I :Î76 CORRESPONDANCE INTIMl
; Hardy les y a poursuivis avec la briga
I > a marché toute la nuit et, au point
I » culbute, à la baïonnette, ce qui se troi
lui. Il a fait, dans Thabitation Bayonn le grand dépôt de Toussaint, un h déral)le. \ ^ Hardy a rallié sa division sur la riv
TEster, au delà d'Ennery, pendant qu'i I Desfourneaux, après avoir chassé let
morne de la Coupe-à- Pintade, les poun I qu\\ la mer. Le bourg des Gonayves étai
A gauche de la division Hardy, 1 Kochambeau rencontrait une résistan pérée à la Ravine- aux- Couleuvres. * Louverture s'était retranché dans ce étroite, flanquée d'escarpements bois restait trois mille soldats et un grand n volontaires qui, bons tireurs pour la plu embusqués dans la broussaille, firent grandes perles à nos têtes de colonne, ne pouvait résister à Télan de nos vieille qui luttaient corps à corps avec les { noirs et les gardes du dictateur. Il a I cents morts sur le terrain et s'est refi:
15 Ircs peu de monde, au bourg Petite-Ri
;• |! rArtihcnite*
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Le Capitaine-général était, le 6 ventôse, au bivouac du général Hardy, quand il apprit que les généraux Debelle et Humbert n'avaient pas réussi à déloger le nègre Maurepas de sa position du Gros-Morne. Il résolut de la tourner.
Il marcha, le lendemain, contre Maurepas avec le général Hardy, une compagnie de sa garde, cinq compagnies de grenadiers et une demi-brigade. Maurepas, vigoureusement attaqué et se voyant tourné, a fait sa soumission.
Au sud, à l'extrême gauche, le général Boudet a eu grand'peine à triompher de Dessalines. Pendant qu'il marchait vers Saint-Marc, pour rejoindre le Capitaine-général aux Gonayves, Dessalines, se dérobant par les mornes, est allé attaquer Port-Républicain, où le général Pamphyle-Lacroix, blessé, était resté avec moins de six cents hommes. Le contre-amiral Latouche-Tréville, qui n'avait pas quitté la rade, vit le danger et descendit à terre avec un millier de matelots.
Quand Boudet accourut à marches forcées pour secourir Lacroix, Dessalines, son coup manqué, avait déjà battu en retraite. Boudet put remonter au nord et rejoindre Leclerc devant la redoute de la Créte-à-Pierrot, construite par les Anglais sur la rive droite de l'Artibonite, au-dessus du bourg
278 CORRESi»OxM)ANCE INTIMI
; de la Petite-Rivière. C'était là que Toi
' vcrture avait rallié tout ce qui vou
^ combattre pour sa cause.
\ Le 20 ventôse, le Capitaine-général,
j les troupes de Debelle et de Bouc
donner Tassant à la redoute. Mais le douze pieds de large et quinze de prol était palissade. Le feu d'artillerie et de terie des noirs mit quatre cents homme combat. Boudet eut le talon traverse biscaïen, Dugua reçut deux balles; L( son écharpe trouée ; quatre de ses aides tombèrent à ses côtés. Il fallut se retirer dre, pour recommencer Tattaque, qu'oi Tartillerie et des renforts.
Le morne de la Créte-à-Pierrot a été tement investi, le 30 ventôse, par les < ^ I Hardy, Rochambeau, Boudet et Debel
ligne de contrevallation a été construite e lerie, dirigée par le chef de brigade Pam commencé le feu, non seulement contre mais contre une petite redoute que les avaient élevée au sommet de la crête. On \ parait à donner Tassant, dans la nuit du 4 germinal, quand les nègres, se jetant à t ;! les douze mille Français qui les entouraient
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Ténergie du désespoir, réussirent à se faire jour, en ne perdant qu'un tiers de leur eSFectif.
La division Hardy est rentrée au Cap par Ennery, la Marmelade et Dandon, harcelée, jusqu'à la Grande-Rivière, par Toussaint-Louverture et Christophe, qui tiennent encore la campagne.
r.a division Desfourneaux est en position à Plaisance, avec la brigade noire de Maurepas, qui n'a cessé, depuis sa soumission, de donner des gages de fidélité.
Le Capitaine-général est retourné à Port-Rcpublicain, avec la division Boudet et l'état-major.
La division Rochambeau occupe Saint-Marc et se relie, par les Gonayves, avec Desfourneaux.
Paul Louverture et Clerveaux ont mis bas les armes.
Dans le sud, Laplume a fait preuve d'humanité, de sagesse et d'attachement à la République; il est maintenu dans son grade de général de brigade.
La faim, la soif, les privations, les marches forcées n'ont pu ralentir l'ardeur de nos soldats.
La France peut être fière de son armée de Saint-Domingue.
Salut et amitié.
DUGUA, Général de division j chef d* état-major.
z*0 COllEfPOSDASCE INTIME
/^ général de dit û: en Hardi- . €\*mktmamdi Us divisions du ^ord \ , à sa fem
Aa ca«p. le 13
Notre première campagne dans la c* terminée Elle nouâ a donné un mal heauiroup de fatigues et de prÎTations, fort liieri supfiortées. Je suis rerenu an a ver: les deux divisions que je comm mienne et celle de De^ fourneaux , dans du Nord, et me voilà rentré au Cap.
.lui une besogne infernale, surtout \ coquins d'adniini.<>trateurs qui, pendan ijifisence, ont mis le vol et le gaspillage ; du jour. Je me charge de leur rogner les
Je viens de destituer un commissaire nateur, qui méritait que je le fisse passe fenêtre. Nous recommencerons le branU
{\ , Ordre du jour </u It germinal. — « I^ géoéi prend le corniriaDdcriicnt des divisions du nord; soi (jcnérnl est étahli au Cap. Le général Salm le reoipla coinmandeiiierit de la division de droite. Le génér prendra, par intérim, le commandement de la di (jaucbc pendant la maladie du général Desfoumeaux.
