HA
(83)P. 202.— l^'Metrreà L.- A. Martin, du 19 novembre 1814.
Martin (Louis-Aimé), littérateur et excellent bibliophile français, né à Lyon, le 17 avril 178-^, est mort à Saint- Germainen-Laye le 18 novembre 1847. Il a été longtemps le collaborateur du Journal des Débats, dans lequel il a inséré un grand nombre de notices, d'articles de critique, etc., et suivi d'abord la carrière du barreau, que son goût pour la littérature lui lit bientôt abandonner. Un Éloge historique de Désiré Petetin, publié par lui à Lyon en 1808 et qui obtint quelques succès, le détermina, malgré le désir de ses parents, à se rendre à Paris, où il arriva en 1809. 11 y publia en 1811 les Lettres à Sophie^ sur la physique, la chimie et Vhistoire naturelle^ qui obtinrent un véritable succès. Pourvu en 1813 d'une chaire à TAthénée, où il professa l'histoire littéraire de la France des xii% XIII® et xiv« siècles, il fut nommé deux ans après secrétaire-rédacteur de la Chambre des députés et la même année professeur de belles-lettres, de morale et d'histoire à TÉcole polytechnique, puis conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, emploi qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée à Saint-Germain-en-Laye le 16 novembre 1847.
(84) P. 202. — Humboldt recommande à M. Aimé Martin de parler de son ami et compagnon de voyage Bonpland, dans le Journal des Débats.
(85) P. 203. — Voir la notice sur Jomard, n» 71, p. 409, des Biographies et Notes.
(86 et 87) P. 204, 1'^^ lettres à P.-L.-A. Cordier, des 11 mars 1816, et 1816 sans indication de Jour, ni de mois.
Cordier (Pierre-Louis-Antoine), savant géologue et rainé ralogiste français, naquit le 31 mars 1777 à Abbeville; son père, d'abord commerçant et échevin de cette ville, vint plus tard s'établir à Paris, comme jurisconsulte. Ce ne fut qu'après avoir terminé ses études dans le lieu de sa naissance que le jeune Cordier se rendit à la un de septembre 1794 dans la ca-
pitale où il fut reçu, au mois de janvier suivant, élève à l'École dès mines. Ce fut en qualité d'ingénieur surnuméraire qu'il accompagna Dolomieu dans les Alpes, puis en Egypte lors de l'expédition frangaise. Nommé ingénieur des mines le 16 juin 1801, Cordier parcourut le district volcanique de l'Eifel et la Hesse-Rhénane, et visita, en 1802, avec le danois Biiiun-Neergard l'Auvergne, le Vivarais, etc., et s'éleva presque sur la plus haute sommité de la Maladetta. H traversa ensuite seul la Sierra Morena, vint au cap de Gates et à Gibralter, s'embarqua en 1803 à Cadix, toucha à Madère et atteignit le sommet du pic de Ténériffe. L'année suivante, il parcourut la Tarentaise^ ût un cours de minéralogie à l'école des mines de Pesey près Mou tiers, et exécuta jusqu'à 1807 de nombreuses explorations dans les départements du Tarn, du Lot et de l'Aveyron, où il exerçait les fonctions d'ingénieur, ainsi qu'en Auvergne, et publia cette même année une statistique du département du Lot. En 1808, il fit Tétude des terrains à houille de la Basse-Loire. Envoyé en 1809 dans les départements de Gènes et des Apennins, il donna un travail sur ce dernier après un séjour d'une année. Nommé ingénieur en chef au commencement de 1810, il devint inspecteur divisionnaire au mois de décembre de la même année et inspecteur général pour le sud-ouest de la France en 1832. Cordier ne put plus faire, à partir de cette époque, que de rares tournées jusqu'à son entrée au Muséum. Nommé plus tard vice-président du Conseil des mines, son service ne prit fin qu'avec sa vie qui se termina à Paris le 30 mars 1861 ; il avait atteint alors l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
Nous devons ajouter que nommé maître des requêtes en septembre 1830, il remplit les fonctions de conseiller d'État en service extraordinaire à partir de 1837 jusqu'à la révolution de février, et qu'en 1839 il fut appelé à la Chambre des Pairs. Au milieu de ses occupations administratives, Cordier, élu en 1821 membre étranger de la Société géologique de Londres et en 1822 membre de l'Académie des Sciences en remplacement de l'abbé Haiiy, continua ses fonctions de professeur de géologie au Jardin des plantes. Habile minéralogiste, on lui reproche d'avoir né-
gligé la paléontologie; il était devenu le représentant de la vieille école géologique, et avait' été l'un des fondateurs de la Société qui porte ce nom. Il parait qu'il n'a laissé aucun grand ouvrage, mais que tous ses travaux, d'ailleurs fort remarquables et trèsvariés, se trouvent consignés dans des mémoires spéciaux dont les plus importants sont contenus dans le Journal des Mmes et dans les Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle. On en trouve au surplus la liste détaillée à la suite des savantes notices que lui ont consacrtî/en 1862, M. Raulin, ancien préparateur de géologie au Muséum de Paris, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, et M. le comte Jaubert, membre de l'Institut, et surtout dans la notice fort détaillée que M. Read, son gendre, a publiée avec une liste chronologique et raisonnée des travaux de ce savant, A la suite de laquelle il a fait imprimer un mémoire posthume (de 1844) sur V origine des roches calcaires qui n'appartiennent pas au sol primordial; mémoire dont TAcadémie des Sciences ordonna, le 17 février 1862, l'insertion dans ses comptes-rendus.
(88) P. 205. — Voir la notice sur Jomard, n» 71, p. 409, des Biographies et Notes.
(89) P. 205.— Voir la notice sur Cordier, n" 86 et 87, p. 414, des Biographies et Notes.
(90) P. 206. — Voir la notice sur Bonpland, n» 64, p. 405, des Biographies et Notes.
(91) P. 209. — Voir la notice sur de Candolle, n° 74, p. 4 1 1 , des Biographies et Notes.
(92) P. 211. — Voir la notice sur Jomard, n» 71, p. 409, des Biographies et Notes.
(93) P. 212.— Madame Boselli, fille de M. Jomard, n'ayant
pu trouver dans les papiers de son père la réponse qu'il a dû faire aux questions que lui adressait Humboldt, nous avons cru devoir consulter M. Henricy-Bey, un de nos collègues à la Société de géographie, orientaliste, et ancien président de Tlntendance sanitaire en Egypte où il a résidé longtemps et qu'il connaît bien.
La réponse qu'Henricy-Bey nous a adressée le 30 juin 1864 et qu'on trouvera ci-après, remplacera celle de M. Jomard.
« C'est à ThèbeSy dans le palais de Rarnaket dans les appartements de granit de la partie la plus retirée et la plus intérieure de ce palais antique, que MM. Jollois et Devilliers ont observé, à plusieurs reprises, le phénomène acoustique sur lequel M. de Humboldtdemandedes informations à M. Jomard, le 24août 1810. Ces deux membres de la Commission d'Egypte ont mentionné l'observation de ce phénomène qui avait lieu chaque fois, à la même heure, au lever du soleil, dans le grand ouvrage de la description de l'Egypte, en invoquant le témoignage d'autres membres de la Commission, MM. Costaz, Redouté, Coutelle, Lepère et Delille.
» Je n'ai pas sous la main le volume de cet ouvrage où elle est mentionnée, ajoute M. Henricy-Rey; mais je trouve dans le volume VII, Expédition, tome V, p. 232-234 de VHistoire de Vexpédition française^ en 10 volumes, dédiée au roi, et publiée en 1839, la citation textuelle du paragraphe du mémoire de ces deux savants où ils ont mentionné avec détails l'observation du dit phénomène, dont ils essayent de donner Texplication par un changement de température presque subit qui se fait en Egypte au lever du soleil.
» C'est le même phénomène que celui de Memnon.
V Sans doute la réponse de M. Jomard à M. de Humboldt aura peu différé de celle que je m'empresse de vous transmettre. y>
Nous ajouterons à la réponse catégorique de M. Henricy-Bey, qu'on peut consulter sur cette question :
1' L'ouvrage de M. Eusèbe Sal verte, intitulé : « Des sciences occultes, ou Essai sur la Magie, les prodiges, les miracles, Paris, 1829, 2 vol. in-8^, et surtout la dissertation de Letronne, intitulée : La statue vocale de Memnon^ considérée dans ses rapports
avec VÈgypte et la Grèce^ étude historique, Paris, Imprimerie royale, in-4o, 1833.
(94) P. 212. — Voir la notice sur Malte-Brun, n» 66, p. 408, des Biographies et Notes.
(95) P. 213. —Voir la notice sur De CandoUe, n© 74, p. 412, des Biographies et Notes.
(96 et 97) P. 216. —Voir la notice sur Jomard, n^ 71, p. 409, des Biographies et Notes.
(98) P. 217. — !'• lettre à J.-J.-E. Sédillot, de mars 1822.
