De la cruauté religieuse. Londres
12. L'Enfer détruit, ou Examen raisonné du dogme de l'éternité des peines. Londres, 1769.
13. L'Intolérance convaincue de crime et de folie. Cet ouvrage fait partie du volume public par Naigeon sous le titre : De la tolérance dans la religion, ou de la liberté de conscience, par Crellius. Londres, 1769.
14. Système de la nature, ou des lois du monde physique et du monde moral. Londres, 1770, 2 vol. Quelques exemplaires, aujourd'hui fort rares, renferment
* Les ouvrages condamnés, par arrêts du Parlement des 18 août 1770 et 16f évrier 1776, à être brûlés de la main du bourreau, et ceux condamnés par nos tribunaux pour les réimpressions faites depuis notre prétendue Restauration, sont marqués d'un astérisque. (Ch.)
'* On trouvera dans le Dictionnaire des ouvrages anonymes une notice curieuse où Barbier prouve que cet ouvrage, que l'on attribuait à Damilaville, est bien du baron d'Holbach. (Ch.)
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filles, dont l'une a épousé le marquis de Ghâtenay, et l'autre le comte de Nolivos.
un Discours préliminaire très-curieux que l'auteur n'osa point publier en même temps que son ouvrage; six mois après, Naigeos le lit imprimer à Londres à 25 exemplaires seulement. 11 forme une feuille in-8° de 16 pages.
15. Histoire critique de Jésus-Christ, ou Analyse raisonnée des Évangiles. Sans date. (Amsterdam, vers 1770).
16. Tableau des saints, ou Examen de l'espiit, de la conduite, des maximes et du mérite des personnages que le christianisme révère et propose pour modèles.
Londres, 1770. •' vol.
17. L'Esprit du judaïsme, ou Examen raisonné de la loi de Moïse, et de son influence sur la religion chrétienne. Londres, 1770.
18. Essai sur les préjugés, ou de l'influence des ojnnions sur les moeurs et le bonheur des hommes, ouvrage contenant l'apologie de la philosophie. Londres, 1770. — Réimprimé à tort en 1822, sous le nom de Dumarsais.
19. Examen critique de la vie et des ouvrages de saint Paul. Londres, 1770.
20. Le Bon Sens, ou Idées naturelles opposées aux idées surnaturelles. Londres, 1722. — Souvent réimprimé, mai- a toit, même de nos jours, sous le nom du curé
er.
21. De la Nature humaine, ou Exposition des facultés, des actions et des passions de l'âme, et de leurs causes, déduites d'après des principes philosophiques qui ne sont communément ni reçus ni connus; traduit de l'anglais de Hobbes.
Londre-. 1772.
.- ^iistème social, ou Principes naturels de la morale et de la politique, avec un examen de l'influence du gouvernement sur les mœurs. Londres, 1773, 3 vol.
23. La Politique naturelle, ou Discours sur les vrais principes du gouvernement. Londres, 1773, 2 vol.
24. La Morale universelle, ou les Devoirs de l'homme fondés sur sa nature. Amsterdam, 1776,3 vol.
25. Théocratie, ou le Gouvernement fondé sur la morale. Amsterdam, 1776.
26. Éléments de la morale universelle, ou Catéchisme de la nature. (Ouvrage posthume refait par Naigeon.) Paris, 1790, in-18.
On doit aussi à d'Holbach le dernier chapitre du Militaire philosophe, ou Difficultés sur la religion proposées au P. Malebranche, ouvrage refait et publié par Naigeon, Londres, 1768, et les ouvrages suivants, insérés dans le Recueil philosophique, ou Mélanges de pièces sur la religion et la morale. Londres, 1770, 2 vol. Dans le tome premier : Réflexions sur les craintes de la mort. Dans le tome second : Dissertation sur l'immortalité de Vâme. — Dissertation sur le suicide. — Problème important : La religion est-elle nécessaire à la morale et utile ci la politique? — Extrait d'un livre anglais de Tindal, qui a pour titre : Le Christianisme aussi ancien que le monde.
Il a refait l'Antiquité dévoilée par ses usages (Londres, 1766, in-4°), sur le manuscrit qu'a laissé Boulanger. Presque toutes les notes qui se trouvent au premier livre des Lettres de Sènèque, traduites par Lagrange, sont du baron d'Holbach.
§ II. OOVRAGES SCIENTIFIQUES.
