‹ Correspondance inédite;Chapitre 43 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

18 juin 1871.

Je vous remercie pour votre lettre, chéri ami. Il me semble que ma femme a eu une fausse peur en m'envoyant au koumiss eti

tachant de me convaincre que j'étais malade. Quoi qu'il en soit, après quatre semaines ici, il me semble que je suis tout à fait rétabli, et, ce qui est un heureux symptôme, pendant la cure au koumiss, je suis en sueur du malin au soir et y éprouve du plaisir. Il fait très bon ici et, si ce n'était l'éloignement de la famille, je serais parfaitement heureux. Si je commençais à décrire le pays et mes occupations, je remplirais cent feuilles.

Je lis Hérodote, qui, avec beaucoup de détails et d'exactitude, décrit ces mêmes sites oii je vis.

J'ai commencé cette lettre hier et j'ai écrit que j'étais bien portant. Aujourd'hui, de nouveau, je ressens une douleur au côté. Je ne sais pas moi-même jusqu'à quel point je suis malade, mais c'est déjà mal d'être obligé de penser à mon côté et à ma poitrine et de ne pouvoir n'y pas penser.

Depuis trois jours il fait terriblement chaud. Dans la roulotte il fait chaud comme dans une éluve, mais cela m'est agréable.

Le pays est beau par son âge ; il commence

juste à sortir de la virginité, par la richesse, la santé et surtout la simplicité et la pureté des mœurs du peuple.

Gomme partout, je cherche s'il n'y aurait pas lieu d'acheter une terre ici. C'est pour moi une occupation et le meilleur prétexte pour connaître la vraie situation du pays.

Il reste encore dix jours pour atteindre la fin des six semaines, alors je vous écrirai et nous nous arrangerons pour nous voir.

Que Dieu nous aide dans votre travail. A^ous avez plusieurs fardeaux, mais le plus pesant et le plus intéressant de tous, c'est Pétia. Embrassez-le pour moi.

Nos ami liés à Marie Pétrovna.

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