Sédillot (Jean-Jacques-Emmanuel), orientaliste et astronome français, membre du Bureau des longitudes, né le 26 avril 1777, à Enghien-Montmorency, est mort à Paris le 9 août 1832. Après avoir terminé ses études classiques, il fut admis à TÉcole polytechnique, que sa passion pour les langues de TAsie lui fit quitter pour entrer dans Fécole, instituée en 1795 pour renseignement des langues orientales vivantes, dont il fut un des premiers élèves. Là il se livra avec zèle à Tétude de l'arabe, du persan et du turc, et fut bientôt attaché à cette école pour aider les professeurs dans leurs travaux scientifiques ; plus tard (1814) il en devint professeur adjoint. Il avait mérité, en 1810, un des grands prix décennaux par sa traduction du Traité d'astronomie d'Aboni-Hassan, publiée après sa mort par les soins de son plus jeune fils, sous le titre de Traité des instruments astronomiques des Arabes, Lorsque Delambre eut à s'occuper de son histoire de l'astronomie au moyen âge, Sédillot, savant modeste autant que désintéressé, lui communiqua de nombreux et intéressants matériaux qui forment la partie vraiment originale de cet ouvrage. Outre le traité d'astronomie d'Aboul-Hassan, on doit à Emmanuel Sédillot quelques articles scientifiques insérés dans les Recherches asiatiques, dans le Magasin encyclopédique et dans le Moniteur; ces opuscules, notamment une Notice de la partie W/éraire des Recherches asiatiques, ont été tirés à part en un \ul. iu-8°.
Son fils, Amélie Sédillot, a été le continuateur de ses travaux.
(99 et 99 bis) P. 217 et 218. — La réponse de M. Sédillol que nous donnons à la suite de la lettre de Humboldt, offre un intérêt particulier, en ce qu'elle montre avec quelle sûreté de jugement le savant Français avait apprécié, dès 1 822, le Zodiaque de Denderahqui venait d'être apporté en France. On sait que ce Zodiaque, considéré par quelques-uns comme un monument de Fantique astronomie égyptienne, donna lieu h une foule de dissertations qu'il serait trop long de mentionner ici, et qui se sont trouvé résumées dans un sens opposé par J.-B. Biot et par Letronne (Mémoires de l* Académie des Inscriptions, etc., nouvelle série, t. XVI). M. le vicomte de Rougé, professeur d'archéologie et de philologie égyptienne au Collège de France, et successeur de Champollion, a clos le débat dans la Rew^ contemporaine du 30 novembre 1862, p. 272, par la déclaration suivante : « L'édi- » fice des suppositions sur lesquelles M. Biot avait établi les » bases de sa projection mathématique a été renversé de fond » en comble par Letronne. y> On peut aussi voir sur la môme question les « Courtes observations de M. Louis-Pierre -Eugène- Amélie Sédillot sur quelques points de l'astronomie et des mathématiques chez les Orientaux i), Paris, 1863, p. 28.
(100) P. 218. — Voir la notice sur P. L. A. Cordier, n»» 86 et 87, et page 414, des Biographies et Notes.
(101) P. 219. — Ce fragment de lettre de Humboldt à un inconnu nous a été communiqué par M. Chasles, membre de l'Académie des sciences, qui n'a pu nous fixer que sur la date, encore n'en est-il pas très-certain.
(102) P. 220. — Voir la notice sur Jomard, no 71, et p. 409, des Biographies et Notes.
(103) P. 220. — l'« lettre à la Société de géographie, du 4 décembre 1823. FJIe répond à une critique contenue dans un
Mémoire adressé à cette Société par M. Bresson, secrétaire de la Légation de France à Washington, et insérée dans le septième numéro du Bulletin, 1. 1, p. 287-368.
Notice sur la Société de géographie.
Plusieurs personnes, jalouses de contribuer par leurs efforts aux progrès de la géographie, s'assemblèrent le 29 juillet 1821 , et résolurent de créer une Société de géographie. Le 1®' octobre suivant, elles se réunirent dans une assemblée générale provisoire, et entendirent la lecture d'un règlement proposé par cinq de ses membres qui avaient été chargés de le rédiger. 11 fut adopté, sauf une nouvelle rédaction, à laquelle huit membres de l'assemblée, MM. Barbie du Bocage, Fourier, Jomard, Langlès, Letronne, Malte-Brun, de Bossel et Walckenaer avaient été chargés de coopérer. Le 15 décembre 1821, une assemblée générale, réunie à THôtel-de-Ville sous la présidence provisoire de M. Barbie du Bocage, nomma au scrutin secret, pour son bureau définitif, M. le marquis de Laplace, président; MM. le comte de Bosily- Mesros, amiral, et le vicomte de Chateaubriand, vice-présidents, et le comte Amédée de Pastoret, secrétaire général. Les membres de la Commission centrale furent aussi élus, les noms des membres fondateurs furent proclamés, et la Société de géographie se trouva ainsi constituée. Dans la première séance préparatoire de la Commission centrale du 23 décembre, M. de Rossel en fut élu président; MM. Walckenaer et Langlès, vice-présidents, et Malte- Brun, secrétaire général. Cefutdans la seconde séance préparatoire du 5 janvier 1 822 que M . le baron Delessert donna un exemple qui n'a été que rarement suivi, excepté par deux Russes, le comte Orloff et le prince Galitzin, d'offrir un prix de 600 fr. à Fauteur du meilleur ouvrage ou mémoire sur un sujet que la Société désignerait, et qui se trouva être un Itinéraire statistique et commercial de Paris au Havre , dont le lauréat, fut Eyriés. La première séance de la Commission centrale se tint le 18 janvier 1822, et ses sections nommèrent leurs bureaux : le baron de Humboldt fut élu président de la section de correspondance, et Cuvier, président de la section de publication. Ce fut le commencement de la mise en activité de la Société française de géographie, la
première qui ait été fondée, et que presque toutes les autres nations se sont empressées d'imiter. Il serait trop long de passer en revue ses travaux depuis sa fondation jusqu'à nos jours, c'est-à dire pendant Tespace de plus de quarante-deux ans, de citer les noms de tous les hommes distingués qui en ont fait partie, les vicissitudes qu'elle a éprouvées, les encouragements qu'elle a donnés aux voyageurs de toutes les nations sans exception, et les progrès qu'elle a fait faire à la science malgré l'exiguité de ses ressources, parce qu'elle n'a été que très-peu soutenue, en fait, on doit le dire, par tous les gouvernements qui se sont succédé en France et par les Français opulents qui auraient pu encourager ses efforts, ainsi que cela a eu lieu fréquemment en Russie et en Angleterre.
(104) P. 221. —Voir la notice sur Jomard, n® 71, p. 409, des Biographies et notes. Malgré les recherches minutieuses que M"*® Boselli, fille de M. Jomard, a bien voulu faire dans les papiers du savant égyptiologue, elle n*a pu trouver le tableau des chiffres hiéroglyphiques dont Humboldt parle dans la lettre que nous donnons et qui porte la date du 21 février 1824.
(105 et 106) P. 222 et 223. — Voir la notice sur Malte-Brun, no 66, p. 408, des Biographies et Notes.
(107) P. 224. — i^ lettre à Defrance, de mars 1824.
Defrance (Jacques-Louis-Marin), géologue et naturaliste français, néàCaen, déparlement du Calvados, le 22 octobre 1758, est mort à Sceaux, le 12 novembre 1850, dans sa quatre-vingt-treizième année. Un des fondateurs de la Société géologique de France, il fut l'ami et le collaborateur de Georges Cuvier, d'Alexandre Brongniart, deLamarck, deDuméril, etc., et Humboldt le consultait souvent. 11 a publié entre autres ouvrages ; 1° des Recherches sur la cause de certaines végétations monstrueuses, Paris ; 2° des Tableaux des corps organisés fossiles y précédés de remarques sur leur pétrification, Paris, 1824, dédié par lui au baron de Humboldt.
(112) P. 243. — La note de Humboldt sur le Pérou a été, suivant ses désirs, imprimée en 1 825, dans le Bulletin de la Société de Géographie, t. III, p. 170-171.
( 1 13 et 1 14) P. 244 et 245. — La petite note placée au bas de la page 245 explique les erreurs de la transposition et indique les rectiGcations à faire.
(1 15) P. 247. — 1" lettre à Milne Edwards, de 1826.
Edwards (Henri-Milne), savant français, d'origine belge, membre des Académies des sciences et de médecine, est né à Bruges en 1800. Il étudia la médecine à Paris, où il fut reçu docteur au mois de juillet 1823, professa d'abord l'histoire naturelle au Lycée d'Henri IV, et fut chargé depuis du même cours au Muséum d'Histoire naturelle et à la Faculté des sciences, dont il est aujourd'hui le doyen. En 1838, il succéda à Frédéric Cuvier à la section d'Anatomie et de Zoologie de l'Académie des sciences, et devint en 1854 associé libre de l'Académie de médecine. Le premier ouvrage que nous connaissions de lui, intitulé : Recherches analomiques swr les crustacés {IS2S) , fut couronné par l'Académie des sciences. II a publié depuis : Manuel des matières médicales (1832) ; Nouveau formulaire pratique des hôpitaux, dont une 4« édition a paru en 1840, in-32, Cahiers d'histoire naturelle (1834) avec Achille Comte, Éléments de Zoologie (1834-1835), 4 parties), réédités sous le titre de Cours élémentaire de Zoologie (1851), in-12, avec 418 figures); Histoire naturelle des crustacés ou suitesàBuffon (1837-1841), 3 vol. in-8*») Leçons sur la physiologie et Vanatomie comparée de l'homme et des animaux (1855-1857), en 2 vol. M. Milne Edwards a réédité en outre l'Histoire naturelle des non vertébrés de Lamarck (1836-1845), en 1 1 vol. in-8<* et a fourni plusieurs articles à différents recueils et dictionnaires spéciaux.
