‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 123 sur 167 · Théoph., Charact. cap. iv · texte numérisé non relu

Théoph., Charact. cap. iv

cette austérité chagrine qui n'approuve rien 1 : mais ce qui la caractérise le plus est une plaisanterie fine et légère '2 , qui réunit la décence à la liberté, qu'il faut savoir pardonner aux autres et se faire pardonner à soi-même; que peu de gens savent employer, que peu de gens même savent entendre... »

Tout cela est prouvé, dans les notes, par des passages d'Arislote. de Theophraste et d'Aristophane.

Anacharsis a dédié son ouvrage à deux illustres époux, qu'il eut, dit-il, l'avantage de connaître dans son voyage de Perse, Arsame et Phédime; c'est M. et Mmo Choiseul. «Vous avez des droits sur cet ouvrage ; je le composai en partie dans ce beau séjour (Chanteloup) dont vous faisiez le plus bel ornement ; je l'ai achevé loin de la Perse et toujours sous vos yeux ; car le souvenir des moments passés auprès de vous ne s'efface jamais. Il fera le bonheur du veste de mes jours, et tout ce que je désire après ma mort, c'est que sur la pierre qui couvrira ma cendre on grave profondément ces mots : II obtint les bontés d'Arsame et de Phédime. »

CONSIDÉRATIONS SUR LE GOUVERNEMENT D'ATHÈNES. après une lecture du Voyage d' Anacharsis.

La grande célébrité où tant de chefs-d'œuvre du génie et des arts avaient si justement élevé la république d'Athènes n'a pu manquer d'introduire plus d'une erreur dangereuse dans nos théories politiques; elle semble avoir ébloui, du moins en leur faveur, des esprits très-distingués, et plus particulièrement ceux qui, nourris de la lecture des anciens, en étaient plus portés aux idées libérales, plus susceptibles d'enthousiasme pour la liberté. On a trop oublié qu'aucun autre peuple du monde, pas même parmi ses voisins, parmi ses plus proches alliés, ne ressembla jamais au peuple d'Athènes; on n'a pas moins oublié sans doute que, quelque brillante que fut sa destinée, quelque admirables et quelque immortels qu'en soient les souvenirs, il est permis de douter si le peuple le plus spirituel de toute l'histoire ancienne et de toute l'histoire moderne fut aussi le plus

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