AU MÊME
Ce samedi, 29 juillet.
Je réponds sur-le-champ, Monsieur, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire hier; mais je ne sais (juand la mienne vous parviendra. Je n'ai point de poste où je suis; il faut une occasion.
A Ous me demandez, Monsieur, une décision générale sur votre joli ouvrage, et je ne suis pas encore trop en état de vous la donner, quoique je l'aie relu deux fois. Il faut que j'en fasse un plus grand examen, et que j'v réfléchisse davantage. Voici pourtant ce qui m'a d'ahord frappé : votre versification me paraît aisée, noble et pleine d'esprit et de sentiment; mais, au premier coup d'oeil, elle me semble un peu verbeuse; il y aurait quelques retranchements h faire, et ce ne serait pas là le plus difficile.
Ce qui le serait davantage. Monsieur, c est Vinventioji. Vous n'avez rien ajouté au conte de La Fontaine pour le fond, et je désirerais que vous imaginassiez quelque incident qui rendît ce sujet encore plus touchant. Ne pourrait-on ])as, par exemple, établir que Clitie n'a montré antérieurement tant de rigueurs à Fédéric que parce qu'elle l'aimait et qu'elle avait de la vertu? Elle s'est crue obligée, du vivant de son mari, à le maltraiter, par