LOGOGRIPHE
Je fus un prodige d'audace,
D'adresse et de duplicité,
Riant de l'imbécillité
De ceux qui m'avaient mis en place :
Mais il faut que chacun ait son tour;
Aujourd'hui je fais la grimace,
Comme un plaideur mis hors de cour;
Mais j'ai bien garni ma besace.
Dans les sept pieds qui composent mon nom,
Se rencontre! un meuble à la mode,
Aux vieillards surtout fort commode, Qui cent fois m'aurait dû faire changer de ton; On y trouve de plus une horrible machine,
Vomissant la flamme et la mort :
Si c'était contre moi, l'on bénirait le sort;
Tout bon Français me la destine.
J'offre un engin pernicieux,
Aux craintifs habitants de l'onde, Et lorsque la raison a dessillé les yeux, Je croyais y tenir les trois quarts du monde. Et pour finir, j'offre aux yeux du lecteur La portion de moi si digne de la corde.
Mon cher Chariot, miséricorde!
Que j'en sois quitte pour la peur 1.
1. Ce logogriphe fait sur le nom de M. de Calonne, et contre lui, présente quelque différence avec la copie qu'on lit dans les Mémoires secrets, où, au lieu des quatre vers : « J'offre un engin pernicieux... » il y a :
Par là l'on me devrait deviner sans effort.
Cherchez, et vous verrez paraître
Deux villes, un ambassadeur, De Jeanne d'Arc le robuste vainqueur,
En amour un excellent maître :
Ce qu'à Cherbourg on élève à grands frais; Celui qui de la vigne eut les premiers bienfaits, Le cinquième d'un lustre, un seizième de livre, J'en dirais davantage, on est las de me suivre, Et pour finir, etc. *.