‹ Correspondance inédite;Chapitre 35 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

4 féM'ier 1870.

Cher Afanassi Afanassiévitch !

Je n'ai reçu votre lettre que le 1" février; mais si même je l'avais reçue plus tôt, jej n'aurais pu y aller.

Vous m'écrivez : « Je suis seul, seul! » Eti

en la lisant je pense : quel homme heureux, il est seul ! et chez nous il y a une femme, trois enfants et un quatrième à la mamelle, deux vieilles tantes, la cuisinière, deux femmes de chambre. Et tout ce monde va mal : la fièvre, la faiblesse, des maux de tête, la toux. C'est dans cette situation que m'a trouvé votre lettre. Maintenant on commence à aller mieux. Mais sur dix que nous sommes, je dîne encore seul avec une vieille tante, et voici deux jours que moi-même souffre de la poitrine et du côté. Aussitôt rétabli j'irai chez vous. Je rêve à vous raconter beaucoup, beaucoup de choses. J'ai lu beaucoup Shakspeare, Gœthe, Pouchkine, Gogol, Molière, et de tout cela j'ai beaucoup à vous dire. Cette année je ne reçois aucun journal ni revue, et je trouve que c'est très utile.

Ecrivez-moi, je vous prie, de temps en temps, pour que je sache si l'on peut vous trouver chez vous.

Vôtre,

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