Sur la réunion des trois ordres. (Id
relj tocial et monarchique. Brochure in-8° de 165 pages, avec ceue épigraphe : Vivendum more Grœcorum sub legibus propriis. (Wicleff.)
C'est, ainsi qu'il l'annonce lui-même dans un petit avertissement, une déclaration de droits motivée et divisée en articles qui n'ont ni la sécheresse dogmatique des sentences, ni la prolixité obscure d'un traité, et dans lesquels l'auteur a voulu suivre, non L'enchaînement arbitraire des hypothèses, mais la filiation des idées et le résultat des événements. Cet écrit, comme tous ceux de M. Cérutti, abonde en pensées, en sentiments, en expressions vives et brillantes ; comme dans tous les autres, on y désirerait un goût plus sévère, une méthode plus précise, des principes d'une application moins vague, une logique plus ferme et plus serrée.
Voici quelques fragments du tableau de la révolution présente : « L'empire était menacé d'une chute universelle... Il fallut, dit-il, appeler la nation au secours de Ja nation. Le premier cri sortit du sanctuaire des lois. Répété hautement de cité en cité, de province en province, il devint la voix publique... L'autorité de la raison se joignit h l'impérieuse nécessité. Ne pouvant arrêter la révolution, elle essaya de la diriger; elle consulta les opinions. Les ouvrages furent sans nombre et quelquefois sans mesure. La discorde y ajouta son levain qui fermente de toutes parts. Divisions inévitables, prélude nécessaire. C'est au moment que l'univers s'organisait que dut redoubler le choc des éléments. Les siècles avaient entassé les abus; pour soulever cette masse énorme, il fallait un levier colossal. Necker donna l'instrument; il redressa l'axe de l'empire incliné si longtemps vers l'aristocratie... Non-seulement la constitution n'existait pas, mais on ignorait sur quelle base elle devait s'élever. Sous le même nom, un grand nombre demandait l'aristocratie féodale qu'ils avaient l'air de condamner ; quelques-uns sollicitaient la démocratie américaine, que la puissance divine elle-même ne pourrait maintenir dans la France; d'autres enfin invoquaient la monarchie absolue, dont ils déploraient eux-mêmes les désastreux excès. Ces trois principes se heurtèrent, s'insultèrent tour à tour. La journée du 23 juin * et celle du 22 juillet 2 ont été