(115) P. 252. — 2« lettre à M. Edwards. A partir de ce numéro, toutes les fois que nous donnerons plusieurs lettres de Humboldt à la même personne, nous mettrons
en tête de ses lettres le même numéro qu'à la première, sans suivre comme précédemment la série générale.
(116) P. 254.— Voir la notice sur Jomard, n» 71 et p. 409 des Biographies et notes.
Quant au dessin dont parle ici Hamboldt, Jomard a écrit, de sa main en marge de la lettre, qu*il n'avait pu être retrouvé par lui.
Pfeiffer (Ida), femme célèbre par ses nombreux voyages,
et par sa rare intrépidité, était fllle de M. Reyer Née à
Vienne en Autriche en 1795, elle se maria vers 1820, et passa dans cette ville la plus grande partie de sa vie, occupée de soins domestiques et de l'éducation de ses deux fils. Mais quoique possédée d'une violente passion de voyager elle ne put songer à donner cours à cet irrésistible penchant, qu'après la mort de son mari et l'établissement de ses enfants, dont l'un devint artiste et l'autre obtint un emploi du gouvernement. Douée d'une volonté de fer et d'une curiosité ardente, elle quitta ses foyers à Tâge de 47 ans et se décida en 1842 à parcourir le monde. Elle se rendit d'abord seule et sans guide en Palestine, et publia à son retour son premier voyage sous le titre de : Voyage d'une Viennoise dans la Terre-Sainte, Vienne, 1844; 2 vol., ouvrage qui obtint un si grand succès qu'elle dut en faire paraître une 4'' édition en 1856. Dans l'intervalle elle visita la Suède, la Norvège, la Laponie et l'Islande, pays sur lesquels elle donne de curieux détails dans son Voyage au nord de la Scandinavie et en Islande^ publié en 1846, à Pesth, en 2 vol. Ces deux excursions au midi et au nord n'étaient que le prélude d'une entreprise considérable à laquelle elle s'était préparée par de fortes études. Le 1®' mai 1846; elle quitta Vienne, s'embarqua à Hambourg sur un navire danois qui la transporta au Brésil ; elle franchit ensuite le cap Horn , toucha à Valparaiso, fit voile vers Canton en relâchant à Taïti; parcourut les principales contrées de l'Inde, visita Bagdad, Mossoul et Tauris, la seconde ville de la Perse, et rentra
saine et sauve à Vienne dans le conrs de 1848. Cet important voyage, composé de 3 volumes, a paru à Vienne en 1850. Il lui restait encore rAfrique à visiter; mais faute d'argent elle dut y renoncer, pour le moment du moins. Le gouvernement autrichien lui ayant alloué, plus tard, à titre de récompense une somme de 2^400 fr. , elle part de Londres en 1 85 1 , s'aventure seule à pied au centre de Bornéo, visite Java et Sumatra, se rend aux Moluques, de là en Galifomie, parcourt les principaux états de l'Union américaine et débarque à Londres vers la fin de 1854. La relation de ce voyage a été publiée à Vienne en 1856, sous le titre de Mon second voyage autour du monde. Ce fut au mois de juillet de cette dernière année qu'elle vint visiter Paris où la Société de géographie la reçut au nombre de ses membres et lui décerna une médaille d'honneur. Elle se proposait de se rendre à Madagascar, car c'est par là qu'elle voulait faire son entrée en Afrique, la seule partie du monde qu'elle n'eut pas encore explorée ; mais ce fut vainement que ses amis cherchèrent à la détourner de cette tentative. De Paris elle se rendit à Londres où la Société géographique l'accueillit avec la plus grande distinction. De là elle partit pour Maurice au mois d'octobre 1 856 et passa à Madagascar. Les fièvres pestilentielles des côtes de cette lie, atteignirent la courageuse allemande qui y expira au mois de mars 1857 à l'âge de 62 ans. La lettre de recommandation que Humboldt lui donna et que nous avons placée par erreur p. 256 de notre recueil, en lui donnant la date du 8 juin 1 826, devait avoir celle du 8 juin 1856 ; elle sera comprise dans notre second volume.
C'est à tort que l'auteur de la notice qui a été consacrée à Ida Pfeiffer dans la Biographie u/niverselle (Michaud), prétend qu'elle eut Vhonneur, unique pour unb personne de son sexe, de faire partie des Sociétés de Géographie de Paris et de Berlin, et d'autres associations savantes. Nous connaissons en effet une autre dame fort instruite, une Anglaise, voyageuse infatigable, M°»« Louisa Kcrr, laquelle sans avoir fait le tour du monde de même que Ida Pfeiffer, en a visité comme elle presque toutes les parties, sans rien publier toutefois, à ce que nous croyons, est membre des Sociétés géographiques' de Paris, de Vienne, de Leipsick, de Genève, de
Darrastadt et Francfort, et de plus de vingt autres sociétés archéologiqaes ; elle eut appartenu certainement à la Société géogra* phique de Lol^dres si cette sayante société eut admis des dames dans son sein ; mata on n'en voit figurer aucune dans le nombre des 1750 membres qui la composent aujourd'btri.
(118) P. 257. 1'* lettre à Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, de 1826.
Geoï'Froy Saint-Hilaire (Étieîifïé), célèbre naturaliste français, né à Étampés le 15 avril 1772 et mort à Paris le 19 juin 1844, était destiné d'abord à l'état ecclésiastique. Comme il montrait une prédilection pour la carrière des sciences, son père l'autorisa, à sa iôrtie du collège de Navarre, où il rentra bientôt en qualité de pensionûaife libi'e, à suivre les cours du collège de France et du Jardin des Plantes, mais en même temps que ceux de droit. Plus tard on décida qu'il serait médecin. Peu après il put se livrer entièrement à son penchant sous la direction de Haiiy, de Fourcroy et de Daubenton. ïl fit bientôt de si rapides progrès, que sur la recommandation de ce dernier, il fut nommé d'abord son adjoint et ensuite son collègue en qualité de professeur au Cabinet d'Histoire naturelle. A peine âgé de 21 ans, il ouvrit son cours de zoologie le 6 mai 1794. Un des membres de la commission scientifique d'Egypte (1798), Geoffroy Saint- Hilaire^ prit part à tons ses travaux. Il décrivit et dissé^a noûseulemecrt les aniiffanx vivants de cette terre africaine, mais il étudia ceux qui dormaient depuis des milliers d'années dans les grottes sépulcrales, en même temps que tous les objets qui frappaient ses regards. Après la capitulation du généraK Menou (1800), il rentra en France et reprit, au mois de janvier 1802, sa place au Muséum. Envoyé en mission en Portugal, en 1807, pour visiter les musées de ce pays, occupé à cette époque par nos armes, il en rapporta de précieuses collections. Élu le 14 septembre de la même année membre de l'Institut, il fui nommé en 1809 professeur de zoologie et d'anatomie comparée à la Faculté des sciences de Paris, tout en conservant la cbaire sur r histoire naturelle des mammifères et des oiseaux, qu'il possédait
an Muséum. Après avoir été de 1794 à 1828 directeur de la ménagerie, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire perdit cette place qui fut donnée à Frédéric Cuvier, mais à la mort de celui-ci, au bout de six mois, elle fut rendue h son ancien titulaire.
L'indication complète des œuvres d'Etienne Geoffroy Saint- Hilaire se trouve dans l'ouvrage de son fils Isidore, intitulé : Vie, travaux et doctrine scientifique d* Etienne Geoffroy Saint-Hilaire^ 1 vol. in-8o, Paris, 1847 ; Etienne Geoffroy Saint-Uilaire a fondé la Philosophie naturelle ; on lui doit la Théorie des analogues et celle des ArrUs de développements. La discussion qu'il soutint en 1830, avec Cuvier, partagea l'Europe savante, et préoccupe encore les meilleurs esprits. On peut citer parmi ses principaux ouvrages YHistoire générale des mammifères, 1819-1837; sa. Philosophie anatomique, 1818-1822; ses Principes de philosophie zoologique, 1830, et un grand nombre de Mémoires,
(119) P. 259. 1" lettre à Latour-AIlard, du 28 juillet 1826.
Latour-Allard, sur lequel nous n'avons pu réunir que fort peu de renseignements, était né, à ce qu'il paraît, à la Nouvelle- Orléans, de parents français. Après un assez long séjour au Mexique où il s'occupa activement de former une collection d'antiquités, il en réunit aussi des autres contrées de l'Amérique dont M. Warden a donné le détail dans son mémoire sur Palenque, imprimé dans le Recueil des Mémoires de la Société de géographie, t. II. La collection de Latour-Allard provenait non-seulement de ce qu'il avait pu recueillir par lui-même, mais en majeure partie des manuscrits et dessins qu'il avait acquis du colonel espagnol Guillaume Dupaix, ainsi qu'on le verra dans les deux notes suivantes. Venu en France avec sa collection, il fut reçu membre de la Société de géographie en 1827. Latour-Allard vendit ses précieux documents à Augustin Aglio, un des artistes les plus distingués de Londres et l'ami particulier de lord Kingsborough, savant et généreux seigneur irlandais, qui invita M. Aglio à les compléter et à les publier ensuite, en se chargeant de tous les frais. Ce fut en 1830 que parut ce splendide ouvrage,
intitulé : Antiquities of Mexico. 11 renferme non-seulement tout ce qui provenait de Latour-Allard, ainsi que la relation originale de Dupaix, mais de plus toutes les peintures mexicaines connues, tirées soit en originaux, soit en copies des collections publiques de ritalie, de la France, de la Saxe, de TAutriche el de l'Angleterre, toutes exécutées, comme foc simile, et enrichies des mêmes couleurs que les originaux, etc. Ce magnifique monument, dû à la libéralité de lord Kingsborough se compose de cinq volumes de texte et de planches du plus grand format infolio. Il n'en a été tiré que cinq exemplaires en grand papier, dont chacun est évalué à plus de 12,000 fr. ; l'in-quarto coûte environ la moitié. Aussitôt qu'il parut (1836), M. Warden, consul général des États-Unis à Paris, s'empressa d'en offrir un exemplaire à l'Institut de France.
