‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 49 sur 167 · Voir tome XIV, page · texte numérisé non relu

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salin d'un fils que les poursuivants ont résolu d'immoler pondant la nuit : ces pasteurs jurent de défendre Télémaque. Elle le laisse avec eux. et retourne à Ithaque épier les oouveaux projets de ses ennemis. Piccini a fait suivre la tempête qui jette Ulysse sur ces bords d'un ballet tient les airs sont d'une fraîcheur et d'une sérénité qui contrastent île la manière la plus heureuse avec l'effet de l'orage, et prépare le chœur si aimable des nymphes rassemblées pour recevoir le héros.

Le troisième acte n'offre de changement qu'au dénoûment, dont M. Marmontel a rendu le mouvement beaucoup plus rapide; Ulysse n'ordonne plus qu'on lui élevé un tombeau, le poëte a senti que cet incident ne servait qu'à prolonger gratuitement le désespoir de Pénélope: après l'air sublime qui le peint si vivement. I lysse demande ses armes à son fils, et attaque les poursuivants. Minerve descend ensuite des cieux environnée des Muses et des Arts, qu'elle charge d'embellir le repos du héros qu'elle protège. Le théâtre change et représente des portiques, des colonnades et des arcs de triomphe élevés à la gloire d'Ulysse. Un ballet général termine l'opéra.

Ces changements, qui tous avaient été désirés, les beaux airs, et surtout le chœur imposant des pasteurs dont M. Piccini a encore enrichi cette belle composition, n'ont pas valu à la reprise de Pénélope les succès qu'on en devait espérer ; on a rendu justice à la musique; elle a été vivement applaudie; mais tout le talent de M. Piccini n'a pu soutenir un intérêt que nos mœurs actuelles semblent repousser : l'amour d'une femme de quarante ans pour un époux absent depuis vingt années pouvait difficilement attacher les spectateurs de nos jours, et il a fallu peut-être que cet amour fût consacré par Y Odyssée pour ne pas nous avoir paru presque ridicule. Aussi le succès de Pénélope ne peut-il être comparé à celui que continue d'obtenir l'opéra de Tarare-, la foule s'y porte comme le premier jour, mais les spectateurs que l'on voit se renouveler à chaque représentation de cet ouvrage , et dont les figures paraissent aussi étrangères à ce spectacle que le poème l'est au théâtre lyrique, l'écoutent avec un silence et une sorte d'étourdissement dont il n'y a peut-être jamais eu d'exemple à aucun théâtre. Ce genre de succès est bien fait, par sa singularité, pour consoler les grands artistes et les gens de goût de l'alfluence qui se porte à Tarare, et pour leur faire espérer que

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celui de Pénélope, quoique très-inférieur assurément, n'en survivra pas moins à la gloire de ce dernier chef-d'œuvre de M. Pierre- Auguslin Caron de Beaumarchais.

— Rosalinc et Florieourt, comédie en trois actes et en vers, a été représentée pour la première fois, au Théâtre-Français, le samedi 17 novembre. Le dernier acte ayant paru exciter ce jour-là beaucoup d'impatience, on s'est déterminé à réduire la pièce en deux actes, et sous cette nouvelle forme elle a eu assez de succès pour engager l'auteur à se laisser deviner; c'est M. le vicomte de Ségur, à qui nous devons déjà deux proverbes dramatiques : le Parti le plus fou et le Parti le plus sage.

On peut regarder le rôle de Rosalinc comme une copie en miniature de celui de Céliante dans le Philosophe marié; comme Géliante, elle aime parce qu'elle a le cœur sensible et bon ; comme Céliante, elle tourmente l'objet qu'elle aime par caprice et par humeur. Dans la première scène cependant, c'est par des remords que Rosalinc annonce elle-même son caractère; elle se reproche d'avoir désolé sans sujet l'homme du monde qu'elle aime et qu'elle doit estimer le plus, elle se décide à lui écrire pour rassurer sa tendresse. 11 arrive tandis qu'elle écrit encore, et n'en est point aperçu ; trop délicat pour se permettre de lire à son insu le billet qu'elle écrit, il ne peut résiter à la curiosité d'en voir au moins l'adresse. Quel transport lorsqu'il découvre qu'il est pour lui !

Il n'était pas difficile de réduire l'intrigue en deux actes; il aurait même été assez facile de la réduire en un seul, et l'effet de l'ouvrage n'y aurait'rien perdu. Le caprice deRosaline, depuis le commencement de la pièce jusqu'à la fin, est toujours le même ; il est fort naturel qu'un amant très-épris ne s'en lasse pas, mais le public n'a pas paru disposé à la même indulgence. Mllp Contât, pour qui, dit-on, la pièce avait été faite, n'y a pas merveilleusement réussi ; elle a rendu le rôle de Rosaline avec plus de manière et de minauderie que de grâce et de légèreté ; sa taille n'est plus assez svelte pour faire ainsi l'enfant, et Mole paraît aujourd'hui beaucoup trop vieux pour en être encore agréablement la dupe»

VERS

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