‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 129 sur 167 · Dont la mère était marchande de marée. (Meister · texte numérisé non relu

Dont la mère était marchande de marée. (Meister

Jupin courut : l'adroite fugitive Fit un faux pas, son urne répandit, Et la blancheur est toujours demeurée Eu cet endroit de la voûte azurée...

— Lettres de lu comtesse de'" au chevalier de***. Brochure in- 8°.

« On présume, dit-on clans un petit avertissement, que ces Lettres ont été écrites pendant les élections de Paris; il paraît qu'il en manque plusieurs, c'est véritablement une perte. »

Ces Lettres, que l'on a attribuées à M. le comte de Lameth, ensuite à M. de Vaines ', peignent avec autant de malice que de légèreté la nouvelle espèce de ridicules que l'effervescence actuelle des esprits vient de mettre à la mode. 11 y a dans ce petit écrit de la gaieté, de la grâce et surtout un excellent ton. Ce n'est que par des citations qu'on peut donner quelque idée d'un ouvrage de ce genre.

u Savez-vous que depuis que vous êtes dans le parti du tiers, je ne gronde plus mes gens? »

a Mme de*** arrive chez moi ce matin, et de la porte elle me crie : « Je n'ai qu'un instant pour vous faire mon compliment. « C'est un héros. Il a déclaré formellement qu'il renonçait à tout « privilège pécuniaire. Il a été applaudi avec transport; il a « entraîné l'Assemblée. . . » et elle s'enfuit. Que signifie ce discours? Il m'a jetée dans une inquiétude mortelle. Quels sont donc ces privilèges auxquels vous avez renoncé? Je ne vous en connais d'autre que d'emprunter et de ne pas payer. J'avoue qu'il est grand, mais c'est par cette raison qu'il faut le garder. Vous ne recevez de votre famille qu'une pension fort modique; votre frère aîné aura tout, et il n'y a que vos créanciers qui puissent vous donner. Prenez-y garde, chevalier, vous avez dans l'âme une noblesse que vous poussez quelquefois trop loin. La générosité est trèslouable, mais il ne faut pas se ruiner, et c'est une bienfaisance exagérée que de se priver de tout pour soulager le peuple. »

Voici un portrait dont on n'a pas manqué de reconnaître le modèle, Mme la comtesse de T. 2.

1. Ces lettres sont en effet reproduites dans le Recueil de quelques articles tirés de différents ouvrages périodiques (an VII, 1799, tiré à 14 exemplaires) où de Vaines a rassemblé ses principaux opuscules.

2. En parlant du voyage que cette dame fit il y a quelques années en Italie

« Cette femme est réellement extraordinaire. Imaginez que depuis vingt ans elle s'occupe de constitution, qu'elle a prédit tout ce qui arrive, qu'elle verserait jusqu'à la dernière goutte de son sang pour que son plan fût exécuté. Son corps est faible, sa poitrine est allumée, ses nerfs sont misérables ; son âme remédie à tout, suffit à tout Si l'on m'en croyait on lui érigerait une statue ; mais avant tout c'est la vôtre qu'il faut élever : en attendant, votre buste est chez moi à côté de celui de Masselin 1, et vous avez un autel dans mon cœur. »

« C'est une idée très-grande et qui doit faire un éternel honneur que celle que vous avez fait adopter à votre Assemblée de donner l'armée aux états généraux. Ce sera vraiment un spectacle patriotique lorsque les curés et les avocats feront la revue des troupes. Je crois qu'il y a quelque chose de cela dans Candide. »

« Je vous en conjure, n'oubliez pas d'insister dans vos cahiers sur le divorce. Je n'ai jamais aimé mon mari. Il n'a qu'un bon sens très ordinaire, cet assujettissement à l'ordre qui rend un intérieur fort insipide, et une crainte de toute nouveauté qui atteste la médiocrité. D'ailleurs il n'admet point le principe de l'égalité, ce qui gêne ma dépense, et il m'a toujours contesté ma liberté individuelle, etc. »

— Tablettes d'un curieux, ou Variétés historiques, littéraires et morales -. Deux volumes in-18. On ignore le rédacteur de ces nouveaux mélanges. Le plus grand nombre des morceaux qu'on y a recueillis avaient déjà paru dans différents ouvrages périodiques, mais il en est quelques-uns cependant qui n'étaient guère connus et qui méritaient de Têtre, tels que l'éloquent Discours de feu l'abbé Arnaud sur Homère, le Dialogue sur les femmes de feu l'abbé Galiani, où l'on retrouve toute la folie et toute l'originalité de son imagination ; l'intéressant Mémoire de Louis XIV à Monseigneur le Dauphin, rédigé par Pellisson ; une Lettre assez curieuse sur le comte de Hodiz, cet homme singulier qui avait fait de la terre qu'il habitait en Moravie une espèce

pourvoir le mont Vésuve, M. le chevalier de Boufflers disait : « C'est une politesse de volcan à volcan. » (Meister.)

1. Un des plus vigoureux défenseurs de la liberté publique dans les états de 1484, sous Charles VIII. (In.)

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