Du système social et des lois qud le régissent
10. Sur la statistique morale et les principes qui doivent en former la base, 1848;
11. Annvxiire de l'Observatoire royal de Bruxelles, 1833-1857;
12. Divers mémoires dans la Correspondance physique et mathématique de Belgique, publiée sous sa direction et dans les Annales de V Observatoire.
On lui doit, en outre, plusieurs notices biographiques, parmi lesquelles nous nous bornerons 4 citer celles qu'il a consacrées à Arago et à Humboldt.
(165) P. 368. — Voir la 1" lettre à Helmersen, p. 362 ; et sa notice, p. 451 des Biographies et Notes.
(167) P. 369. — \^ lettre à Benzenberg, du 10 mai 1837.
BENZENBER& (le doctcur et professeur J. J.), né au mois d'avril 1777, après avoir reçu une bonne éducation, entra à l'Université de GOttingue, où Brandès, dont il devint bientôt l'ami, se trouvait également. Tous deux laborieux et avides de s'instruire, s'occupèrent simultanément à chercher les principes qui ont été admis sur les phénomènes qu'offrent la
marche, la hauteur, le nombre, et enfin sur tout ce qui peut se rattacher à la connaissance des étoiles filantes. C'est à ces deux jeunes étudiants qu'on doit les premières études régulières faites par eux sur ces météores en 1798. Ces néophytes s'attachèrent spécialement à déterminer leur hauteur, leur vitesse et leurs trajectoires, et publièrent, à Hambourg, en 1800, les résultats de leurs recherdies en un volume in-S®, intitulé : Essai sur la détermination de la distance, de la vitesse et des trajectoires des étoiles filantes. (Versughe dik Entfertnung, dik Geschwindigreit und die Bahnbn der Sternsghnuppen zu Bestimmen.) Ils furent encouragés par le vénérable docteur 01bers qui, bientôt après, devait enrichir la science par la découverte de Pallas et de Vesta, et par l'attention qu'avait portée Chladni, l'ingénieux auteur du Traité d'acoustique et des belles expériences sur les vibrations des corps sonores, sur ^e nouveau champ de découvertes qui s'ouvrait devant les physiciens. L'étude du phénomène fut encore excitée par l'observation faite vers la même époque (15 novembre 1799) en Amérique par Hnmboldt, d'une nombreuse et brillante apparition d'étoiles filantes. Sans connaître les nouvelles recherches des professeurs Brandès etBenzenberg, M. Quetelet, directeur de l'Observatoire de Bruxelles, avait commencé lui- même en Belgique une série d'observations sur le même stijet, qui lui attira une lettre de Benzenberg, datée de Dusseldorf (6 avril 1837), et. imprimée dans la Correspondance mathématique et physique , t. IX, p. 152. Benzenberg, qui déjà, en 1798, avait eu à Gôttingue l'idée que les étoiles filantes donneraient un excellent moyen de déterminer les différences géographiques de deux montres qui seraient à une très-grande distance l'une de l'autre, par exemple, de cinquante lieues, publia à ce sujet à Hambourg, en 1802, un écrit intitulé : Sur la détermi/nation des longitudes géographiques par les étoiles filantes. (Deber die Bestimmung der geogr. Langen durch Sternschnuppen.) Différant sur quelques points avec Chladni, il lui proposa, en 1817, de développer chacun leurs opinions dans les Annales de Gilbert^ ce qui fut fait, ainsi qu'on peut le voir dans le volume XXXVIII de ce recueil pour 1818. La lecture qu'il fit
Fanûée suivante de l'ouvrage de Ghladoi sur les météores ignés, et des pièces relatives à l'histoire et à la connaissance des mè^ téorolithes de Schreiber, publiés tous deux à Vienne en 1819^ lui firent modifier, ou pintdt changer entièrement ses idées, au mois de mai 1833. Il admit alors que toutes les étoiles filantes devaient être projetées par des volcans lunaires^ et qu'elles avaient une vitesse qui surpassait 8,000 pieds par seconde, par suite de quoi elles tournaient autour de la terre comme de petites lunes. Il publia en conséquence l'écrit suivant : Les étoiles filantes sont des pierres lancées par les volcans de la lune^ qui ont un diamètre de l àb pieds, et qui ayant atteint une vitesse de 8,000 pieds par seconde, ne retonibent pas sur la lu/ne, mais circulent autov/r de la terre par millions. Benzenberg avait pris pour inscription cette phrase originale de Lichtenberg, son ancien professeur à l'Université de Gôttingue, le même que Brandès'et lui avaient consulté en 1798, et qui leur avait avoué qu'il manquait comme eux de lumière sur l'objet de leurs préoccupations : tu La lun£ est un voisin incommode, qui salue la TERRE EN LUI LANÇANT DES PIERRES. » Ce fut quatre aus après cette publication que Humboldt lui écrivit les deux lettres des 19 mai et 22 octobre 1837, que nous donnons ici p. 369 et 371, dans lesquelles l'illustre Prussien parle d'un mémoire sur les planètes, les comètes et les aérolithes que Benzenberg préparait, ainsi que d'un ouvrage que ce même savant voulait lui dédier. Il est probable que c'est celui qui a été imprimé à Hambourg en 1839, sous le titre de : Les étoiles filantes (die Sternschnuppen); nous ignorons si Benzenberg en a fait paraître d'autres. Nous savons seulement qu'il apprenait le 6 avril 1837, à M. Quetelet, la mort de leur ami commun, Brandès, arrivée au mois d'avril 1834. Retiré lui-même à Dusseldorf, où il avait établi à ses frais un petit observatoire et s'occupait toujours de science, Benzenberg y a terminé depuis quelques années sa laborieuse carrière.
