L. Tolstoï
22 octobre 1874.
Cher Afanassi Afanassievitch, Il me faut absolument acheter des terres à Nikolskoié. Pour cet achat, je dois emprunter sur hypothèque de ces terres dix mille roubles, pour une année. Peut-être auriez-vous de l'argent à placer? Si oui, écrivez à Ivan Ivanovitch
Orlov à Tcliern, village de Nikolskoié; il se rendra chez vous pour régler les détails, et c'est lui qui s'occupera de cette affaire, tout à fait indépendante de nos relations.
Je n'ai pu encore répondre à votre dernière lettre, bien que je vous en sois très reconnaissant.
Avec quel plaisir je viendrais chez vous, mais je suis si pris par Técole, la famille, la terre, que je ne vais même pas ù la chasse. J'espère être plus libre cet hiver.
Notre salut à Marie Pétrovna.
28 décembre 1874.
Nous venions de dire, ma femme et moi, combien nous nous ennuyions sans vous et sans nouvelles de vous, et juste nous avons reçu votre lettre, avec la promesse de venir chez nous en compagnie de Pierre Afanassievitch, ce qui est encore mieux.
Aussitôt votre lettre reçue, ma femme vous a répondu a Moscou, chez Borissov, et j'y ai ajouté
une petite lettre pour Pierre Afanassievitch, que j'avais écrite avant de recevoir la vôtre.
En général, de toutes façons nous ne sommes pas coupables, et principalement nous ne pouvons être accusés de ne pas vous aimer et de ne pas apprécier votre affection.
Depuis le commencement de l'hiver, nous avons eu toute une série de malheurs, mais maintenant, Dieu merci, la vie normale reprend son cours. C'est pourquoi nous serions d'autant plus contents de vous voir, ainsi que Pierre Afanassievitch. Faites-nous savoir quand il faudra vous envoyer des chevaux à la gare.
Au revoir.
Vôtre,