Nous ignorons l'époque de la naissance de Latour-Allard; nous ne savons même pas s'il existe encore et si on a quelque mémoire de lui.
DuPAix, capitaine et depuis colonel des dragons de Mexico, fut chargé par le roi d'Espagne, Charles lY, de parcourir le Mexique et le Guatemala dans différentes directions pour relever fidèlement les plans et les dessins de tous les anciens monuments qui pouvaient encore y subsister, et pour en donner la description; il devait aussi recueillir les objets les plus susceptibles d'être transportés dans la capitale du Mexique. Dupaix fit à cet effet, eu 1805, 1806 et 1807, trois voyages successifs, dans lesquels il fut accompagné d'un dessinateur, d'un écrivain et d'un détachement de cavalerie.
(121) P. 260. — C'est des explorations du colonel Dupaix que provenaient, en majeure partie, les dessins, les manuscrits et les monuments possédés par Latour-Allard. Warden assure que sa collection d'antiquités américaines se composait : 1^ de cent quatre-vingts objets curieux, parmi lesquels se trouvaient plusieurs idoles des anciens Mexicains ; 2° de cent vingt dessins originaux représentant différents monuments, provenant parti-
culièrement des ruines de Païen que ; 3° de quatorze pages d'anciennes peintures me^aines, sur papier d'Agi^ye.
(122) F, 260. — Le célèbre G. Cuvier, qui n'est point nommé dans la lettre que nous écrivait Humboldt^ avait aussi promis de nous fournir des notes pour notre traduction des navigations de Chr. Colomb, publiées en espagnol par Perd, de Navarrete, et il nous en a remis en effet de fort intéressantes. Notre traduction^ dans laquelle nous avons eu M. de Yerneuil pour collaborateur, composée de trois volumes in-8°, a paru en 1828, la même année que l'ouvrage de Washington Irwing. Elle est accompagnée de nos propres notes et de celles qu'ont bien voulu nous donner MM. Abel Rémusat, Adrieu Balli, Cuvier, Humboldt, Jomard, l'abbé Labouderie, Letronne, Malte-Brun, de Rossel, Saint-Martin, Walckenaer, Warden, etc.
(123) P. 264. Voir aussi p. 261 . Nous faisions connaître à Humboldt, dans cette lettre du 15 août 1826, notre opinion sur la situation de l'île de Guanahani, le premier point auquel toucha Colomb, opinion différant essentiellement de celle que Navarrete avait émise, et demandions à l'illustre Prussien quelle était celle des deux opinions qu'il partageait. On verra dans la lettre suivante que Humboldt, sans se prononcer définitivement, penchait d'abord pour celle de Navarrete ; il est revenu depuis à notre opinion, ainsi que nous l'expliquons dans la note suivante.
(124) P. 266. — Dans sa lettre du 16 août 1826, Humboldt se trouvant au moment de quitter Paris, n'émet point une opinion définitive sur la situation de Guanahani, mais on voit qu'il penche pour celle de Navarrete, que nous avons combattue dans une assez longue note de notre traduction des Navigations de Colomb, et dans la notice publiée par nous sur le grand découvreur de l'Amérique, dans la Biographie unimrselle Michaud. Nous devons ajouter que Humboldt, dans son Examen critique de l'histoire et de la géographie du Nouveau Contvœnt, t. III, p. 167, revient à l'opinion émise par nous. Il s'exprime en effet
ainsi : m Un document entièrement inconnu, la mappemonde de » Juan de la Gosa^ de Tannée 1500, dont nous avons découvert y> la grande importance, M. Walckenaer et moi, en 1832, donne » un nouveau poids aux objections consignées dans la vie de » Christophe Colomb par M. Washington Irving* (contre Thy- » pothèse de M. de Navarrete, qui identifie Tile de Guanahani y> avec une des îles turques au nord de Saint-Domingue, et 3) qui a été accueillie avec beaucoup de précipitation). »
(125) P. 268. — Elles ne nous sont pas parvenues.
(126) P. 269-70 (1827). — Accepte la dédicace de notre traduction de VHistoire d'Amérique, de Robertson.
(74) P. 2*70. — Voir la Notice sur de CandoUe, n» 74 et p. 412 des Biographies et Notes.
(127) P. 270. — Ces quelques mots de Humboldt sont ajoutés à la circulaire officielle par laquelle de Candolle était invité à assister à l'assemblée des naturalistes allemands, qui devaient se réunir à Berlin le 4 juillet 1828.
(128) P. 271 (10 novembre 1827). — Dédicace de notre traduction de VHistoire d'Amérique , que Humboldt avait bien voulu nous autoriser à mettre en tête de l'ouvrage.
(129) P. 271. — Humboldt se plaint dans sa lettre au Moniteur de ce qull a imprimé dans ses colonnes, qu'il avait ouvert à Berlin des cours de géographie physique, par souscription, à trois leuis le cachet, tandis qu'il a bien ouvert deiLX cours publics, en Allemagne comme en Fra^ce, mais gratuitement. Voir la note p. xxvi de la Notice.
* H aurait pu ajouter et par M. de la Roquette, puisque nous avions fait la même observation et à la même époque ^ue Washington Irving, dans une note de notre traduction des voyages de Colomb, t. II, p. 339-345.
la livre russe = 96 solotniks, ou 0 kilo. 409356 ; le solotnik = 0 kilo. 0042.
(139) P. 285. — i^ lettre à Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, de 1829.
Geoffroy Saint-Hilaire (Isidore), naturaliste français, né à Paris, le 1(5 décembre 1805, est mort dans la même ville le 12 novembre 1861. Dès sa plus tendre enfance il s'adonna à Tétude des sciences naturelles, et avec un tel succès qu'en 1826 il présenta à rinstitut un Mémoire sur les mammifères et fut élu en 1833 membre de TAcadémie des sciences. S'occupant plus spécialement de zoologie et surtout de zoologie appliquée, Isidore Geoffroy, qui était devenu successivement professeur de zoologie au Muséum, directeur de la Ménagerie, inspecteur général et conseiller de TUniversité, fut en 1855 l'un des principaux fondateurs de la Société zoologique d* acclimatation, dont il fut élu le premier président, fonctions qu'il a conservées jusqu'à sa mort. Ses leçons de tératologie, de mmnmologie et de zoologie générale, professées par lui au Muséum, ont été résumées et publiées par MM. Victor Meunier, P. Gervais et A. Blanc en 1836 et 1848, et M. Payer a fait paraître cette dernière année la classification parallélique de 1-G. Saint-Hilaire. Parmi les ouvrages qu'il a publiés lui-même, nous citerons : son Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez Vhomms et les animaux ou Traité de tératologie, Paris, 1832-1836, 3 vol. in-8'* avec atlas; Essai de zoologie générahy ou mémoires et notices sur la zoologie générale, l'anthropologie et l'histoire de la science (1840, in-^°); Histoire naturelle des insectes et des mollv>sques (\8i\, 2 vol. in- 12, fig. ); Catalogue méthodiqueduMuséum d'Histoire naturelle; Mammifères, Introduction et Prim^ites (I8bi , m-8°)\ Domestication et naturalisation des animaux utiles (1854), rapport général adressé en 1849 au ministre de Tagricullure; Histoire naturelle générale des règnes organiques, principalement étudiée chez l'homme (1854-1857, 5 vol. in-8**).
On doit encore à Isidore-Geoffroy Saint-Hilaire différents mémoires et articles insérés par lui dans les Comptes-rendus de VA-
cadénm des Sciences et dans plusieurs recueils scientiûques, et il a concouru à la rédaction de Y Histoire natwrelle du voyage autovr du monde, de Dupetit-Tbouars.
(137) P. 286. — i^ lettre à rAcadémiedes Sciences deSaint- Pétersbourg, du 16/28 novembre 1829.
L'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg fut fondée en
1724, l*f février 1724/1725 par l'Empereur de Russie, Pierre !•', surnommé le Grand, né le 30 mai/ 19 juin 1672; il avait tracé lui-même le plan de cet établissement, d'après les conseils de Wolf et de Leibnitz. Surpris par la mort le 28 janvier/ 8 février
1725, il ne put mettre à exécution ce projet, dont l'honneur fut réservé à l'Impératrice Catherine r% qui dota l'Académie et y appela un grand nombre d'hommes distingués en différents genres et de toutes les nations. Cette Académie tint sa première séance le 25 décembre 1725. Négligée sous Pierre 11^ elle se releva sous les impératrices Anne, Elisabeth et Catherine II. La protection spéciale que lui a accordée cette dernière la rendit surtout florissante, et elle n'a cessé de prospérer depuis.
