et

♦ Mars 1753.

' La Reine-Mère, Sophie-Dorotliée d^Angleterre, sœur de Georges II, et la Reine régnante, Elisabeth de Brunswick* Frédéric, qui était Pidole de sa mère , ne s^asseyait jamais en sa, présence. Mais , écrivait le che-valier de La Touche , Funivers est instruit de son mépris pour la Reine , spi^ épouse , qu'il laisse manquer presqujs du, néces^ijre*

^ Sœur de Frédéric ^ femme hardie ^ «Atrepirenante ,

LETTRE» DE VOLTAIIlE. 3t

de Mg' le Prince de Prusse ' . Mg'^ le prince Henri* in*a témoigné icy beaucoup de bienveillance. Je me flatte que son auguste famille me conservera les mêmes boutez quand mes profonds respects luy seront présentés par vous. Adieu y Monsieur^ vous augmentez bien mes regrets. Comptez que Y.... vous sera attaché toute sa vie.

capable dé tout pour acquérir cle ^autorité , ayant de Pesprit) maïs encore plus de fausseté , d'une humeur altière , inquiète, frondeuse et tracassière (Menu du ck. de La Touche). Yoy. Biogr, Unîp., Il, 35.

' Le Prince Royal ^ frère puîné du grand Frédéric ^ père de Frédéric-Guillaume II et aïeul de Frédéric-Guillaume 111 , actuellement régnant.

* Second frère du grand Frédéric. (Voy. Biogr, TJniv,, XX , 181 .) Lord Tyrconnell (Mémoire cité), lui accorde des mœurs plus douces que celles de ses aînés, un caractère plus calme, un naturel compatissant et généreux ^ mais un esprit indécis, ami du repos et de la magnificence. Le chevalier de La Touche lui reproche de la hauteur et des goûts infâmes, malgré la beauté de Ift princesse, son épouse, qui réunissait ^ dit-il, toutes les, qualités brillantes et aimables.

32 LETTIIES DE VOLTAIRE.

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