‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 128 sur 167 · Par Saint-Just, conventionnel · texte numérisé non relu

Par Saint-Just, conventionnel

hlS CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

facilité, des images riantes et des vers heureux. On pourra prendre une idée de sa manière et de ses défauts dans le morceau suivant sur. l'état actuel du Théâtre-Français.

Il voit Thalie en cotillon mesquin, Pour des sabots laissant le brodequin, Froidement gaie et grotesquement tendre, Dédaigner l'art et le sel de Ménandre ; Organt vit là Mole, dont le talent Est d'écorcher Molière impunément; Et Desessarts, le Sancho de Pécole, Qui croit l'Olympe assis sur son épaule; La glaciale et brûlante Raucourt De qui les feux ont fait rougir l'Amour, Et dont le cœur, digne de Messaline, Parodia la Trinité divine Avec trois culs l'un par l'autre pressés, Et se heurtant unis et divisés; Fleury, suivant et mignon du héros, Lequel jamais ne dormit sur le dos ; Cette Contât 1, nouvelle Cythérée Qui sur le sable apporta la marée; Et Dorival dont le palais branlant Mâche les vers de sa dernière dent; Cette Chassaigne, ànesse de Cythère, Divinité dont Cybèle est la mère ; Florence enfin, sot avec dignité, Thersite en scène, Achille au comité...

Reposons les yeux de nos lecteurs sur des images moins impures : c'est le début du cinquième chant.

Vous avez vu la fraîche jardinière, Quittant les bras de son joufflu Colin, En jupon blanc sortir de la chaumière Et vers Paris trotter de grand matin.

De même l'aube, aimable avant-courrière, De l'univers entr'ouvrait la barrière.

L'aube naquit, dit un grave Romain,

D'Endymion et Diane la Lune :

Elle apportait au ciel chaque matin

Le lait nouveau des troupeaux de Neptune.

Or, un beau jour Jupiter l'attendit

Vers l'orient. En chantant elle arrive ;

Page 1