‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 7 sur 167 · INSCRIPTION · texte numérisé non relu

INSCRIPTION

DONNÉE A M. LE MARQUIS DE LAFAYETTE PAR M. MARMONTEL, POUR LE BUSTE DU GÉNÉRAL WASHINGTON.

Te belluosus qui remotis

Obstrepit oceanus Britannis, Te non paventis funera Galliae Duraeque tellus audit Iberise; Te caede gaudentes Sicambri Compositis venerantur armis1.

(Hor. Ode xiu, 1. IV.)

— Une Année de la Vie du chevalier de Faublas, cinq volumes petit format.

C'est une année de la vie d'un jeune homme de qualité qui entre dans le monde; il a seize ans, arrive à Paris, et devient éperdument amoureux de Sophie de Pontis, jeune personne qui demeure dans le même couvent que sa sœur; mais cette grande passion ne l'empêche pas de se livrer tous les jours à de nouvelles illusions; il passe sa vie à concilier son amour avec ses bonnes fortunes, et j'ai trouvé des lecteurs moins étonnés de la facilité avec laquelle il y réussit, que du merveilleux talent avec lequel on le voit suffire à tant de travaux. La belle marquise de B*** est l'heureuse enchanteresse qui se charge de l'éducation de notre jeune Hercule; c'est une femme de vingt-quatre à vingtcinq ans, qui sait tirer parti de tout, ne s'embarrasse de rien, et joint à la présence d'esprit la plus imperturbable infiniment d'usage, d'intrigue et de séduction. Son mari est tel qu'on pouvait le désirer, aussi fat qu'imbécile, un vrai personnage de co-

.1. Et les monstres n'ont pu vous fermer cette mer

Qui bat les rives britanniques.

Le Cantabre indocile, et le vaillant Gaulois Qui sait donner la mort et la voir sans alarmes, Le farouche Germain, tous vous rendent les armes Et respectent enfin vos lois.

(Traduction de Dam.)

médie; il finit, à la vérité, par ouvrir les yeux et vouloir venger son honneur, mais cela lui réussit mal, on le tue; et si après ce duel le chevalier est obligé de s'enfuir, il emmène, pour s'en consoler, sa chère Sophie : elle se trouve être la fille du meilleur ami de son père, et il L'épouse.

Le récit des malheurs du père de Sophie, un des confédérés de Pologne, épisode où l'on a fait entrer l'histoire singulière de l'enlèvement du roi à Varsovie, une expédition de Tartares et d'autres aventures également étrangères à nos mœurs, pour être fort romanesque, n'en forment pas moins un contraste assez piquant avec toutes les scènes de boudoir qui occupent la plus grande partie de ce nouveau roman; mais ce qui distingue de la manière la plus favorable le talent de l'auteur, c'est le grand nombre de situations et de scènes plaisantes qu'offre son ouvrage. Il en est sans doute où la gaieté paraîtra poussée un peu trop loin, mais dont le génie original de Collé n'eût désavoué ni l'idée ni l'exécution; plusieurs sont toutes dialoguées et semblent faites pour le théâtre ; on y trouve autant d'esprit que de naturel et de vérité, quelques-unes même ont un côté très-moral, telles que la scène où la marquise, déguisée sous les habits du vicomte de Florville, et cachée dans un cabinet, entend de quelle manière la traite le baron dans les remontrances qu'il se croit obligé de faire à son fils, etc.

L'auteur de ce roman est M. Louvet; c'est un jeune homme de vingt-six à vingt-sept ans, qui, comme M. Rétif de La Bretonne et le célèbre Richardson, a commencé par être prote d'imprimerie. Il a trouvé, comme son héros, une Sophie, il l'a épousée, et avec elle une petite dot qui lui permet, dit-on, de se livrer entièrement à son goût pour les lettres.

VERS D'UN OFFICIER D ' A R TII.LERI E l.

Quand Orosmane furieux

Se fut passé la fantaisie

De tuer l'objet de ses feux,

Je crois bien qu'il en fut honteux,

Car dans la bonne compagnie

L'on rit d'un époux ombrageux;

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