J.-J.-E. SEDILLOT A ALEX. DE HUMBOLDT
Paris, 25 mars 1822.
Voici, Monsieur, le mémoire de Dupuis, que je retrouve à côté du mien ; quant à celui de M. Fourier, je ne l'ai pas, et je vous avouerai que je ne l'ai jamais
lu, d'où vous pouvez conclure que je ne Tai jamais vu. Si vous traitez la question du zodiaque de Denderah, nous serons fort heureux ; votre position vous le permet. Cette question n'a pas cependant toute l'importance qu'on voudrait y attacher ; elle doit être prise de haut et considérée comme un très-mince épisode d'un très-grand poëme, où n'entre pour rien, ou pour presque rien, ce qu'on appelle science, calcul et observation, mais dont lo, recomposition exige autant de sagacité que de talent, d'érudition que de bonne foi, et par-dessus tout l'habitude de réunir les faits, de les considérer dans leur ensemble, d'en ressaisir les plus secrets rapports, et d'en faire ressortir les conséquences, de les revêtir enfin de tous les ornements du style, en un mot, de les exprimer avec vérité, précision et clarté. C'est pourquoi je vous l'adjuge, en continuant de me dire et d'être effectivement un de vos plus sincères admirateurs (99 ftis).
Sédillot.
Nous avons été séparés hier, mon cher et excellent confrère, au moment où je voulais vous demander la faveur de pouvoir vous faire une petite visite conjointement avec mes deux compatriotes, MM. de Dechen et d'Oyenhausen. Seriez-vous un peu libre jeudi vers les deux heures ? Peut-être aurez-vous la grâce de nous
faire voir quelques objets sur lesquels vous avez répandu de si vives lumières !
HUMBOLDT
Les roches amphiboliques de Fîgeac ?
Vos idées sur les vendelstein de Kim et Oberstein, sur les variolites, auxquels je ne comprends rien.
Je regrette bien qu'un engagement chez sir Gh. Stuart et l'arrivée d'un ministre que mon gouvernement envoie à ces simulacres de rois à Madrid, me privent du plaisir d'accepter votre aimable invitation pour le dîner des professeurs.