1. L'Art de la verrerie de Neri, Merret et Kunckel; traduit de l'allemand. Paris, 1752.
k2h CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.
— Il n'est parvenu ici qu'un fort petit nombre d'exemplaires des prétendus Mémoires de M™ la comtesse de La Motte-Va-
2. Minéralogie, ou Description générale des substances du règne minéral, tra duit de l'allemand de Wallerius. Paris, 1753, 2 vol.
3. Introduction à la minéralogie; traduit de l'allemand de J.-F. Henkel. Paris, 1756, 2 vol.
4. Chimie métallurgique, dans laquelle on trouvera la théorie et la pratique de cet art; traduit de l'allemand de Gellert. Paris, 1758, 2 vol.
5. Essai d'une histoire naturelle des couches de la terre ; traduit de l'allemand de Lehmann. Paris, 1770.
6. L'Ait des mines; traduit de l'allemand de Lehmann. Paris, 1759, 3 vol.
7. OEuvres de M. Henkel; traduites de l'allemand (en société avec Charas), contenant la Pyritologie, ou l'Histoire naturelle de la Pyrite, le Flora saturnisans, etc. Paris, 1760, 2 vol.
8. OEuvres métallurgiques de Jean Christian Orschall, traduites de l'allemand. Paris, 1760.
9. Recueil des Mémoires les plus intéressants de chimie et d'histoire naturelle, contenus dans les Actes de l'Académie d'Upsal et dans les Mémoires de l'Académie de Stockholm ; traduits de l'allemand et du latin. Paris, 1764.
Une partie seulement de ces Mémoires a été traduite par le baron d'Holbach.
10. Traité du soufre; traduit de l'allemand de Stahl. Paris, 1766.
11. L'Agriculture réduite à ses vrais principes; traduit de l'allemand de Wallerius. Paris, 1774.
§ III. Ouvrages divers.
1. Lettre à une dame d'un certain âge sur l'état présent de l'Opéra. En Arcadie, aux dépens de l'Académie royale de musique, 1752, in-8°.
2. Arrêt rendu à l'amphithéâtre de l'Opéra, contre la mus/que française,
3. Les Plaisirs de l'imagination, poëmj en trois chants, par M. Akenside; traduit de l'anglais. Amsterdam, 1769.
4. On trouve dans les Variétés littéraires, sous le nom du baron d'Holbach, la traduction en prose d'un Hymne au soleil, et d'une Ode sur la vie humaine; la première de ces pièces passe pour être de sa composition. On lui doit l'article Prononciation des langues, dans l'Encyclopédie méthodique (Dictionnaire de grammaire). Il a travaillé avec Diderot et Pechméja à la partie philosophique de V Histoire de Raynal, et a fourni à la première Encyclopédie, sous le voile de l'anonyme, un grand nombre d'articles de philosophie, de politique et d'histoire naturelle. Enfin, on avait attribué au baron d'Holbach la version allemande de Y Histoire ancienne de Russie de Lomonossow, traduite en français par Eidous, 1768, mais cela n'est pas certain.
On voit, en rapprochant les dates de publication des ouvrages de d'Holbach, la direction qu'a prise cet esprit judicieux pour arriver aux doctrines de philosophie positive auxquelles il a consacré ses derniers travaux. C'est en étudiant l'histoire naturelle des couches de la terre qu'il aperçut d'abord, et l'un des premiers, l'évidente contradiction qu'il y a entre les notions géologiques aujourd'hui les plus certaines et les assertions fondamentales de nos textes sacrés. C'est par l'observation rigoureuse des faits qu'il parvint ensuite à opposer les idées naturelles aux idées surnaturelles, puis à démontrer l'inutilité du dogme de l'immor-
toi*1 ; on doit même espérer que ce misérable écrit sera toujours infiniment rare. Mais l'odieuse célébrité que ces Mémoires ont obtenue même avant d'avoir été publiés n'en était pas moins faite pour exciter beaucoup de curiosité, et il n'y a véritablement que ce motif qui puisse faire surmonter le dégoût dont on ne saurait se défendre en parcourant ce tissu d'horreurs également absurdes, également révoltantes.
Les papiers publics ont annoncé que la dame de La Motte avait cherché à vendre ce libelle à la cour de France; que M. de Calonue avait cru se rendre intéressant en se mêlant de ce marche; que la reine avait eu l'excellent esprit de s'y refuser, bien sûre que la publication de l'ouvrage suffirait seule pour le faire tomber dans le mépris et ferait par là même une impression moins fâcheuse que l'attente dans laquelle on entretenait le public depuis l'évasion vraiment inconcevable de Mme de La Motte du lieu où elle avait été si justement renfermée.
