DES
Les documents qu'on va lire et qui forment, en le couronnant d'inie manière aussi piqvuinte qu'imprévue, le complément de ce livre, nous sont parvenus trop tard pour que nous ayons pu les mentionner dans Y Introduction. Nous le refjrettons vivement : car il nous eût été agréable de payer dès lors la dette de reconnaissance que nous avons contractée envers M. Génie, qui, avec une obligeance égaie à l'aménité de son caractère, à la distinction de son esprit, a bien voulu nous les communiquer ' ; mais pour être exprimés ailleurs qu'à la place qui leur était naturellement assignée, nos remercîments n'ont rien perdu de leur force et de leur sincérité.
Les manuscrits où nous avons puisé les documents en question , se composent de deux volumes petit in-^", reliés avec luxe, dorés sur tranclie, et copiés avec le plus grand soin par Collé lui-même.
* M. Génie, ancien maître des requêtes au conseil d'Etat, ancien conseiller référendaire à la cour des comptes, et de 1832 à 1848, chef du cabinet au ministère de l'instruction publique et an ministère des affaires étrangères; commandeur de la Légion d'honneur.
330 FRAGMENTS INÉDITS
Le premier, qui est entièrement inédit, contient les Commentaires sur les meilleures tragédies de Voltaire; le second, dont une partie a été publiée, renferme des parades, des tragédies pour rire, et quelques scènes de guinguette '.
Dans le premier volume, Collé a transcrit littéralement celles des tragédies de Voltaire qu'il voulait soumettre à sa critique (OEdipe, Zaïre, Alzire), et il a placé ses Coninientaires au bas de chaque page, en les séparant du texte par une ligne tracée à l'encre rouge.
Indépendamment de ces Commentaires, il a fait suivre les deux premières tragédies [OEdipe et Zaïre) , d'un Examen du plan et des caractères ; mais il s'est aperçu des longueurs et redites auxquelles ce mode de procéder l'entraînerait, et il s'est ravisé. « Il faut éviter, dit-il, la » pédanterie de son art, et ennuyer le moins que l'on » peut. Pour cette raison, je ne ferai plus, à la fin de
* D'après une indication fournie par M. F. Barrière, ces deux volumes auraient ori^finairement appartenu au prince de Tallevrand, et, suivant une note établie en tête du Journal de Collé par son éditeur, — qui n'est autre que le célèbre bibliofjraphe liarbier, — ils étaient, eu 1807, en la possession de M. Desprès, auteur dramatique et secrétaire des commandements de S. A. I. le prince Louis, depuis roi de Hollande. Des mains de 31. D<'sprès, ils sont successivement parvenus dans celles de M. Barrière et de 3Î. Génie. 3Iais le nombre de ces volumes est incomplet; le troisièiîie mau<jue, et peutêtre même aussi le quatrième; car, selon les propres indications de Collé, — voyez page 251, — ses Commentaires sur les tragédies de Voltaire formaient à eux seuls trois volinnes : un seul a été retrouvé.