‹ Correspondance inédite;Chapitre 81 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

Cher Afanasgi Afanassiévitch,

Je vous remercie de ne pas m'oublier. Je vous en prie, ne m'en veuillez pas si j'ajourne encore mon voyage chez vous. Je ne saurais dire ce qui, jusqu'à présent, m'en a empêché, car il n'y a rien de sérieux, mais toujours de petites choses.

Aujourd'hui, les précepteurs sont partis; demain, il faut aller à Toula, et causer au lycée à propos des examens, ensuite c'est une petite indisposition, etc. Mais la cause principale c'est cependant les examens des enfants : on ne fait rien, il est vrai, mais on a le désir de

faire quelque chose. Les examens ne se passent pas tout à fait bien. Serge, par son étourderie et son manque d'habitude, fait des fautes aux compositions écrites, et il n'y a plus moyen d'y remédier. Maintenant l'examen est plus qu'à moitié passé et j'espère que plus rien ne me retiendra. Une des causes, c'est le beau printemps. Il y a longtemps que je n'ai joui de la nature comme cette année. On est debout, la bouche ouverte, on admire, on craint de faire le moindre mouvement pour ne laisser échapper quelque chose.

Chez nous, Dieu merci, tout va bien. Ma femme est partie à Toula avec les enfants, moi je lis de bons livres, et ensuite j'irai faire une promenade de quatre heures.

Ne vous dérangez pas, je vous prie, à cause de moi, et faites ce que vous avez à faire. Si je viens cliez vous et ne vous trouve pas (ce qui n'arrivera pas), ce sera bien fait pour moi. Une autre fois, je viendrai à temps.

Nos saints à Marie Pétrovna.

Vôtre,

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