Communiqué par MM. Rendu Ois
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d'être promu en temps opportun aux places qu'on sollicitait et dont on était jugé digne.
Le surnumérariat est une espèce d'admission.
Enfin, il y a des espèces de places qui ne peuvent être bien remplies que par des hommes qui ont une ancienne expérience, qui ont vu la discipline ancienne et pratiqué l'ancienne éducation. Telles sont celles d'inspecteur. Ceux qui en sont dignes et capables à ces titres ne peuvent guère, par le bienfait et les inconvénients de l'âge et du mérite, en accepter d'autres avec honneur, et c'est, je crois, le cas où se trouvent M. Mourre et quelques autres.
Dans tous les corps, les vétérans ne sont ni regardés ni traités comme de nouveaux ^'enus. Et je crois que l'intérêt de la jeunesse et celui du grand maître exigent qu'on ne ferme les portes que lorsqu'on sera sûr de ne laisser dehors rien qui vaille mieux que ce qui est entré.
Je ne connais pas M. Mourre; mais s'il est tel qu'on me Ta dépeint il y a trois ans (car il y a trois ans qu'il sollicite], il faut lui ouvrir les deux battants.
Si sa demande était d'hier ou d'aujourd'hui, M. Queneau aurait raison.
Je vous recommande M. Manger, d'Irancy, et je vous prie de le recommander au grand maître pour l'École normale. Je suis sûr de lui, j'en réponds. Il en sait plus qu'un autre; il a été présenté par des hommes sages et par des hommes puissants; enfin il est Français, et en bonne philosophie, en bonne politique, un Français, à mérite égal (et peut-être même inégal), doit, parmi nous, avoir le pas sur un Genevois.
Je vous recommande instamment cette affaire. Servezmoi, car je ne puis pas me servir.
Villcneuve-sur-Yonne, li octobre 1812.
A rnadame de Vintimiile.
Est-il possible que vous ayez attendu de moi un service léger que je ne pourrai vous rendre? Sera-t-il dit que vous aurez inutilement compté sur moi, vous à qui je dirais si volontiers, en regardant les étoiles : « Ne me les demandez pas, car je ne pourrais pas vous « les donner! » Ce que vous désirez m'aurait été facile il y a cinq ans, et m'est impossible aujourd'bui. Mais parlez à M. Frisell : je lui transmets avec confiance, quoique avec un inexprimable regret, cette belle occasion d'être heureux et de vous servir. J'ai délibéré si je ne m'adresserais point à lui, en mon propre nom; mais j'ai trouvé peu généreux de lui dérober une satisfaction dont il sentira tout le prix, et de ne pas lui laisser, dans leur intégrité, et sans y prendre aucune part, votre reconnaissance et cette joie dont vous parlez avec tant d'appétit, et qu'on aurait eu tant de plaisir à vous causer. Je vous remercie des vers de M. de Vintimiile; ils sont fort jolis et dignes de vous. Quand Chateaubriand vous écrit, c'est une préférence qu'il vous donne sur nous, qui l'aurions voulu avec nous, qui l'avons pressé de venir, et qui n'avons pas encore pu en obtenir une réponse.
Nous serons à Paris du 1^^ au 3 novembre. Ma tête et mes nerfs sont affreux ; mon estomac penche à redevenir ce qu'il était; Moscou me fait horreur; mais mon cœur est toujours le n^ême, parmi tant de vicissitudes