‹ Correspondance inédite;Chapitre 52 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

Mars 1874.

Chez nous, un mallieui' après l'autre. Vous et Marie Pétrovnanous plaindrez certainement et plaindrez surtout Sophie. Notre fils cadet, un enfant de dix mois, est tombé malade il y a trois semaines, de cette terrible maladie qu'on appelle hydrocéphalie, et, après trois semaines d'atroces souffrances, il est mort avant-hier. On Га enterré aujourd'hui. C'est pour moi très pénible, à cause de ma femme, mais pour elle qui a allaité cet enfant, c'est affreux.

Vos éloges d'Anna Karénine me sont très agréables, et d'après ce que j'ai entendu dire, partout on en dit du bien. Mais je suis sur qu'il n'y eut jamais auteur aussi indifférent que moi au succès.

D'un côté, les affaires de l'école; de l'autre, unu chose étrange, le sujet d'une nouvelle œuvre' qui m'a accaparé juste au moment le plus pénible de la maladie de l'enfant, et cette maladie elle-même, et la mort.

Votre poème me paraît l'embi'yon d»' (|iielque

Ns CORRESPONDANCE INÉDITE

chose de beau. Comme pense'e poétique, il m'est tout à iait clair, mais comnie œuvre de la parole, il m'est tout à fait vague.

J'ai reçu de Tourgueniev la traduction, publiée dans le temps, des Deux hussards, et une leltre écrite à la troisième persoune, oui me demande de faire savoir si je lai reçue, et m'informe que M"'*' Viardot et Tourgueniev traduisent d'autres de mes nouvelles, ce qui pour moi est parfaitement inutile.

Je remercie beaucoup Pierre Afanassievitch pour la généalogie des chevaux. Je crains seulement que le jeune trotteur ne soit trop lourd : le vieux me plairait mieux.

Nous serions très heureux, ma femme et moi, si vous et Marie Pétrovna veniez nous voir, ne fût-ce que pour un jour.

Vôtre,

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