(168) P. 370. — N'ayant pu trouver les informations sur les aérolithes que Humboldt demandait au professeur Benzenberg,
nous avons cru devoirles réclamer de Tobligeance de M. Daubrée, président de la Société géologique de France et membre de l'Académie des sciences^ qui s'est occupé spécialement de ce sujety auquel personne n'a jusqu'ici fait faire plus de progrès que lui. Sa réponse, que nous donnons ci-après, est certainement la meilleure note à offrir à nos lecteurs. Nous avions transmis à ce savant une copie littérale de la lettre de Humboldt :
<i Les météorites ont en effet été, nous écrit M. Daubrée, l'ob- » jet d'études approfondies depuis quelques années. On a exa* » miné avec soin leur nature cbimique et leur composition » minéralogique, ce qui a permis de les rapporter à un certain » nombre de types très-différents, bien que liés entre eux par » certaines analogies dont le fer et les siliates exempts de fer » forment les deux termes extrêmes. De plus, on est arrivé, sur- » tout dans les derniers temps, à déterminer approximativement y> les trajectoires que décrivent les bolides qui sont suivies de la D chute des météorites, les prenant au moment où elles commen- » cent à être lumineuses à des hauteurs très considérables dans » notre atmosphère. On a pu reconnaître que leur vitesse est eu ï> général très-considérable et comparable à celle des planètes. » Quant aux orbites que décrivent ces astéroïdes, dans les es- » paces célestes avant de nous apparaître, ce qui forme Tobjet » des observations de M. de Humboldt, que vous voulez bien » me communiquer, on reste tout à fait dans le domaine des D conjectures, et on ne saurait rien ajouter de concluant aux » suppositions de l'illustre savant dont vous allez faire connaître, » sans nul doute, beaucoup d'idées et de particularités trèsy> dignes d'intérêt. )>
(167) P. 371. — Voir la 1^^ lettre à Benzenberg, p. 369, et sa notice p. 453 des Biographies et Notes.
(169) P. 373. — 1^* lettre à L.-P.-E.-A. -Sédillot, du 17 décembre 1837.
Sédillot (Louis-Pierre-Eugène-Amélie), orientaliste français, le plus jeune des fils de Jean-Jacques-Emmanuel Sédillot, auquel
nous avons consacré une courte notice sous le n^ 98, p. 418 des Biographies et Notes, et qui s'était fait un nom par ses travaux comme orientaliste et comme astronome. Né à Paris le 23 juin 1808, le jeune Sédillot reçut une excellente éducation sous la direction de son père dont il s'attacha à suivre les traces. Reçu au concours, en 1831, agrégé d'histoire, il professa cette science, d'abord au collège Bourbon, puis à celui d'Henri lY et enfin à Saint-Louis. A la mort de son père, arrivée le 9 août 1832, il devint secrétaire du collège de France et de l'École des langues orientales vivantes. Nous avons dit dans notre Notice sur Jean-Jacques-£mmanuel que son fils avait publié le Traité, de son père, sur les instruments astronomiques des Arabes ; nous ajouterons ici qu'il le compléta par un Mémoire sur le même sujet, inséré dans le Recueil des savants étrangers , et tiré à part sous le titre de Supplément au Traité dHaboul-Hassan. Parmi les autres ouvrages qu'Amélie Sédillot fit paraître plus tard, nous citerons :
— Manuel de chronologie u/niverselle, ouvrage qui a eu quatre éditions, la première en 1835, 1 vol. in-18, et la quatrième en 1850, 2 vol. in-18 ;
— Recherches nouvelles pou/r servir à Vhistoire des sciences mathématiques chez les Orientaux, 1837;
— Mémoire sur v/n sceau du sultan Schah-Rokh^ fils de Tamerlan, 1840, in-8o;
— Mémoire sur les systèmes géographiques des Grecs et des Arabes f en particulier sur la coupole d'Arine, 1824, in-4o ;
— Matériaux pou/r servir à l'histoire comparée des sciences m^athématiques chez Us Grecs et les Orientaux ^ 1845-1850, 2 vol. in-8« ;
— Prolégomènes des tables astronomiques d'Oloug^Bey, texte, traduction et commentaires (1846-1853), 2 vol. in-8° ;
— Histoire des Arabes, 1854, in-12.
