LA MAISON DE MA MÈRE
« Maison de la naissance, ô nid! perle du monde, »
« Lyon sera bien humilié lorsqu'il apprendra que le « bruit de ses trente mille métiers inspire de pareils « vers : il est vrai qu'il se consolera en pensant que ,( Mn"=Valinore n'est pas du commerce.
Alex. Dumas.
(Revue de Paris, 1837, nouv. série, t. XL, p. 35-39). page 114. Les lettres LXVII-LXXllI ont été publiées dans la Revue politique et littéraire (Revue bleue), u» du 10 août 189.Ô. — Nous donnons ici une autre lettre de M'»|= Desbordes-Valmore, écrite aussi de Milan à une personne inconnue. (Copie communiquée par M. Félix Delhasse).
. Milan, 31 août 1838.
ce Nous avons tu l'une des plus tristes choses de ce « monde (pour moi du moins), Marie-Louise, plus âgée « que son âge, malgré sa parure élégante et son bonnet « de jasmins, l'inexplicable Marie Louise, dont le cœur « demeure impénétré, dont la physionomie impassible c< ne trahit pas une émotion. J'étais émue, moi, eu « passant forcément si près d'elle, dans le corridor « étroit où sa loge touchait la nôtre, que sa robe m'ef- « fleura, quand je cherchai, je l'avoue, et pour la
tf première fois de ma vie, à voir en face une personne « qui cherchait à se cacher dans une loge assez humble » et sans lumière. Mais le prince de Melternich et a surtout sa livrée blanc et or l'avait trahie. M"" Mars, « à qui je courus dire que le bras qu'elle touchait « était celui de Marie-Louise, fit tout ce qu'il est pos- « sible de faire d'efforts sans manquer aux conve- « nances pour faire retourner un peu cette femme « immobile. Elle n'en vint pas à bou'. Quand je la vis « se lever pour sortir, je me trouvai comme malgré « moi sur son passage. Elle se courbait e.i marchant « cemme pour chercher les marches de l'escalier à « peine éclairé qu'elle allait descendre. Sa robe blanche « très légère et très ample m'efffeura. Sa figure me « parut très longue et très colorée, mais douce et « calme. Il me passa quelque chose devant les ^eux « dans ce moment, qui me saisit. Je vis l'Empereur « mort et le roi de Rome, également comme une « ombre, qui la suivaient dans ce froid corridor, et il « me fut difficile de rester jusqu'à la fin de Jeanne de « Naples, dont elle n'avait pu supporter peut-être le « terrible dénouement. J'étouffai cependant les bat- « tements de mon cœur pour connaître entièrement « M"" Marchioni qui jouait dans la pièce. »
F. page 132. Voyez « Au Soleil » (Œuvres poétiques, II, 63).
G. page 13"). Valmore, à l'âge de seize ans, était passé par Rome, en allant à Naples.
H. pa^elS^-y.yoyez Bouquets et prières, de M"'^ Desbordes- Valmore. Paris, 1843, p. 141.
I Rome, où ses jeunes pas ont erré. . .
I. page 140. Adolphe Nourrit, célèbre chanteur, mort à Naples, le 8 mars 1839, à l'âge de 37 ans.
J. page 156. Constant Desborde?, peintre, oncle de Marceline.
K. page 165. Procès relatif à l'insurrection des 11 et 12 mai 1839, dirigée par Armand Barbés, Bernard, Nouguès, etc., etc. La Cour des pairs renditsonarrèt, le r2juil-
let, et la lettre de Marceline est datée du 10, mais M""^ Desbordes- Valmore finissait rarement une lettre, le jour môme oh elle la commençait.
L. page 179. « M™^ Récamier, M. de Chateaubriand, de « Ballanche, Sainte-Beuve et mon fils ! Quel beau « jourl L'Abbaye-au-Bois bourdonnait d'enfants au so- <i leil, habillés defète, emportant dans leurs bras trem « blants de plaisir les prix qu'ils venaient d'obtenir à « l'école dessœursqui se consacrent à l'enseignement » (Extrait d'un Album deM™<^Desbordes-Valmore Bibliothèque communale de Douai, Mss. 1101, X. fol. 30.) La Bibliothèque de la ville de Douai possède quatorze albums de poésie?, toutes écrites de la main de Mn>e Desbordes-Yalmore. A les ouvrir, à reposer son regard sur leurs pages, on se sent comme plus près du cœur du poète : une écriture presque droite, d'un caractère large et loyal, peu de ratures. Et à côté, sur les marges, dans les blancs, des fleurs cueillies ou reçues, des violettes, des pétalas de roses, des pensées (des pensées surtout), fanées, décolorées, adhérant aux pages .• tout un herbier de souvenirs. Ça et là encore une petite lithographie romantique, une humble aquarelle, ou même un lambeau de vêlement que portait un être cher : précieuses reliques pour Marceline.