(138) P. 287. — La lettre de Humboldt parle de la Songarie ;
il s'agit sans doute de la Dzoungârie?
(98) P. 308. —Voir la notice sur J.-J.-E. Sédillot p. 418, des Biographies et Notes.
Maxime Planude était un moine grec du xiv® siècle; à l'exemple de Léonard de Pise, il attribuait aux Indiens le système de numération décimale; en cela il ne faisait que copier les Arabes, qui appelaient leurs chiffres chiffres indiens. M. Woepcke, dans un récent mémoire (Paris 1863), a cherché à faire prévaloir cette opinion au milieu des nombreuses hypothèses qui se sont produites depuis quelque temps; mais nous sommes portés à croire avec M. L.-Am. Sédillot (seconde lettre à M. de Humboldt, Paris,
1859): l*que les chiffres arabes ou chiffres indiens ne sont autre chose que les chiffres romains abrégés ; 2** que nos chiffres modernes sont bien les chiffres arabes très-légèrement modifiés.
(12) P. 310. —Voir la Notice sur Bliimenbach, n» 12, p. 388 des Biographies et Notes.
(140) P. 310. — Nous n'avons pu remettre la lettre de fiumboldt à Bliimenbach, parce que nous sommes arrivés au milieu de la nuit à Gôttiogue, que nous avons. dû quitter quelques minutes après.
(98) P. 310.— Voir la notice sur J.-J.-E. Sédillot, n° 98, p. 427 des Biographies et Notes.
(86) P. 312 et 313. — Voû- la Notice sur Cordier (P. L. A.), p. 414, des Biographies et Notes.
Humboldt s'exprime ainsi dans un postscriptum de la lettre qu'il écrivait en 1831 à M. Cordier, p. 314 de la Correspondance :
(c Qvslle Belgique que la géologie hébraisantë et la géologie SOULEVÉE. Il faudra des conférences et des protocoles et des ambassadeurs. »
La date de cette lettre et les difficultés auxquelles donnèrent lieu, en ce moment, le règlement de la question belge, nous semblent expliquer suffisamment les plaisantes réflexions de Humboldt.
MooHGROFT (Guillaume) ne fut pas assassiné à Delhi^ ainsi le suppose Humbold d'après les bruits généralement répandus en Europe, mais il mourut de la fièvre en 1 825 à Andkodie, ville située à 80 milles à l'ouest de Balkh, et une partie de ses papiers ayant été rapportés par Bûmes, ont été remis à la Société asiatique de Calcutta et publiés par elle.
Cette lettre de H. à C. doit avoir été écrite non en 1831, ainsi que c'est indiqué, mais en 1832, puisque le rapport sur le
voyage de Jacquemont à Lahore et au Cachemyr, dont il est question, a été lu à rAcadémie des Sciences eu mars 1832.
(142) P. 315. — Le calque de ce billet, qui, pour être compris, demande une explication, a été placé par nous à la fin de notre premier volume sur Humboldt ; il se rapporte à une méprise de 1 illustre Prussien. Avant sur son bureau deux lettres dont Tune était adressée par lui au général Sébastiani, à cette époque (1831] ministre des affaires étrangères, et l'autre nous était destinée, il se trompa d'adresse. Il nous transmit la missive qui devait parvenir au ministre, et envoya celle qui nous concernait à ce baut personnage. Le rendez-vous que Humboldt nous indiquait et qu'il renouvelle, avait pour cause le projet d'un second voyage qu'il se proposait de faire dans les possessions russes en Asie, auquel il nous faisait l'insigne honneur de vouloir bien nous associer et qui ne s'est point réalisé.
(118) P. 315. — Voir la notice sur E. Geoffroy-Saint-Hilaire, no 118 et p. 427 des Biographies et Notes.
(71) P. 316. — Voir la notice sur Jomard, n» 71 et p. 409 des Biographies et Notes.
(143) P. 317. — Nous savons peu de chose sur ce* voyageur prussien.
(133) P. 317.— Voir la première lettre à Arago, p. 277, nM 33 et p. 432 des Biographies et Notes.
(71) Voir la première lettre à Joraard, p. 322, le n* 71 et p. 409 des Biographies et Notes.
(144) l'« lettre à Vattemare, du 27 août 1833. Vattemare (Alexandre-Nicolas-Marie), voyageur français, né
à Paris, le 8 novembre 1796, mort dans la même ville le 7 avril 1864, suivit d'abord la carrière de la médecine, sous les aus-
pices d'Âlibert, et débuta en qualité de chirurgien aide-major, qu'il occupait en 1814. Choisi à cette époque pour reconduire à Berlin trois cents convalescents prussiens ; il reçut à cette occasion la croix de fer, et on assure cependant qu'il fut retenu comme prisonnier de guerre^ ce qui parait difficile à concilier. Quoi qu'il en soit, privé de ressources en pays étranger, et ayant à sa charge une famille d'émigrés qu'il devait soutenir, il se vit forcé d'utiliser le merveilleux talent mimique^ ce sont les expressions de Humboldt» dont il était doué et qu'il exerça jusqu'en 1832, qu'il s'adonna tout entier à l'étude et à des travaux littéraires. Ce fut à la même époque qu'il conçut l'idée du système d'échange international, sous le rapport scientiflque et littéraire, qu'il appliqua avec un grand succès principalement aux États-Unis de l'Amérique septentrionale. L'utilité de cette intervention fut généralement reconnue et appréciée par divers États, qui accordèrent des distinctions honorifiques à M. Yattemare. Parmi les ouvrages qu'il a publiés, nous citerons : Letter to the honorable H. Hamlin, by Alexander Yattemare, accompanied by an historical popular description in english and french of the 'metrical décimal System; Paris, 1853, 1 vol. in-8o; Collection des monnaies et médailles de V Amérique du Nord de 1652 à 1858, Paris, 1861, petit vol. in.l8.
(145) P. 324. — l^ lettre àMohnike, du 10 septembre 1833.
MoHNiQUE (Gottlieb-Christian-Frédérich), érudit et philologue prussien, né le 6 janvier 1781 à Grimmen, dans la Nouvelle^Poméranie, après avoir obtenu en 1 802 le grade de licencié en théologie, fut de 1803 à 1810 précepteur des enfants du comte de Bruchtershausen, résidant alors dans Tile de Riigen. Nommé en 1811 professeur à l'école de Greiswald, puis recteur de cet établissement, et en 1818 pasteur à Stralsund, devint en 1815, époque à laquelle la Suède céda à la Prusse la Poméranie, conseiller consistorial de cette province. Au retour d'un voyage que Mohnique dut faire pour rétablir sa santé, il se lia avec le savant suédois Lundblad, qui lui inspira le goût de la littérature Scandinave, et ce fut, pour ainsi dire, sous sa direction qu'il apprit
le suédois, le danois et Tislandais. Eq 1830 et 1831» il visita la Suède et le Danemark, dont il explora toutes les bibliothèques et se mit en relation avec les hommes les plus distingués de ces deux pays. Rentré dans sa patrie où il continua de se livrer à uu travail excessif, Mohnike succomba enûn à une violente attaque de goutte le 6 juillet 1841. Ce laborieux et docte écrivain a publié un grand nombre d'ouvrages; l'un des premiers, qu'il n'a point terminé, est intitulé : Histoire de la littérature des Grecs et des Romains t 1 vol. in-8o, Greiswald, 1813. On lui doit encore V origine, la naissance et la vie de Barthelem Sastrow, 3 vol. in-8<>, Greiswald, 1823-24 ; une édition des chroniqueurs de S tralsund, d'après les manuscrits originaux, en collaboration avec le docteur Zober, qui a paru en 4 vol. in-8o ; le Saga des îles Ferô, traduit en allemand et en danois en société du professeur Rafn, Stralsund, 1825. Ce dernier savant l'a aidé aussi à traduire de l'islandais en allemand le Heimskringla ou le saga du roi de Norvège, de Snorre Stiirleson, dont le premier volume seulement a paru en 1837 à Stralsund. Mohnike est aussi l'auteur d'une édition critique des Epistolx ohscurorvm virorum, Berlin, 1838, in-8<>, et en outre d'une multitude de mémoires et de traductions du danois, du suédois et de l'islandais.
(146) P. 326. — On trouvera des explications à ce sujet dans une lettre écrite au baron de Humboldt, le 23 juillet 1864, par le professeur Rafn, secrétaire de la Société des Antiquaires du nord de Copenhague. Nous la publierons dans le second volume de la Correspondance scientifique et littéraire du savant Prussien.
(118) P. 327. — Voir la première lettre de Humboldt à E. Geoffroy Saint-Hilaire, p. 257 ; le n<> 118 et p. 427, des Biographies et Notes.
(147 Us) P. 327 et 328. — Voir Biographies et Notes, p. 427.
Cette lettre de Humboldt, qui porte dans notre recueil la date
d'octobre 1833, n'est parvenue à son adresse que le 18 novembre
dé ladite année, et se termine par un démenti formel à ce qu'il appelle le clabavdage de M™® Bowdich-Lee. «C'est une main » étrangère à Tinsu de M™» Lée, ajoute Humboldt, qui a placé » cette note (p. 327) impudemment mensongère ; quelle ? Je la » connais ! » A la suite de cette phrase irritée de Humboldt se trouvent écrites les lignes suivantes, dont Fauteur nous parait être Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui expliquent le malentendu : « Au surplus on dit aujourd'hui, 22 novembre 1833, D M. de Humboldt a tort de se plaindre, car c'est du baron de Hugel qu'il s'agit sous le raccourci baron de H. d
(148) P. 328.— 1"^ lettre au président de la Société des Antiquaires du nord de Copenhague.
