DE M. I. JOUBERT. XXXIX
K ma solitude avec humeur; je m'occupe avec dégoût; « je me promène sans plaisir; je rêve sans charme, « et je ne puis trouver une idée consolante. Je sais « bien que cet état ne peut durer longtemps ; mais la « jeunesse se passe; les ressources s'enfuient, et il ne a reste que des regrets. »
Un peu plus tard elle lui mandait : a J'ai retrouvé « ici d'anciennes lettres de tous qui me recomman- « dent l'amour du repos et de la solitude. Vous aviez « raison, je le sentais; mais j'étais alors indigne de « la solitude et incapable du repos dont je sens tout « Il mérite aujourd'hui, sans en excepter celui qui « est voisin de l'anéantissement. Il me semble que je « végète assez bien, quoique moins agréablement que « les plantes qui m'environnent. Beauchêne vous dira « que je suis engraissée; j'en suis moins sûre que c( lui, car ma santé ne me donne pas toute satisfac- « tion. J'ai pris de vous la mauvaise habitude de ne « digérer qu'en marchant; mais, en marchant, la « rêverie est funeste ; il me faut donc , dans mes pro- « menades, m'accoster de M. Perron, me faire en- « nuyer par le pauvre homme et le lui rendre. Je lui « adresse chaque soir les mêmes questions, etjere- « çois les mêmes réponses que je n'écoute pas toute jours jusqu'à la fin. De son côté, réguHèrement, « aux mêmes passages, il me raconte les mêmes his- « toires. A quelques pas près, je me les annonce