‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 122 sur 167 · Id. Ibid., cap · texte numérisé non relu

Id. Ibid., cap

plus redoutable qu'elle cache avec soin sa malignité l. On trouve quelquefois une compagnie choisie et des conversations instructives aux différents portiques distribués dans la ville 2 ; ces sortes de rendez-vous ont dû se multiplier parmi les Athéniens, leur goût insatiable pour les nouvelles, suite de l'activité de leur esprit et de l'oisiveté de leur vie, les force à se rapprocher les uns des autres. Ce goût si vif qui leur a fait donner le nom de Bayeurs ou de Badauds 3 se ranime avec fureur pendant la guerre; c'est alors qu'en public, en particulier, leurs conversations roulent sur des expéditions militaires; qu'ils ne s'abordent point sans se demander avec empressement s'il y a quelque chose de nouveau 4 ; qu'on voit de tous côtés des essaims de nouvellistes tracer sur le terrain ou sur le mur la carte du pays où se trouve l'armée 5, annoncer des succès à haute voix, des revers en secret 6, recueillir et grossir des bruits qui plongent la ville dans la joie la plus immodérée ou dans le plus affreux désespoir 7...

<( Quoique les Athéniens aient l'insupportable défaut d'ajouter foi à la calomnie avant que de l'éclaircir 8, ils ne sont méchants que par légèreté, et l'on dit communément que quand ils sont bons, ils le sont plus que les autres Grecs, parce que leur bonté n'est pas une vertu d'éducation 9.

« Le peuple est ici plus bruyant qu'ailleurs. Dans la première classe des citoyens règne cette bienséance qui fait croire qu'un homme s'estime lui-même, et cette politesse qui fait croire qu'il estime les autres. La bonne compagnie exige de la décence dans les expressions et dans l'extérieur10 : elle sait proportionner aux temps et aux personnes les égards par lesquels on se prévient mutuellement "... Elle exige une certaine facilité de mœurs, également éloignée de cette complaisance qui approuve tout et de

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