‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 162 sur 167 · ROMANCE, PAR M. CARRIÈRE · texte numérisé non relu

ROMANCE, PAR M. CARRIÈRE

Paissez, moutons, l'herbe nouvelle, Vos bêlements sont superflus :

L'ingrat que j'avais cru fidèle Vous méprise et ne m'aime plus.

Avec quel art, pour me surprendre, Il me vantait votre bonheur!

Je l'écoutais, je le crus tendre; Mais ce n'était qu'un séducteur.

Souvent pour moi du pâturage Il vous ramenait sur le soir, Mais le perfide, le volage, Aujourd'hui ne veut plus vous voir.

Toi-même, hélas! pauvre Lisette, Aurais-tu pensé qu'en amour

11 te fallût être discrète

Au dernier comme au premier jour?

Vous seuls m'êtes restés fklèles, Et si je n'eusse aime que vous, J'aurais des nuits bien moins cruelles,

Je passerais des jours plus doux.

Adieu, ruisseaux, adieu, bocage, Lisette un jour vous reverra:

Mais revenant sous votre ombra are

Lisette alors plus n'aimera.

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