Le président de la Société des Antiquaires du nord auquel Humboldt écrivait le 5 décembre 1833, était à cette époque Jean- Frédéric-Guillaume Scblegel auquel nous consacrons ci-après une notice.
ScHLEGEL (Jean-Fréderic-Guillaume), juriste et homme d'État distingué, neveu du célèbre poète saxon Jean Scblegel, mort en 1749, à peine âgé de trente et un ans, à Sorôe, où le roi de Danemark l'avait appelé pour être professeur de cette académie. Le sujet de cette notice naquit à Copenhague le 4 octobre 1765. Après avoir reçu une solide éducation dans sa ville natale, il fut la compléter à l'Université de Gôttingue, où il s'attacha plus spécialement au droit et à la procédure allemande, à l'histoire, à la statistique et à l'économie politique. Il atteignait à peine sa vingtdeuxième année, lorsqu'il débuta par une dissertation qu'il fît imprimer à Gôttingue en 1787, sous le titre de : De eo quodjustum est circa emigrationemcivium; elle lui attira beaucoup d'éloges. A son retour à Copenhague, il entra à l'université de cette ville, où il obtint en 1790 le grade de docteur en droit, et inaugura son installation par un discours de discrimine inter passessionem bonœ et malx fideiy ejus quo effectu civili secundum jv/ris romani principia. A l'ouverture de la cour suprême (Hoisteret), en 1791, il reçut du roi l'ordre d'y siéger en qualité d'assesseur extraordinaire (overordentlig) , et six ans après il fonda un
journal intitulé Astrea^ dans lequel plusieurs personnages importants insérèrent de même que lui des articles remarquables; Tun des premiers qu'il y donna, consacré à la liberté de la presse, établissait les différences qui existent entre cette liberté et ses abus. Lorsque la Société de la littérature Scandinave fut créée (1797), elle s'empressa de Ten élire membre, et en 1799 il publia plusieurs écrits pour défendre les droits des neutres et de la neutralité armée dans les cas de guerre maritime. Pour lui en témoigner sa satisfaction, le roi de Suède Gustave- Adolphe lui fit remettre une belle tabatière d'or, et son propre souverain lui donna en 1800 la place, devenue vacante, de professeur titulaire, en le nommant en même temps assesseur et référendaire du Consistoire, et peu après inspecteur de la Bibliothèque de l'Université. Ce fut en 1816 que Schlegel publia un Aperçu sur la liaison politique entre les duchés de Slesvig et de Holstein, et la même année un Aperçu sv/r l'état des catholiques dans le royaume de Danemark selon les lois du pays. Ce fut à l'occasion de ce dernier ouvrage que le gouvernement anglais, qui s'opposait à cette époque à l'émancipation des catholiques dans le Royaume-Uni, fit demander à Schlegel des renseignements qui furent transmis à lord Castlereagh, En 1831, il rédigea pour le gouvernement pi'ussien un mémoire sur la législation [ûber Gesetzgebv/ng) et pour la Suède un coup d'œil sur une constitution (lovgv^^ning) pour ce pays. Déjà Schlegel avait fait paraître en 1825 son Encyclopédie juridiqv^e^ et en 1827 l'un de ses principaux ouvrages : Droit public du Danemark et des duchés^ avec un Aperçu de leur ancienne constitution (Danmarks og Hertugdommernes Stats-
RET MED STADIGT HENSYN TIL DERES GELDRE FOBFATNING) dout
la première partie a été seulement publiée.
Il fit paraître la même année (1827) Sur l'ancien droit coutumier et V autonomie des Danois, Cm de gamle Dansres Retsoedvaner og Autonomie; en 1829, mémoire intitulé :
Commentatio historica et critica de hujus juris historia et indole. — Hafniœ (Copenhague), 1829. ^
Et enfin en 1830 :
Codex juris Islandorvm antiqnissimus , quinominatur Gragàs,
Ce fut sa dernière publication; outre celles que nous avons citées, on lui doit en outre une multitude de mémoires et d'articles de critique insérés dans les divers recueils périodiques du temps tant du Danemark que des pays étrangers. Schlegel était dans les derniers temps, non-seulement conseiller de conférence et professeur de droit de TUniversité de Copenhague et membre de presque toutes les sociétés savantes du Danemark, mais un grand nombre de sociétés étrangères Favaient admis dans leur sein, il est mort dans sa patrie le 19 juillet 1836, laissant trois fils de son mariage avec M^^* Helfriest, contracté en 1793. Nous nous sommes un peu étendus dans cette notice, parce que les auteurs de la Biographie miiverselle Michaud ne lui ont accordé que quelques lignes insignifiantes dans un article qui n'est même pas signé. Nous avons consulté pour notre travail les Renseignements biographiques sur la famille Schlegel^ publiés en danois en 1842 par le conseiller d'État Fr. Thaurup, qui avait puisé aux meilleures sources, qu'il indique; et une lettre que nous a écrite le 19 septembre 1864, M. le conseiller d'État Rafn, secrétaire de la Société des Antiquaires du nord, dont nous déplorons la mort récente, et auquel nous consacrerons une notice dans notre second volume.
(149) P. 329. — 1" lettre à Klaproth, du 4 janvier 1834.
Klaproth (Jules-Henri), savant orientaliste prussien, fils du célèbre chimiste de la même nation, mort en 1817, né à Berlin le H octobre 1783, est mort à Paris le 27 août 1835, des suites d'une hydropisie de poitrine, attribuée en partie à l'excès du travail. Après avoir fait de grands progrès en chimie, en minéralogie et en botanique, poussé par une impulsion irrésistible vers l'étude des langues orientales, il s'attacha plus spécialement au chinois qu'il apprit, dit-on, sans le secours d'aucun maître. Vers la fin de 1802, n'ayant encore que dix-neuf ans, il publia les premiers cahiers de son Magasin asiatique^ qui commença sa réputation^ et le fit désigner pour accompagner, en qualité d'interprète, l'ambassade extraordinaire que la Russie envoya à l'empereur de la Chine, en 1805. Klaproth fit ensuite, en 1807
et 1 808, dans le Caucase et en Géorgie, un voyage dont il publia d'abord en allemand la relation, traduite plus tard en anglais et en français. Après avoir été comblé d'honneurs en Russie, il dût) par suite de graves discussions, quitter ce pays et retourner à Berlin, où il avait obtenu la chaire de professeur des langues asiatiques. Les événements politiques ne lui ayant pas permis d'en prendre possession, il se rendit en France et se fixa définitivement à Paris, qu'il ne quitta plus. En 1826, époque de la mort de Malte-Brun, Kiaproth concourut avec Eyriès et la Renaudière à la rédaction de la seconde série des Nouvelles Annales des voyages, de juillet 1826 à la fin de 1833, et inséra dans ce savant Recueil plusieurs articles remarquables. En correspond dance avec les personnages les plus renommés de son temps, qui le consultaient souvent et parmi lesquels nous citerons le baron de Humboldt, il a publié quelques-unes de ses réponses. Nous ne ferons mention ici que de celle qu'il adressa le 20 mars 1834 à son célèbre compatriote; elle a été imprimée en 1834 sous le titre de : Lettre à M. le baron A, de Humboldt sur V invention de la Boussole. Humboldt lui avait demandé quelques renseignements sur répoque à laquelle les Chinois avaient connu la polarité de Taimant et en avaient fait l'application à la boussole. 11 a laissé un très-grand nombre d'ouvrages capitaux et de mémoires, parmi lesquels nous nous bornerons à citer, outre ceux dont nous avons déjà parlé : 1° Sv/pplément au Dictionnaire chinois du P. Basile de Glemona qui a paru en un volume infolio, en 1819; 2^VAsiapolyglota,in'i9, 1823; Mémoire sur VAsie^ de 1826 à 1828, en 3 vol. in-8o; Tableau historique, géographique et ethnographique du Caucase^ 1828, in-8°. On trouvera, au surplus, la liste à peu près complète des publications de Kiaproth dans les notices que MM. Eyriès et Landresse ont fait paraître sur ses travaux, le premier dans la Biographie miiverselle Michaud, et le second dans le Journal de la Société asiatique,
(86) P. 332 et 333. - Voir la 1" Lettre à Cordier, p. 204, et la notice sur ce dernier, n^Sô et p.414des Biographies et Notes.
Abigh, né à Cologne , géologue célèbre par ses investigations du montEthna, de l'Arménie et du Caucase, etc , est membre de TAcadémie des sciences de Saint-Pétersbourg. Il a fait en 1845, après trois premières tentatives infructueuses, l'ascension du mont Ararat, dont il a publié une description insérée dans les journaux des Sociétés françaises de géologie et de géographie, où elle est accompagnée d'un dessin, fait par lui d'après nature, représentant cette montagne et la route qu*il a suivie pour en atteindre le sommet.
M. Abich est aujourd'hui, 1864, en mission scientifique dans le Caucase.
(71) P. 333. —Voir la l'^ lettre à Jomard, p. 191, et notre Notice sur ce dernier, n*^ 71 et p. 409, des Biographies et Notes.
