‹ Correspondance intime du général Jean Hardÿ de 1797 à 1802Chapitre 19 sur 22 · S86 CORRESPONDANCE INTIME · texte numérisé non relu

S86 CORRESPONDANCE INTIME

Je n'ai pas connaissance des deux of£ au Dondon. Le chef de brigade Noël n'c cette aCfoire. C'est peut-être le chef de Noël jeune qui les a pris; il était de Is que commandait Toussaint-Louverture.

près de Toussaint que doivent se trouver officiers.

Je viens de porter, moi-même, à ce g^ lettre que le général en chef m'avait ren lui. J'ai lieu d'espérer, de l'entretien qu avec lui, le retour de la tranquillité dans colonie. Il va répondre au général en ch adresser sa lettre par un de ses aides de c

J'éprouve comme vous, mon général, sincère de vous voir et de vous embrasseï

J'en hâterai l'instant autant que me le tront les opérations que vous me presc celles qu'exige le retour parfait de l'ord ces quartiers.

Salut et considération.

Henry Ghristof Le général de division Hardy à sa fer

Au Cap-Français, 16 floréal (i

Nous commençons à respirer et à nou

naître. Voilà la guerre finie ; les chefs des rebelles se séparent et se rendent à nous avec leurs troupes. J'ai été assez heureux pour donner le branle à tout cela, en amenant adroitement Christophe à Jubé.

Toussaint arrive demain (1). II n^y a plus contre nous que Dessalines, qui est un monstre plus affreux que les autres. Nous ne pouvons pas compter que nous l'aurons facilement, mais il n^ira pas loin.

Nous voici plus tranquilles et j'en suis fort aise ; car c'est un terrible métier que la guerre dans ce pays. Jusqu'à pf*é$ent, j'ai eu une besogne d'enfer; je commande la moitié de l'Ile et Rochambeau l'autre moitié. C'est moi qui ai le plus de peine, parce que le Nord a toujours été plus remuant que le Midi.

Nous touchons à la saison des grandes chaleurs, je me prépare à les éviter autant que possible. Leclerc m'a permis de disposer d^un jardin qui est

(1) Il a proposé de se soumettre. Leclerc lui écrit, le 3 mai : « Le Capitaine-général accepte la soumission du général Toussain t-Louverture , et lui donne l'assurance que ses troupes seront traitées comme celles de l'armée française. »

Hardy écrit à Clauzel, le 7 mai :

« La garde de Toussaint arrivera demain à Plaisance. Passez-la en revue, et diies-moi ce que vous en pensez. »

dans les mornes, près du Cap, et qui a a aux religieux.

Ce jardin me donne des fruits en aboc les légumes pour ma table. On en yen pour payer les nègres que nous employo une superbe fontaine; Maurice y fait un et un ajoupas, sous lequel on sera au i construit une case que je me propose ( avant quinze jours.

Je ne connais au Cap àme qui vive encore mis le pied que dans la mai j'occupe. On vante beaucoup, en Eur femmes de ce pays-ci. Eh bien! ma chè je te donne ma parole la plus sacrée que ai pas encore rencontré une seule, blanc lâtressc, noire, griffe ou quarteronne, q produit la plus légère impression.

On me demande pourquoi je ne t'ai pas a Je m'en félicite tous les jours ; c'eût été te le plus mauvais service. Les quelques d'officier qui ont suivi leurs maris voi bien être restées chez elles. Depuis deu Mme Leclerc est à Port-au-Prince, < s'ennuie à la mort.

Au moment où nous terminions avec To une frégate, arrivant de Lisbonne, nous a

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la nouvelle de la signature de la paix avec TAngleterre (I). Nous n'étions pas tranquilles à ce sujet, depuis le refus que les Anglais avaient fait à un de nos vaisseaux d'entrer à la Martinique (2).

Bernadotte m'écrit qu'il s'est présenté deux fois chez toi sans avoir pu te rencontrer. Je crois qu'il aura incessamment l'expédition de la Louisiane.

En attendant, tu peux t'adresser à lui en toute confiance.

Au quartier général du Cap, 27 floréal (17 mai).

Celui qui te remettra cette lettre, ma bien-aimée Calixte, est le citoyen Estève, chef de bataillon à la II* demi-brigade légère. C'est un très brave homme qui s'est, plusieurs fois pendant la campagne, fait remarquer par sa conduite distinguée. A la dernière affaire, extrêmement chaude et difficile, il a reçu deux coups de feu ; je lui ai fait donner un sabre d'honneur. Je te prie de le recevoir comme il le mérite. Il te dira qu'il me laisse en bonne santé; je désire qu'il trouve la famille bien portante.

Villemangy vient de m'écrire. C'est de lui que

(1) La paix d'Amiens.

(2) Colonie anglaise.

Î90 GOftRESPONDANCB INTIMB

j^apprends que tu es accouchée d'un gan Adieu, ma bien-aimée, donne-moi sou

tes nouvelles, dis-moi comment s'appelle

veau venu , qui en est le parrain.

Je te serre bien tendrement contre mos

ainsi que nos trois chers enfants.

A toi pour la vie.

Jean Hardy

Nous lisons en marçe :

« Cette lettre est la dernière que j'ai reçue c bien-aimé mari, n

Le 27 mai (7 prairial), après avoir assuré, victoires et sa bienveillance envers les vaim pacification de la région nord de Saint-Dom Hardy en org;anisait l'administration civile e taire, lorsqu'il fut enlevé, en quelques heures, fièvre jaune.

Armée de Saint-Domingue , divisions du Ne Ordre du jour du 8 prairial.

Le général Hardy n'est plus ! La mort vi< l'enlever à ses frères d'armes, à ses amis.

(1) Edouard, entré au prytanée, puii à Saint-Gyr, ses deux frères Victor et Félix; officier de cavalerie, ga corps de Charles X, capitaine au 6* chasseurs, écrivain m distingué; mort sans postérité, à Blois, en 1872.

L^armée de Saint-Domingue, et spécialement les divisions du Nord, sentiront vivement cette perte. Tous les braves, à cette nouvelle, honoreront sa tombe du souvenir de ses exploits, en attendant que la France entière s'associe à leur regret. Sa mémoire glorieuse survivra dans le cœur de ceux qui Tout connu !

Le chef tV état-major des divisions du nord,

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