‹ Correspondance inédite;Chapitre 12 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

Spasskoié *, 19 mai 1861.

Je vous embrasse de tout cœur, cher ami Afanassi Afanassiévitch, pour votre amitié et parce que vous êtes Fet. Je désire voir Ivan Serguéiévitch, mais vous je le désire dix fois plus. Il y a si longtemps que nous ne nou& sommes vus, et, depuis, il nous est arrivé à

1. Propriété de Tourgueniev où 'se trouvait en ce moment Tolstoï.

LETTRES A FET 3i

tous deux tant de choses I Je suis très heureux de votre vie agricole ; quand j'en entends parler ou que j'y pense, je me sens un peu fier d'y avoir contribué. Ce n'est pas à moi de parler et à л^ous d'écouter. L'ami, c'est bien, mais il mourra, il s'en ira quelque pari, et on n'aura pas le temps de le suivre, tandis que la nature à laquelle on s'est uni par l'acte de Л'еп1е ou qu'on possède par héritage, c'est encore mieux. Ma nature à moi est froide^ rebutante, exigeante, encombrante, mais c'est un ami qu'on gardera jusqu'à la mort, et quand on mourra on y entrera. D'ailleurs, maintenant je me donne moins à cet ami, je suis entraîné par d'autres affaires. Dieu fasse que vous réussissiez et que les succès de Stépanovka^ nous réjouissent. Que vous écrivez et écrirez encore, je n'en doute pas.

Je serre la main de Marie Petrovna et lui demande de ne pas m'oublier. Il faudra un malheur quelconque pour m'empêcher de venir chez vous cet été; mais quand, je n'en sais rien.

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