A MONSIEUR OCTAVE MIRBEAU
12 Octobre 1903,
Cher confrère,
Ce n'est qu'avant-hier que j'ai reçu votre lettre du 26 mai !
Je crois que chaque nationalité emploie différents moyens pour exprimer dans l'art l'idéal commun, et que c'est à cause de cela que nous éprouvons une jouissance particulière à retrouver notre idéal exprimé d'une manière nouvelle et inattendue. L'art français m'a donné jadis ce sentiment de découverte quand j'ai lu pour la première fois Alfred de Vigny, Stendhal, Victor Hugo et surtout Rousseau. Je crois que c'est ce sentiment qu'il faut attrihuer la trop grand< importance que vous attachez aux écrits d( Dostoievsky et surtout aux miens. Dans tousl les cas, je vous remercie pour votre lettre et votre dédicace. Je me fais une fête de lire votre
nouveau drame.