Ecrivain et éditeur russe très connu
Asseyez-vous devant la table, recopiez tout л'о1ге récit depuis le commencement en faisant la critique sévère de vous-même et, alors, donnez-le-moi à lire.
Votre,
Cher ami Afanassi Afanassiévitch,
J'ai reçu votre lettre comme je rentrais tout en sueur du travail, la hache et la pelle à la main, c'est-à-dire à mille lieues de tout Tartificiel et surtout de notre œuvre. Après avoir ouvert la lettre, la première chose que je fis fut de lire le petit poème, et le nez a commencé à me chatouiller. Je suis venu trouver ma femme pour le lui lire, mais des larmes d'attendrissement m'en ont empêché. C'est un de ces rares poèmes où l'on ne peut ni ajouter, ni retrancher, ni changer un seul mot. Il est vivant et charmant. Il est si beau qu'il me semble ne pas être un poème de hasard mais
le premier flot d'un courant depuis longtemps endigué. Ce m'est triste à penseï', après l'impression qu'a faite sur moi ce poème, qu'il sera imprimé sur le papier, dans une revue quelconque, et que des gens le jugeront et diront : Tout de même, ce Fet est assez bon :
« Toi, ma tendre... » Mais tout est charmant. Vous n'avez fait rien de mieux.
Par le même courrier j'écris à Nikolskoié pour qu'on envoie chercher la jument; je m'en réjouis et vous remercie ainsi que Pierre Afanassiévitch^ Cependant écrivez-moi pour le prix. Je viens de siéger comme membre du jury pendant une semaine ; ce fut très intéressant pour moi et 1res instructif.
Le 15 mai je pars à Kharkov, et après je m'arrangerai de façon à venir vous voir. Ne me laissez pas sans nouvelles.
Transmettez, je vous prie, mon salut à Marie Pétrovna.
Je vous souhaite la visite de la muse ! Vous me demandez ce que je pense du poème ! Mais