‹ Correspondance littéraire (volume 3)Chapitre 16 sur 354 · Le i2 janvier. Voir tome XIIF, papre · texte numérisé non relu

Le i2 janvier. Voir tome XIIF, papre

tout occupée de ses remords et ne pouvant effacer les taches de sang qu'elle croit voir sur ses mains; M"» Vestris a rendu cette situation avec la vérité la plus terrible et la plus imposante ; sa noble figure, le caractère de son regard et surtout l'immobilité habituelle de ses yeux l'ont également bien servie dans ce montent. La pièce n'a été donnée que trois fois, et toujours avec des changements assez considérables ; il faut donc attendre que l'auteur ait arrêté entièrement ses idées pour essayer d'en rendre un compte plus détaillé; mais quelque parti que prenne M. Ducis, il est permis de douter qu'il puisse jamais parvenir à rendre Fordonoance de cette pièce intéressante et raisonnable. Ce tableau de remords prolongés durant l'espace de trois actes, quelque abondante et quelque variée qu'en soit l'expression, tourmente l'âme, au lieu de l'attendrir et de l'intéresser. Macbeth, je crois, est un de ces sujets qu'on ne peut bien traiter qu'à la manière anglaise ; en employant avec art ce que Shakespeare y a répandu de spectacle et de merveilleux, peut-être serait-il plus aisé d'en &ire un bon opéra qu'une bonne tragédie. Si M. Ducis ordonne mal ses ouvrages, il n'en est aucun qui n'offre de grandes beautés de détail ; il fait aussi bien une scène qu'il fait mal une pièce entière. Son style n'est pas toujours pur, mais il est souvent plein d'imagination, de force et de sensibilité ; la couleur est vraiment tragique, et Macbeth est rempli de beaux vers qui ont été fort applaudis, quelque froidement qu'on ait reçu d'ailleurs l'ensemble de la pièce.

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