‹ Correspondance inedite scientifique et littéraireChapitre 22 sur 41 · III. Régions froides · texte numérisé non relu

III. Régions froides

Mexico, hauteur 2276 mètres; temp. moy. 17®, de jour, 16®-21®, de nuit, 1 3®- 1 5® dans les mois les plus chauds; 11® 5-1 5® et 0®-7® dans les nuits les plus froides.

Quito, hauteur 2908 mètres; temp. moy. 14® 4; de jour, 15®6.19®3; de nuit, 9®-ll®; maxim. 22®; minim. 6®.

Micciupampa, hauteur 3618 mètres ; de jour, 5®-9®; de nuit, 4- 2®à— 0®4.

Les Paramas, endroits montagneux dans lesquels il tombe presque journellement de la neige, ont une hauteur qui excède 3400 mètres et une température moyenne de 8® 4 .

A la limite inférieure des neiges perpétuelles (4800 mètres), le thermomètre centigrade se soutient le jour, entre 4® et 8® ; la nuit entre — 2® et — 6®. La constance du climat sous la zone équatoriale est telle que la tempe rature moyenne des mois les plus chauds et les plus

froids est à Gumana sur le littoral de 29"* et 26*" ; à Santa- Fé de Bogota (à 1366 toises de hauteur au-dessus du niveau de la mer), de 16° 8 et 14'' 9.

La température variant très-peu dans l'Amérique espagnole, sous la zone équatoriale, on peut se former une idée assez précise du climat des Cordillères en le comparant à la température de certains mois en France ou en Italie. On trouve pendant toute l'année, dans les plaines de rOrénoque, le mois d'août de l'Europe ; à Popayan, le mois d'août de Paris. J'ai donné une description abrégée des hautes régions des Andes dans les Vues des Cordillères, t. I, p. 279-288 ; et dans ma Géographie des Plantes, in-4'', p. 38, 61, 69.

Voici, Monsieur, les renseignements que je vous offre sur : 1® les faits historiques à comparer avec Munoz et Glavigero ; 2® l'area de l'Amérique ; 3** la hauteur de ses montagnes ; i^ le climat ; 5** le nombre des habitants d'après la diversité des couleurs, des cultes et des langues ; 6® les qualités physiques et morales des habitants; 7® leur ancienne civilisation étudiée dans leurs rites , monuments , hiéroglyphes , division du temps ; 8" les richesses métalliques ; 9** le commerce ; loties finances.

Daignez excuser, Monsieur, la rédaction confuse de ces lignes et agréer l'hommage affectueux de ma haute considération .

A. HUMBOLDT

Paris, ce 15 septembre 1825.

Ce lundi 25 octobre 1825.

M. de Humboldt a eu l'honneurd'adresser à M. de

La Roquette un exemplaire de V Histoire d'Amérique de Robertson et une longue lettre renfermant quelques renseignements sur les changements à faire à cet ouvrage. Il y a plus d'un mois que cet envoi a été fait, et M. de H. voudrait bien être sûr qu'il est arrivé à sa destination (108).

Ce lundi 25 octobre 1825.

Tous VOS intérêts me sont chers et pour vous prouver que je les soigne, je m'empresse de vous dire que le prince russe Alexandre Labanof qui vient de publier chez Firmin Didot un catalogue des caries et manuscrits stratégiques de sa bibliothèque, fait acheter par le géographe Picquet, près de l'Institut, au quai, des manuscrits français. Il a acheté un traité de l'approvisionnement des places de Vauban, une tactique prussienne, un traité d'artillerie. Je trouve tous ces manuscrits cités page 490 de son catalogue. Peut-être en plaçant votre manuscrit stratégique (110) chez Picquet qui est un homme très-recommandable, vous trouveriez à vous en défaire, mais tâchez bien, mon cher et illustre confrère, de vous faire payer. Dans les langues slaves acheter et payer ne sont pas toujours

synonymes.

Mille amitiés,

Ce mercredi.

Paris, 21 mars 1825.

Monsieur, J'ai parcouru, Monsieur, avec un bien vif intérêt le nouveau numéro du Bulletin de notre société dont vous êtes le Rédacteur, et qui forme pour ainsi dire un ouvrage tout à fait différent des numéros précédents (111). La reconnaissance que je dois à la France pour la noble hospitalité exercée envers moi depuis tant d'années, m'impose le devoir de faire connaître, avant tout, les savants travaux des voyageurs français. Vous connaissez par les mémoires communiqués à l'Institut et les rapports de M. Guvier la prodigieuse masse d'observations, de mesures, d'analyses... faites par M. Boussingault, professeur de chimie à Bogota. Ce voyageur a récemment changé toute la géographie de la Meta : il a aussi nivelé le chemin de Caracas à Bogota. Les mémoires de chimie et de physique envoyés par MM. Boussingault, Rivero et Roulin à MM. Arago, Gay-Lussac et à moi ont été successivement publiés dans les Annales de chimie; mais il reste dans les lettres de ces voyageurs encore bien de petites notions Qt des mesures à publier qui, en les coordonnant chronologiquement, pourraient trouver place dans votre Bulletin. On intercalerait en abrégé ce qui a plus particulièrement rapport à la géologie. J'ose vous demander. Monsieur, si vous croyez pouvoir employer ces fragments que j'ai le devoir de faire insérer dans

un journal français, sous ce titre : Extrait des lettres adressées à M. de Humboldt par M. B. (j'y ajouterai quelques notes). Si vous accédez à ma proposition, Monsieur, les notes a et b seraient refondues par moi dans les extraits, et je vous prierais de ne pas les insérer séparément. Il y aura beaucoup de chiffres, et je suis malheureusement forcé de vous demander d'imprimer le tout sans restriction : c'est une obligation que j'ai contractée envers M. Boussingault, qui veut déposer quelque part les premiers résultats de ses précieux travaux. Je vous prie, Monsieur, de refuser très-franchement si ces extraits, qui formeront au plus, je crois, 12-15 pages, ne vous paraissent pas propres à être consignés dans votre Bulletin. L'intéressant extrait que M. Larenaudière a donné récemment de l'ouvrage de M. MoUien me fait croire que vous attachez quelque prix aux questions sur Golombia.

Agréez, Monsieur, l'expression de ma haute considération,

Humboldt.

Paris, quai de l'École^ n" 26, ce jeudi.

P. 60, n'y a-t-il pas quelque faute d'impression : Hita est sans doute Piedrahita ; S. de Driedo? est-ce Oviedo ?

Sineros, est-ce Ci^neros ?

Ce n'est pas un blâme, mes propres ouvrages sont remplis de ces erreurs involontaires.

Le voyage de M. MoUien renferme des notions très-

utiles et précieuses sur des contrées d'Amérique, qu'il a visitées le premier, et le noble courage qu'il avait déployé sur les bords de la Gambia, le rend bien digne de l'intérêt public.

Oserais-je vous prier. Monsieur, d'insérer dans votre prochain numéro la note ci-jointe sur le Pérou, et de m'en adresser une épreuve pour la corriger moi-même, à cause de mon horrible écriture.

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