La Pensée russe
132 COHRESPONDANCE INEDITE
Kiev et à Л^огоЬ1еука, très prochainement, et alors je vous raconterai tout. Maintenant, je ne répondrai qu'à vos questions.
Mes Décembrisles * ! Dieu sait où ils sont ! Je n'y pense même pas et si j'y pensais, si j'écrivais, je me flalte de l'espoir que l'odeur de mon seul esprit serait insupportable à ceux qui tirent sur les hommes pour le bien de l'humanité. Mais je dois vous dire que je ne lis pas de journaux, et que je considère même comme un devoir de détourner tous de cette funeste habitude.
Voici un homme vrai, un brave homme, il est assis chez lui, à Vorobiovka, il a digéré deux ou trois pages de Schopenhauer, il les a traduites en russe, il a terminé une partie de billard, il a tiré une bécassine, admiré les poulains de Zakrass, il est avec sa femme, il boit un bon thé, fume, il est aimé de tous et aime tous, et tout à coup on lui apporte une feuille humide, puante; elle est désagréable au toucher, fait mal aux yeux et soulève dans le cœur