Outre ces ouvrages, Sédillot a publié deux lettres au baron de Humboldt, su/r quelques points de V astronomie orientale; la première, su/r les travaux de l'École arabe, Paris, 1853, in-8® de 32 pages, et la seconde, sur quelques points de l'histoire de l'As-
tronomie et des Mathématiques chez les Orientaux^ Paris, 1859, in-8° de 29 pages, plusieurs articles dans le Journal de la Société asiatique, le Journal des savants, la Revus encyclopédique, dans la Revue britannique, dans le Bulletin de la Société de géographie, etc. Il a fait différentes communications à Tlnstitut sur rËcole sci^tifique des Arabes, qui ont été mentionnées dans ses comptes-rendus.
(169 Ms) — Le mot Arym, en persan, veut dire premier. Quant à la question de ce qu'on a appelé coupole d'Arym on A'Arine, elle a été traitée avec tous les développements nécessaires par M. L.-A. Sédillot dans un travail spécial publié en 1842, et intitulé : Mémoire sur les systèmes géographiques des Grecs et des Arabes et en particulier de la coupole d'Arine, servant, chez les Orientaux, à déterminer la position du premier méridien dans renonciation des longitudes. M. Sédillot a complété ce travail dans le tome second de ses Matériaux powr servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs elles Orientaux, ^.^h\ et suivantes; Paris, 1849. Voyez aussi Humboldt Asie centrale, Paris, 1843, t. III, p. 595 et 596.
Les Tables alphonsines, qui ont fourni de si précieux documents pour l'histoire de l'Astronomie au moyen âge, et dont il est parlé dans la lettre de Humboldt, du 17 décembre 1837, p. 375 de la correspondance, sont en ce moment Fobjet d'une publication qui inspire le plus vif intérêt. Don Manuel Rico y Sinobas, membre de l'Académie des sciences de Madrid, a été chargé par le gouvernement espagnol de réunir les œuvres du roi Alphonse X, dit à juste titre le Savant (el sabio), et déjà trois volumes in-folio ont paru sous le titre de : Libros del saber de
ASTRONOMIA DEL REY D. ALFONSO X DE GASTILLA, GOMPILADOS, ANOTADOS Y COMENTADOS POR DON RiCO Y SlNOBAS, 1863-1864.
Le savant éditeur indique dans un discours préliminaire les sources où il a puisé, il fait ressortir les nombreux emprunts du roi Alphonse à l'astronomie des Arabes ; il dit nnmot en passant de la Coupole d'Arine (t. I,) ; et, dans des dissertations qui attestent son savoir et son érudition (t. II et III), il expose
avec nne grande clarté tout ce qui se rattache aux instruments astronomiques du moyen âge. Sur ce point, les travaux des savants français lai ont fourni d'utiles données, ainsi qu'il le reconnaît au surplus, particulièrement en ce qui concerne les astrolabes et le Saphea d'Arzachelo.
D. Rico y Sinobas nous promet encore deux volumes qui compléteront cette belle publication, si honorable et pour lui et pour sa patrie.
(170) P. 434.— La lettre de Humboldt porte Malevm, mais par un renvoi mis en marge, il dit : « Sans doute il faut lire Malea ; c'est la fameuse montagne de Taprobane (Ptol., VII, 4). Voilà du moins le méridien de Langa.
. (171) P. 376. — Colomb ne dit pas la ville, mais Tile d'Arin, voir YExamm critique, p. 313.