Nous ne raconterons point ce que dit Ml,,e la comtesse de La Motte-Valois de sa descendance de Henri II, des hasards heureux qui l'ont fait reconnaître et accueillir par la pitié généreuse, mais peut-être peu éclairée, de Mme la marquise de Boulainvilliers ; cette partie de son histoire est conforme à celle que contiennent les Mémoires imprimés durant le cours de son procès; mais ce qu'on ne trouvait pas dans ces premiers Mémoires et qu' elle confesse dans ceux-ci avec une ingénuité assez gaie, ce sont ses amours avec le cardinal de Rohan. Une révélation plus audacieuse et, s'il est possible, plus incroyable encore qu'elle n'est audacieuse, est celle des goûts d'une grande souveraine dont elle ose assurer qu'elle fut longtemps l'objet préféré. Cette insolente fiction par laquelle Mmc de La Motte a cru devoir commencer son roman est à peu près la seule circonstance de son histoire qui ne soit pas démentie par l'évidence même des faits rapportés et constatés dans la procédure qui a décidé sa condamnation; aussi estce sur les détails de ces amours imaginaires qu'elle s'étend avec
talité de l'àme et de l'existence de Dieu pour l'établissement de la morale j et enfin, le dégageant de toute donnée théologique et métaphysique, à ne plus fonder le bonheur que sur les rapports humains. (Ch.)
1. Mémoires justificatifs de la comtesse de Valois de La Motte, écrits par elle-même. Imprimés à Londres, 1788, in-8°, 232 et 46 pages contenant les pièces justificatives. P. 232, l'exemplaire de la Bibliothèque nationale porte la signature autographe de la comtesse, libellée ainsi qu'elle est portée sur le titre.
le plus de complaisance. Elle dit que l'accident1 qui lui arriva chez une des femmes de chambre de Madame ayant fait du bruit à Versailles parvint jusqu'aux oreilles de la reine. Sans avoir été ni belle ni jolie, Mme de La Motte avait alors tout l'éclat de la jeunesse et beaucoup de fraîcheur. Elle prétend qu'elle s'aperçut bientôt que la reine, toutes les fois qu'elle se trouvait sur son passage, la considérait avec un intérêt qui ne tarda pas à mériter l'attention de tous ceux qui connaissaient l'intérieur de la cour. Le cardinal en fit compliment à Mme de La Motte et lui prédit la haute faveur à laquelle elle était destinée ; il lui annonça même qu'il était instruit que ces signes du goût très-vif qu'elle inspirait à la reine donnaient déjà de la jalousie à la duchesse de Polignac, et qu'elle ne devait plus compter sur la protection de cette dame pour être présentée à Sa Majesté. Il l'engagea à essayer pour elle et pour lui jusqu'à quel point le succès pourrait justifier ses conjectures et ses espérances. En conséquence, cette femme hardie attendit un jour la reine sur son passage, se laissa tomber à ses pieds, et lui tendit d'une main défaillante un papier qu'elle soulevait à peine. La reine s'empressa de la relever avec bonté et lui dit avec l'expression de l'intérêt le plus tendre qu'elle lirait son mémoire et lui ferait donner de ses nouvelles. Une dame de Mizery, première femme de chambre de la reine, ne tarda pas à faire dire à Mme de La Motte de passer chez elle. Cette femme l'introduisit secrètement chez la reine ; elle en reçut l'accueil le plus séduisant et le plus flatteur. « La reine, dit-elle, ne dissimula qu'à peine, dès cette première entrevue, le genre des sentiments que je lui inspirais ; elle déploya pour moi toutes les grâces qui lui sont si naturelles et me promit que ma demande serait accueillie par le ministre, mais qu'elle m'engageait à la faire solliciter par mon frère, parce qu'elle avait des raisons pour ne pas paraître s'intéresser personnellement à moi. » Mme de La Motte ajoute que la reine lui avoua que la jalousie de Mme de Polignac était le motif de cette précaution et la congédia après l'avoir embrassée tendrement. Une seconde femme de la reine lui ménagea bientôt après plusieurs rendez-vous successifs tantôt à Versailles, tantôt à Trianon.
Cette femme impudente ne borne pas encore là toute son