‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 28 sur 167 · JUIN 17 ST · texte numérisé non relu

JUIN 17 ST

duiraient d'autre effet que celui que l'auteur de Tarare redoutait si Tort de ne pas obtenir, d'amuser et de faire rire.

APOLOGUE ADRESSÉ A I.' AUTEUR DE Tdl'tirc V A R M . G L 1) I N [) K I. A BREHBLL E R 1 E .

Un bonhomme, un soir cheminant,

Passait à côté d'un village; In chien aboie, un autre en fait autant, Tous les matins du bourg hurlent au même instant. « Pourquoi, leur dit quelqu'un, pourquoi tout ce tapage? » Nul d'eux n'en savait rien, tous criaient cependant. Des publiques clameurs c'est la fidèle image. On répète au hasard les discours qu'on entend. Au hasard on s'agite, on blâme, on injurie;

On ne sait pas pourquoi l'on crie.

Le sage, direz-vous, méprise ces propos Tenus par des méchants, répétés par des sots. Le sage quelquefois les paya de sa vie :

Socrate fut empoisonné; Aristide à l'exil fut par eux condamné; Ils ont forcé Voltaire à sortir de la France; Ils ont réduit Racine à quinze ans de silence.

On leur résiste quelque temps; Leur fureur à la fin détruit tous les talents. Demandez-le à la Grèce, à Rome, à l'Italie, Ils ont de ces climats, jadis si florissants,

Fait renaître la barbarie.

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