‹ Correspondance inédite;Chapitre 29 sur 123 · De Tourgueniev · texte numérisé non relu

De Tourgueniev

écrivez. J'ai peur seulement d'exprimer celte opinion parce que je ne puis regarder froidement l'auteur dont je n'aime pas la personne. Mais il me semble que mon impression est semblables celle de tous. Encore un de fini! Je sens et j'espère que mon tour ne viendra jamais. Et je pense la même chose de vous. Je fonde des espoirs sur vous comme sur un poète de vingt ans et je ne crois pas que vous finissiez jamais. Je ne connais pas d'homme plus frais et plus fort que vous. Votre courant roule toujours en donnant la même quantité d'eau, de force. La roue sur laquelle il tombait se ^L brise, se dérange, on l'enlève, néanmoins le Щ courant avance toujours, s'enfonce quelque part sous la terre, d'oii iljaillira de nouveau et fera tourner une autre roue. Pour Dieu, ne pensez pas que je vous dise tout cela pour m'acquitter d'une dette envers vous qui me dites toujours des choses encourageantes. Non, je le pense, et le pense de vous seul.

Je voudrais vous écrire plus longuement, mais des invités viennent d'arriver et m'en empêchent.

Au revoir, cher ami. Je vous embrasse et baise la main de Marie Péli ovna. Serrez de ma part la main de Borissov, chez qui j'espère aller en automne.

J'adresse cette lettre à Mlzensk, puisque vous êtes là-bas pour les élections. Je désire tant vous voir que j'irais chez vous si c'était possible.

Л'enez chez nous au moins pour uq jour.

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