« Le Capitaine^é « Leclerc.
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le gouvernement nous aura envoyé les forces nécessaires. En ce moment, nous sommes loin de compte.
P,S. — Mes aides de camp te présentent leurs hommages; ils ont été aussi heureux que moi; pas un n'est hiessé.
18 germinal (8 avril).
Un de mes compagnons d'infortuné en Irlande part demain pour la France. J'en profite pour te donner de mes nouvelles. Je vais hien, mais la moitié de ma maison est une infirmerie. Cela ira mieux dans trois ou quatre jours; rien de dangereux, d'ailleurs.
Hardy devient l'agent le plus actif de la pacification.
« Tout en redoublant de surveillance, » écrit-il à Salm, qui, à Plaisance, a malmené le général noir Maurepas, placé sous ses ordres, « il faut user de beaucoup de ménagement et de dextérité, w
II en donne si bien l'exemple, que son redoutable adversaire, Christophe, le plus brave, le plus intelligent des généraux de Toussaint, invoque son intervention pour rentrer en grâce auprès du Capitainegénéral, et l'obtient.
On ne peut douter, en lisant la réponse du général Hardy, que Saint-Domingue aurait été conservée à la France, s'il avait vécu.
Au général Christophe.
30 germinal (SO
Le capitaine Villon^ commandant à 1 Anse, m'a communiqué, citoyen général, que vous lui avez adressée; j^en ai donné sance au général en chef.
II est aisé de voir, par les détails dans vous entrez, que vous avez été la vie insinuations perfides de gens qui ont cons travaillé à Tanéantissement de la liberté, leur séjour en France, ils ont embrassé vement tous les partis, suscité les troub divisions. Après s'en être fait expulser venus, dans la colonie, débiter des men des calomnies, afin de trouver dans de i troubles les moyens d'existence qui le quaient en Europe.
Leur astuce vous a inspiré de la contre le gouvernement français et' c( délégués.
Mais notre conduite, depuis notre Saint-Domingue, a dû vous éclairer sur I de nos intentions.
Il y a douze ans que nous combatton
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liberté; pouvez-vous croire que nous voulions ternir notre gloire et détruire notre ouvrage?
Revenez, général, à des sentiments plus justes, et croyez que vos principes sont les nôtres.
La réputation dont vous jouissiez dans cette contrée ne devait pas faire présumer que nous trouverions en vous un adversaire du gouvernement. Cependant, général, ce gouvernement est prêt à oublier le passé.
Je vous parle avec la franchise d'un soldat qui ne connaît pas de détours. Revenez de vos erreurs ; votre adhésion aux vrais principes de la Liberté peut réparer les maux qui désolent cette belle colonie. Il n'est pas digne de vous de soutenir la cause d'un Toussaint, usurpateur et rebelle. La mère-patrie vous tend les bras ; elle est indulgente à ses enfants égarés. Jugez-en par nos procédés envers les généraux Clervaux, Paul Louverture et Maurepas, et leurs compagnons d'armes.
Si vous avez vraiment l'intention de reconnaître les lois de la République et d'obéir aux ordres de son gouvernement, venez, général, vous joindre à nous.
Hier, nous vous combattions comme un ennemi ; demain, si vous le voulez, nous vous embrasserons comme un frère.
Je VOUS propose une entrevue à Tha Vaudreuil. Amenez vos troupes et, si n nous entendons pas, je vous donne ma d'honneur que vous serez libre, après la renée, de retourner à vos avant-postes.
Henry Christophe^ général de brigade^ co dant le cordon du Nord^ au citoyen Han néral de division, commandant les divisù Nord.
Au quartier général de la Grande-Ri le 8 Boréal (28 avril).
Citoyen général.
Votre lettre d'hier m'a été remise.
Je suis infiniment sensible au plaisir que m'annoncez avoir éprouvé, en apprenant sultat de la conférence que j'ai eue avec le gé en chef. La confiance que votre franchis< inspirée ne peut désormais que s'aflFermir el croître, et j'ose croire que vous aurez la i confiance en moi. \
Le général en chef a bien voulu m'accord servir sous votre commandement. Je m'e jouis. Je vais m'occuper de suite d'exécut( ordres concernant l'état de situation des tro
le rassemblement et Tenvoi à la Petite-Anse, des bataillons coloniaux que vous me mandez d'y faire descendre. J'aurai le même soin de vous remettre les états de Tarmement, de Téquipement, de Tartillerie et des munitions.
Je fournirai pareillement l'indication que vous désirez, des lieux où sont construits les ouvrages défensifs.
Je m'occupe de faire rentrer les cultivateurs dans les habitations. L'état numérique que vous me demandez sera une opération difficile, jusqu'à ce qu'ils aient repris leurs travaux habituels. Tous mes soins tendent à les y ramener et, dès que j'y serai parvenu, je ferai les relevés nécessaires pour la situation que vous désirez.
Quant à l'état nominatif des cultivateurs par habitation, j'observe qu'au temps de tranquillité, c'eût été une opération fort longue, par la nécessité de faire les relevés dans chaque habitation.
J'ai pareillement reçu, citoyen général, la lettre touchant le renvoi des personnes qui s'étaient réfugiées dans les mornes.
Dès ma sortie du Haut-du-€ap, j'ai donné les ordres nécessaires pour leur retour dans leurs foyers. Il ne dépend maintenant que de leur vo-* lente de s'y rendre.