(172) P. 376. — Ces méridiens de Mekka et de Caboul, qu'Aboul-Hassan fixe à 77® et 110'*, se réduisent d'après nos connaissances à 58^ et 86^* en comptant comme lui les longitudes depuis les îles Fortunées. Ab. 33**, nous 28*. L'erreur est que la Mecque paraissait déjà aux Arabes de 19** trop à Test. Mais comme il y a sans doute du vrai dans les longitudes relatives, nous pouvons admettre Arym que le roi Alphonse place au 72® 1/2 à peu près, par 34*» à l'est de Paris, S.
(71) P. 377. — Voir la i^ lettre à Jomard, p. 191, et la notice sur ce dernier, p. 409 des Biographies et Notes.
(173) P. 377. — I" lettre à Bomsted, du 6 septembre 1838. Nous n'avons pu nous procurer aucun renseignement certain sur lui.
(153) P. 378. — Voir la I" lettre à P. Tardieu, p. 337, et sa notice, p. 444 des Biographies et Notes.
(174) P. 379. 1'^ Lettre à de La Rive, du 11 novembre 1838.
La Rive (Auguste de), l'un des premiers physiciens et chimistes de TEurope, né à Genève, le 9 octobre 1801, était fils de Charles-Gaspard de La Rive, également célèbre et comme physicien et comme chimiste, mort le 18 mars 1834. Auguste de La Rive marcha sur les traces de son père par son goût pour les sciences et par les progrès qu'elles lui doivent. Il occupait en 1830 la chaire de physique à T Académie de sa ville natale, lorsque les troubles qui y régnaient le forcèrent de se réfugier en Angleterre où il fut parfaitement accueilli. Il s'attira l'estime des savants anglais et ses travaux antérieurs, comme ceux qu'il exécuta à la Société royale de Londres, le firent élire membre de ce corps illustre. A son retour en Suisse, il dirigea, avec une grande habileté, de 1836 à 1841, la Bibliothèque wniverselle, et reprit, lors de l'application de l'électricité à la métallurgie, presque exclusivement les manipulations chimiques qui lui avaient acquis précédemment une grande célébrité. Nous voyons dans l'une des lettres que lui écrivait Humboldt, et que nous publierons dans notre second volume, qu'il avait fait paraître un excellent Traité de l'électricité, dont le 3® volume renfermait ses idées sur l'électricité atmosphérique et sur le magnétisme terrestre, outre plusieurs articles remarquables sur ¥ Explication de la seconde coloration du Mont-Blanc, insérés dans la Bibliothèque universelle de Genève (vol. XI, p. 367, 1838 et vol. XIII, 1839). De La Rive, déjà membre de plusieurs Académies de l'Europe, a été élu, le 6 décembre 1830, membre correspondant de l'Institut, Académie des sciences (section de physique générale) et associé étranger le 11 juillet 1864.
On cite parmi ses principaux ouvrages, outre celui dont nous avons déjà fait mention: Mémoires sv/r les caustiques, 1824, in-4'* ; Théorie de la pile voltaUque^ 1836, in-8°; Archives de l'électricité, supplément à la Bibliothèque v/niverselle de Genève, ainsi qu'un grand nombre de mémoires et de notices sur des savants, ses compatriotes (1817-1854).
(175) P. 382. l"^ lettre au comte de Cancrin, du 11 avril 1839^
Les renseignements qu'on nous avait promis sur ce ministre de finances de Tempire russe ne nous sont point parvenus; si nous les recevons plus tard, ils seront placés dans notre second volume.
(176) P. 383. — Nous publierons, dans notre second volume, cette lettre à l'empereur Nicolas, portant la date du 11 août
TcHiHATCHEF (Pierre de) a justifié complètement les intentions que Humboldt lui supposait, et les espérances qu'il avait conçues avec sa sagacité ordinaire. L'illustre prussien a porté en effet sur le jeune et savant voyageur russe un jugement dont l'exactitude a été démontrée par les nombreuses et intéressantes publications que Tchihatchef a déjà fait paraître, en particulier sur TAsie Mineure, objet de sa prédilection.
Nous donnerons la biographie de cet intrépide explorateur, que le gouvernement français a nommé commandant de la Légion d'honneur et auquel notre Académie des sciences a accordé ' le 19 août 1861, le titre de membre correspondant, section de géographie et de navigation, en publiant dans notre second volume la première des lettres que lui écrivait Humboldt et dont la majeure partie a été mise à notre disposition, avec une libéralité et une confiance qui n'ont point été partagées par tous les savants français et étrangers, correspondants de Humboldt, quelques-uns, malgré leurs promesses souvent renouvelées.