(151) P. 335. — C'est dans la notice consacrée en 1812, par M. Walckenaer, dans la Biographie universelle Michaud, et reproduite en 1843 dans la nouvelle édition, à Arnold Buckinck, que se trouve la source des renseignements dont parle Humboldt. Arnold Buckinck est, suivant le savant français, le premier artiste qui ait gravé et imprimé des cartes géographiques sur cuivre et porté cet art, dès son origine, à un trèshaut degré de perfection.
(152) P. 335. — L'ouvrage de Walckenaer dont parle Humboldt, publié à Paris en 1821, en un vol. in-8°, accompagné d'une carte, prouve que les conjectures, émises par l'auteur, d'après les résultats déjà obtenus en Afrique , étaient exactes, puisqu'elles ont été justifiées, sous les rapports essentiels, par les découvertes récentes.
(153) P. 337. — i^ lettre à P. Tardieu, du 26 mars 1836. Tardieu (Pierre), graveur géographe, l'un des fondateurs de la
Société de géographie, d'une famille dans laquelle l'art de la gravure a été héréditaire, né à Paris le 9 mars 1784, fut l'élève et le
collaborateur de son père, Antoine-François ^ Les premiers travaux signés de son nom sont : la carte du Rio de la Magdalena, le plan de Guanaxato au Mexique, et les plans des volcans de Torullo, d'Antisana et de Pichincha, d'après le baron de Humboldt. Plus tard il a gravé la carte de l'Asie centrale et les cartes jointes aux tableaux de la nature du même auteur, édition française. Le bienveillant patronage de Humboldt a procuré à Pierre Tardieu la gravure des îles de Palma et de Ténériffe, d'après Léopold de Buch, ainsi que celle de la carte du comté de Mayo en Irlande, dressée par M. Bald, par ordre du grand jury de ce royaume. Il a gravé aussi les cartes du voyage de M. Demidoff dans la Russie méridionale sous la direction de M. Leplay, savoir : la carte du voyage, une partie de la Russie méridionale, et une de la Crimée. On lui doit aussi : lo des cartes d'Italie, au temps de Dante, pour une nouvelle édition, par lord Vernon et plusieurs savants italiens, savoir : Italie, plan de Florence, et arsenal de Venise, dressées pour cette époque historique ; 2* le dessin et la gravure d'un globe céleste de dix-huit pouces de diamètre, dressé pour l'année 1840, ainsi (Ju'un grand nombre de petites cartes très-soignées pour des illustrations des provinces de France.
Homme extrêmement laborieux, il n'a cessé ses travaux qu'après avoir dépassé l'âge de soixante-dix- sept ans.
(154) P. 338. — 1'® lettre au duc de Sussex, du mois d'avril
Sussex (duc de]. Nous avons peu d'informations sur ce haut personnage ; nous savons seulement qu'en 1836 il était président de la Société royale de Londres. Il semble être le même qui, né le 27 janvier 1763, est mort vers 1840, et dont la vie
* Tardieu (Antoine-François), né à Paris le 17 février 1757 et mort dans la même ville le 4 janvier 1822, se fit distinguer par ses travaux comme graveur géographe, et donna à cet art une grande notabilité. On trouvera des renseignements étendus sur lui dans la Biographie universelle Michaudf et dans la notice sur la famille Tardieu, insérée dans les Archives de l'art français {Documents, t. IV, p. 49-78).
privée, assez romanesque, parait avoir été peu remarquable sous le rapport scientifique.
(155) P. 338. — Le London cmd Ediriburg Philosophical Magazine-Journal of science. 3" série, vol. IX, juillet à décembre 1836, p. 42, d'où nous avons traduit cette lettre, s'exprime ainsi à son sujet : « Nous traduisons nous-méme la lettre de Humboldt du Schumachers Astronomische Nachrichten, n9 36, qui nous a été obligeamment communiquée à cet effet. »
On ne voit pas pourquoi le Philosophical Magazine n'a pas obtenu directement cette communication de la Société royale de Londres, ni en quelle langue la lettre originale a été écrite ; serait-ce en anglais, en allemand ou en français? Nous croyons devoir faire remarquer que déjà le 16 novembre 1829, Humboldt prononçait , dans une séance extraordinaire de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, tenue en son honneur, un long discours en faveur du magnétisme terrestre en langue française que nous donnons dans ce recueil ; et qu'il écrivait également en français, le 11 août 1839 à l'empereur Nicolas, que la Société royale de Londres, délibérait encore sur ce qui depuis plusieurs années était exécuté par les ordres de ce souverain. Nous publierons également cette dernière lettre dans notre second volume.
(156) P. 341. — Nous ne sommes pas parfaitement sûrs de l'exactitude de la date donnée par Humboldt.
(157) P. 344. — Voici sur le Penthsaoyàni, les renseignements qu'a bien voulu nous fournir, le 7 août 1864, le savant sinologue Stanislas Julien, duquel nous avions écrit à ce sujet :
« Je ne connais pas le Pen-thsao-yeni, mais dans le Pennthsao- » krang-mo, traité d'histoire naturelle dans ses rapports avec » la médecine, publié par Li-chi-tchin, dans la période Wan-li » (1573-1619), je trouve (livre X, folio 3) une citation qui » renferme peutrôtre le fait que vous avez en vue ; Che-ji, qui y> vivait sous les Song, s'exprime ainsi : Si avec de l'aimant on
» frotte une aiguille de fer, alors elle peut indiquer le midi^ » mais elle décline constamment vers TOrieDt, et ne se tourne y> pas complètement au midi. Voici la manière de s'en servir :
» Prenez v/n seul fil de soie, et avec une particule de cire grosse comme la moitié d'v/n grain de moutarde, collez-le au centre de l'aiguille, et suspendez-le dans un endroit à Vabri du vent, alors Vaiguille indiquera constamment le midi, — Autre procédé :
» Faites passer Vaiguille aimantée à travers une mèche de lampe que vous ferez flotter sur Veau, elle indiquera aussi le midi, mais elle déclinera constamment vers l'Orient.
V Voilà, Monsieur, les seuls renseignements que donne le Pen- » thsao-mo; je désire qu'ils répondent à la question que vous » m'avez fait l'honneur de m'adresser.
» Veuillez agréer, etc., etc. Stanislas Julien.
TBi P. S. Les Song ont régné depuis Tan 960 jusqu'en 1278. Je » n'ai aucun moyen de savoir à quelle époque vivait l'auteur v dont je vous ai traduit le passage relatif à l'aiguille aimantée. »
(158) P. 346. — La station magnétique, dont le baron de Humboldt proposait à l'amiral Duperré, ministre de la marine de France, l'établissement en Islande, y a-t-elle été réellement établie, et à quelle époque?
Ce fait semble résulter d'une phrase du rapport, portant la date du 9 juin 1836, de la commission de la Société royale de Londres, sur la lettre de Humboldt au duc de Sussex -. a Sous le patronage
V des gouvernements de France, de Prusse, de Danemark et de 9 Russie, des observatoires ont été établis à Paris, à Berlin, aux » mines de Freyberg, à Copenhague, en Islande, à Saint-Pétersy> bourg, Kasan, Moscou, Barnaoul, au pied de la chaîne de » l'Altaï, à Nertschink, près delà frontière de la Chine, même à
V Pékin et à Nicolaïeff en Crimée. »
(158&i5) P. 349. — La première lettre de Humboldt à Uansteen, que nous possédons, étant du 28 juillet 1846, ne paraîtra que dans notre second volume. Ce sera seulement à l'époque de sa publication que nous donnerons, dans une notice sur ce sa-
vant astronome^ eatré en ce moment (novembre 1864) dans sa quatre-vingt-unième année, des détails sur son voyage en Sibérie, etc.
(159) P. 357. — Un extrait du mémoire du professeur Gauss, dans lequel son appareil et sa méthode sont décrits avec développements, se trouve dans le London and Philosophical Magor zine, t. Yll, p. 291 et suivantes. (Note de Téditeur anglais.)
(160) P. 357. — Ce rapport portant la date du 9 juin 1836, lu à la séance de la Société royale de Londres du 17 novembre de la même année, a été publié, ainsi que nous l'avons dit, dans les Proceedings de cette Société, t. III (1830-1837), p. 418- 428. Nous expliquons les causes qui nous ont empêché de le donner intégralement. On y voit, qu'aux observations de Gilpin et de Beaufoy, on aurait dû ajouter celles de Canton (Jean), célèbre physicien et astronome anglais, né en 1718; et enûn, qu'après les importantes observations de Sabine, Franklin, Parry, Foster, Beechey et James Ross, on pourrait mentionner aujourd'hui celles du capitaine Back et de Fisher.
(161) P. 360..— 1^^ Lettre à l'amiral Liitke (Frédéric), du 24 décembre 1836.
