‹ Correspondance inédite;Chapitre 44 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

20 février 1872.

J'ai été triste en apprenant que vous étiez venu à Moscou, et encore plus triste quand, ces jours derniers, y revenant pour la deuxième

fois, j'ai appris que, la veille, vous veniez de partir.

Pourquoi ne pas m'avoir écrit un mot de votre situation? Je puis rester des années sans écrire à mes amis, mais quand l'un d'eux se trouve dans le malheur, ce m'est honteux et pénible de l'ignorer. Ecrivez-moi comment vous allez maintenant. INe travaillez pas trop à votre justice de paix. Vous me le conseillez depuis lonpjtemps et je crois que vous avez encore plus besoin de repos que moi. Voilà neuf ans que je ne vous connais pas un jour de calme et de tranquillité.

A Moscou, j'ai voulu aller prendre de vos nouvelles chez Botkine, mais je suis tombé malade au lit, à peine si j'ai pu revenir à la maison. Maintenant, cela va mieux. Chez nous, tout va bien, et vous ne reconnaîtrez pas la maison. Voilà tout un hivei* que nous profitons des nouvelles constructions.

Une autre nouvelle : J'ai de nouveau ouvert une école, et, ma femme et mes enfants, tous y collaborent, et tous sont contents.

J'ai terminé mon syllabaire; il est à l'impri-

merie et je commence à écrire une œuvre très intéressante^ dont je ne parlerai pas, non seulement dans une lettre, mais même de vive voix, bien que vous soyez celui à qui Ton peut tout raconter.

En écrivant celte lettre, je me rappelle depuis combien de temps nous ne nous sommes vus. Écrivez-moi, je vous prie, avec beaucoup de détails.

Ma femme et moi envoyons un souvenir affectueux à Marie Pétrovna. Comment va-t-elle?

Au revoir.

Votre ami sincère,

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