‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 21 sur 167 · SANS DOUTE FORT INJUSTE AU CÉLÈBRE AUTEUR · texte numérisé non relu

SANS DOUTE FORT INJUSTE AU CÉLÈBRE AUTEUR

de la Religion considérée comme l'unique base du bonheur, etc.

h H. le duc d'Orléans avait quitté le monde pour s'épargner le spectacle de l'hypocrisie plutôt encore que celui du scandale ; il savait avec quelle facilité, auprès des princes religieux, le désir de leur plaire multiplie l'alliance révoltante des pratiques de dévotion et d'une conduite licencieuse, des apparences du zèle avec les fureurs de l'orgueil et de l'envie, des discours où l'on exagère la morale avec des sentiments et des actions qui en offensent les principes et les règles. Il avait prévu quelle foule de vices sa vertu même pourrait faire naître autour de lui, et il avait fui dans la retraite »

co UPLETS sur l'air du pauvre calpigi, romance de l'opéra de Tarare.

Pour l'intelligence de ces couplets, il faut savoir qu'il parut il y a quelques jours un mémoire très-éloquent, rédigé par M. Bergasse2 et signé de M. Kornmann 3 contre la dame Korn-

2. On connaissait M. Bergasse de Lyon comme un homme de beaucoup d'esprit, d'une tète fort exaltée, d'une imagination très-ardente; mais jusqu'ici on n'avait vu de lui que quelques brochures en faveur du magnétisme, dont il a été un des plus fanatiques défenseurs. (Meister.)

3. Guillaume Kornmann, magistrat de Strasbourg, frère et associé de M. Kornmann, banquier à Paris. (Id.)

mann sa femme, le sieur Daudet1, le sieur Caron de Beaumarchais et M. Le Noir2, que dans ce mémoire, qui a fait une grande sensation3, M. de Beaumarchais est accusé non-seulement d'avoir pris sous sa généreuse protection tous les désordres de Mme Kommann, mais encore d'avoir employé les moyens tout à la fois les plus vils et les plus insolents pour déshonorer et perdre son mari. Voici sous quels traits l'on s'est permis de présenter, dans ce terrible écrit, le caractère de l'illustre auteur de Tarare et de Figaro.

« Un homme dont la vie entière n'a été qu'un attentat perpétuel contre les mœurs et la probité; un homme jeté dans toutes les affaires, dans toutes les entreprises pour en abuser à son profit; un homme qui n'a jamais connu d'autres ressources pour accroître et pour maintenir sa fortune que l'intrigue, l'espionnage, la délation, la mauvaise foi; bas quand il est de son intérêt de ramper; audacieux quand il s'est arrangé pour ne pas craindre ; insultant à l'autorité quand il peut le faire avec succès; se vendant à l'autorité quand il peut en espérer des faveurs ; un homme qui, pour citer un fait trop connu dans une circonstance politique, importante pour nous, se fait charger des fournitures nécessaires à l'Amérique anglaise, à l'instant où nous l'aidons à briser ses fers, et qui, au milieu des plus grands intérêts, ne méditant que son profit personnel, inonde les contrées du Nouveau-Monde de marchandises avariées, et porte ainsi au delà des mers un coup funeste au commerce national, à la réputation du

nom français un homme en un mot qui toute sa vie ne s'est

agité que dans un foyer de corruption et d'impostures, et dont la sacrilège existence atteste avec un éclat si honteux le degré de dépravation profonde où nous sommes parvenus; un tel homme ose parler, etc. »

Aussi surpris qu'indigné d'une pareille diffamation, M. de

1. M. Daudet de Jossan est petit-fils do M"'' Le Couvreur. S'étant fait, connaître d'abord par quelques critiques assez piquantes des tableaux exposés au Louvre, il s'est rendu depuis beaucoup plus célèbre par ses intrigues, par la part qu'il eut aux liaisons de Mmc Newkerque avec le feu roi, par les négociations du mariage de M"c de Montbarrey avec le prince de Nassau... Tant d'illustres travaux lui ont fait obtenir l'adjonction à la place de syndic de la ville de Strasbourg. (Meister.)

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