LÛTKE (Frédéric), amiral russe, membre correspondant de riustitut de France, né vers la fin du dernier siècle, entra de bonne heure dans la marine de son pays, et s'y fit bientôt distinguer. Ce fut en qualité de lieutenant qu'il fut envoyé, au mois de juillet 1821, ayant sous son commandement le brick la Nouvelle-Zemble, pour explorer l'île de ce nom. Après plusieurs tentatives infructueuses, ii en découvrit enfin les côtes le 10 août, mais les glaces l'empêchèrent de s'en approcher. De nouveaux efforts n'ayant pas été plus heureux, il se vit obligé d'interrompre une navigation pénible sur la mer Blanche pour rentrer le 11 septembre dans le port d'Arkangel. Il n'avait réussi qu'à se convaincre que toute la côte septentrionale du 72 au 75° de latitude, et peut-être jusqu'à son extrémité septentrionale,
était dégagée de glaces. Chargé Tannée suivante de commander une nouvelle expédition dans les mêmes parages, il visita les côtes de la Laponie^ se convainquit de l'inexactitude des cartes, sur lesquelles il signala beaucoup d'erreurs, et se dirigea de nouveau sur la Nouvelle-Zemble [NovcLia-Zembla) ; il fit quelques découvertes, entre autres celle de la côte orientale de l'île et le détroit de Maletschin, ainsi que Ta constaté le capitaine Bennet, de la marine hollandaise ; mais en définitive, il lui fut impossible d'en reconnaître la côte méridionale. Lûtke doit au surplus sa principale réputation au grand voyage autour du monde qu'il a fait par ordre de l'empereur Nicolas, et qui occupa les années 1826, 1827 et 1828, sur la corvette le Siniavine, qu'il commandait en qualité de capitaine de vaisseau. Parti de Gronstadt, en août 1826, avec le capitaine Stanioukowitch, commandant la corvette le Moller^ dont il devait, d'après les instructions de l'amirauté, se séparer à Ounalachka, et qui le quitta à Yalparaiso. Au mois de mars suivant (1827), Lûtke navigue jusqu'à Novo-Ârkhangelsk, séjourne à Sitka, se rend de là à Ounalachka, reste quelque temps dans cette île, visite ensuite les côtes du Kamtchatka et l'archipel des Garolines, où il fit quelque séjour à Ualan, pour y déterminer la position de l'équateur magnétique sur le méridien de cette lie qu'il place au S» 19' de latitude nord, par le 196° 54' de longitude ouest du méridien de Greenwich. Après un assez long séjour dans l'Archipel des Carolines, Lûtke découvre un groupe d'Iles auxquelles il donne le nom de Siniavine que portait son vaisseau et qui sont situées entre le 6« 43' et le 7° 6' de latitude septentrionale et le 201 1/2 et le 202® de longitude occidentale du méridien de Greenwich, fait quelques autres explorations, arrive à Manille dont il quitte la baie le 30 janvier 1828, avec la corvette le Moller qui l'avait rejoint et jette enfin l'ancre dans la rade de Gronstadt le 16 septembre suivant après une absence de trois ans et cinq jours.
Lûtke, dans son remarquable voyage, a surtout le mérite d'avoir relevé les côtes comprises entre le détroit de Behring et le Kamtchatka, et à peu près complété la reconnaissance de
l'archipel des Carolines, jusqu'alors partiellement exécutée par les capitaiues Freycinet, Duperrey et d'Urville. Il a encore découvert plusieurs fles qui n'avaient figuré sur aucune carte. On doit remarquer dans le nombre, outre celle que nous avons déjà citée, l'ile haute de Pounipet, habitée par une race noire analogue à celle qui peuple les côtes de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Bretagne, tandis que tout le reste des Garolines connues jusqu'alors était uniformément occupé par la race cuivrée, intermédiaire entre les Malais et les Polynésiens proprement dits.
Le voyage de Liitke, écrit d'abord en russe, a été traduit en français, sur le manuscrit original, sous les yeux de l'auteur, par le conseiller d'État F. Boyé, et publié à Paris dans cette dernière langue en 3 vol. in-S^. Le 3® se compose : 1^ de notices géognostiques sur les contrées visitées, par M. Alexandre Postels 9 traduit de l'allemand en français par J. M. de Genève ; 2^ de notices et observations sur les iles Garolines et leurs habitants, par le d^* Mertens ; et 3^ d'observations zoologiques, par M. T.-H. de Kittlitz, etc. (1835 et 1836). Il est accompagné d'un apendice en un vol. in-4o, comprenant les Tables de route et le journal météorologique, et de remarques sur la navigation du Siniavine, imprimé en français à Saint-Pétersbourg en 1836, d'un atlas in-f^ composé de planches et de vues pour la partie historique, gravé et publié à Paris et enfin d'un atias géographique, format grand-monde, et contenant 155 cartes dont les titres sont en russe et en français.
Lûtke fut envoyé en 1830 par son gouvernement à la tète d'une escadre pour croiser sur les côtes de la France et de l'Islande et exercer à la manœuvre les aspirants du corps de la marine. Il n'avait alors que le grade de capitaine de vaisseau avec le titre d'aide de camp de l'empereur.
Nous ignorons à quelle époque il a été nommé amiral ; mais nous savons seulement qu'il est aujourd'hui membre du Conseil de l'empire et président de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg.
(162) P. 360. — <c Mot illisible. » Note de la main de l'amiral Lûtke.
(163) P. 360. — « lisez Urosses, )» Note de la main de Tamiral Lûtke.
(71) P. 361. —Voir la l^ lettre à Jomard dn 24 février 1809, p. 191, et la notice sur ce dernier, page 409 des Biographies et Notes.
(164) P. 361. — M. Frédéric Dubois, dont parle IciHumboldt, est généralement connu sous le double nom de Dubois de Montperreux. Nous avons consacré à ce savant voyageur et géologue distingué, né le 28 mai 1798, au village suisse de Sfotiers-Travers, et mort dans sa résidence de Peseux, près Neufchàtel, le 7 mai 1850, une notice lue le 2 avril 1852 à l'assemblée générale de la Société de géographie dont il était correspondant, et insérée dans le bulletin de cette Société, du mois d'avril 1852. Elle a été publiée ensuite à part avec quelques développements, à la suite desquels se trouve la liste de ses nombreux ouvrages et mémoires. Sa principale publication est intitulée : Voyage autowr du Caucase^ chez les Tcherkesses et les Abkases^ en Colchide^ en Arménie et en Crimée. Paris, 1839-1843, 6 vol. in-S*^ avec planches et cartes.
(165) P. 362. — l^* lettre à Helmersen, du 9 avril 1837 dans laquelle on lui a donné par erreur le titre de baron.
Helmjsasen (Grégoire de). Lieutenant général au corps impérial des ingénieurs des mines de Russie, membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, fils d'un officier d'artillerie, voyageur et géologue distingué, naquit à Dorpat en Livonie, le 29 septembre 1808. Après avoir terminé, en 1821 , ses études classiques à l'Université de cette ville, il fit un voyage scientifique à Orembourg et dans l'Oural, entra en 1828 dans Tadministration des mines, et exécuta la même année et l'année suivante de nouvelles explorations géolo^ques dans l'Oural, conjointement avec H. Hofmann. Ce fut cette dernière année qu'il fut chargé d'accompagner le baron de Humboldt qui revenait de l'Altaï et
visita avec loi la partie méridionale de FOural. Il suivit ensuite pendant les années 1830, 1831 et 1832, les cours de TUniversité de Berlin et fit plusieurs voyages géologiques et minéralogiques en Allemagne, en Autriche et en Italie. Helmersen explora de nouveau, en 1833 et 1834, FOural et F Altaï, visita successivement, en 1855 et 1856, sous le rapport géologique, la Suède, la Norvège, TAlIemagne et différentes parties de la Russie d'Europe. Il effectua, de 1856 à 1859, quatre autres voyages dans la province d'Olonetz, pour en faire la description géologique. De 1860 à 1862^ Helmersen, toujours infatigable voyageur, fit Texploration géologique des bords du lac Peipus et étudia enfin avec une scrupuleuse attention, pendant Tannée 1863, Tétat actuel de l'industrie minérale dans le terrain carbonifère de la chaîne du Donetz. Les résultats scientifiques des nombreux voyages de Helmersen comprennent vingt-sept mémoires publiés dans les Actes de l'Académie impériale des sciences de Saint- Pétersbourg, dont il avait été élu membre en 184 . Il Test également des Sociétés géographiques de Russie, de Londres et de Vienne.
(166) P. 364. — i^ lettre à Quetelet, du 3 mai 1837.
QuETELET (Lambert-Adolphe-Jacques), né à Gand le 22 février 1796, s'attacha avec ardeur à l'étude des mathématiques qu'il professa d'abord dans le collège de sa ville natale, puis à TAthénée de Bruxelles. A l'âge de vingt-huit ans, il se rendit à Paris, pour s'y perfectionner dans l'astronomie pour laquelle il montrait alors une grande prédilection. Après un séjour de deux ans en France, d'où il rapporta le plan de l'Observatoire créé à Bruxelles en 1826, dont il dirigea la construction, il visita l'Angleterre et une grande partie des autres États de l'Europe. A son retour, il publia plusieurs mémoires dont nous indiquons plus bas les principaux, et fut nommé directeur de l'Observatoire qui lui devait son existence; il en remplit encore les fonctions, joint à ce titre celui de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de Belgique, et est aussi correspondant de l'Institut de France (Âcad(!^mie des sciences morales et politiques, section d'économie
politique et statistique). Quetelet s'est beaucoup occupé d'astro* nomie, d'économie politique, etc. , et en particulier des étoiles filantes et a publié :
1. Astronomie élémmtaire (1826); rééditée en 1847, sous le titre, d'Éléments d'astronomie ;
2. Recherches statistiques sur le royaume des Pays-Bas, 1830 ;
3. Projet de loi su/r V enseignement public en Belgique, 1832 ;
4. Recherches sur la reproduction et la mortalité, et sur la population de la Belgique, 1832;