‹ Correspondance littéraire (volume 3)Chapitre 124 sur 354 · A LA PRINCESSE GALITZIN · texte numérisé non relu

A LA PRINCESSE GALITZIN

Paris, ce 28 avril 1775.

Conmaent serait-il possible, princesse, que vos erreurs et vos injustices vous enlevassent une partie de mon estime, lorsque ces injustices mêmes n'ont servi qu'à vous rendre plus intéressante en développant toute la douceur et toutes les ressources de votre caractère? Je n'ai donc pu que vous en chérir davantage, et maintenant je suis doublement heureux de savoir que vous jouissez du calme et du bonheur dont vous êtes si digne. Si vos eiTeurs méritaient, en effet, quelque punition, vous pourriez dire que vous en avez assez souffert pour croire que cette faute est expiée. Mais, lorsque ces erreurs n'ont fait du mal qu'à vous, lorsqu'elles ne vous ont jamais entraînée dans aucune injastice envers ceux à qui vous supposiez de si grands torts avec vous, il faudrait être bien injuste pour vous en faire un sujet de reproche. Oublions-les, princesse, et ne nous en souvenons plus que pour nous réjouir du rétablissement de l'union et du calme qui ont pensé être à jamais bannis de votre société la plus intime. Il est si doux de rendre son estime à ceux qu'on a injustement soupçonnés que je me flatte que ce seul retour vers eux vous aura dédommagée de quatre mois de tourments éprouvés mal à propos. A en juger par la manière dont vous me parlez de cet enfant de soixante ans, qui a pensé faire tant de mal sans le vouloir et sans le savoir, je suis tenté de croire qu'après moi,

1. Inédite. Communiquée par M. Etienne Gharavay. Une partie de cette lettro lait allusion à quelque étourderie de Diderot, qui a?ait jeté le trouble parmi set ^Mes de la Haye.

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