PAR M"* DE VANDEDL, NÉE DIDEROT
Michel-Jean' Sedaine est né à Paris le k juin 1719*; son père était architecte*, dissipateur et d'une tête assez étroite pour souhaiter que ses enfants ne lui fussent supérieurs en rien. 11 paraît que le jeune Sedaine montra dès son enfance un goût d'étude et une finesse d'esprit fort au-dessus de son âge. Un de ses oncles le fit entrer au collège, où il suivit ses études juqu'en seconde. Cet oncle mourut et légua dix mille francs pour que l'éducation de l'enfant fût continuée et achevée avec soin. Mais le père dissipa cette somme, et, forcé d'accepter une place dans un établissement de forges en Berry, il retira son fils du collège, et l'emmena avec un de ses frères au fond de cette province, laissant à Paris une femme et un troisième enfant. Le jeune Sedaine avait treize ans lorsque son père Tarracha à ses études. Je lui ai souvent entendu dire quMl avait versé bien des larmes à cette époque. U sentait que la nature l'avait créé pour une autre carrière. Son père, heureusement à mon avis, prit du chagrin de sa position, prédit à son fils qu*il en mourrait, et tint parole au bout d'un an. L'enfant lui rendit de son mieux les derniers devoirs, arrangea comme il put ce qu'il laissait d'affaires, et se mit en chemin pour Paris. 11 plaça son petit frère dans le coche; la place payée, dix-huit francs composaient toute sa fortune. Il se détermina à faire la route à pied. Les voyageurs et le conducteur furent tous touchés du courage de cet enfant qui, par le froid, donnait ses habits à son frère et cheminait aussi péniblement. Le conducteur le pressa de se placer à côté de lui ; jamais il ne put le faire monter qu'après avoir reçu la trentaine de sols qu'il l'assura qu'un autre donnerait au plus pour être si mal niché. Cet homme s'arrêtait avec sa voiture à moitié chemin ; mais il recommanda ces enfants au coche qui les devait reprendre ; tout le monde
1. Le vendredi % dit M. Jal, qui a consacré à Sedaine et à sa famiUe un assez iong article.
2. Fils lui-même d'un architecte. M. Jal a retrouvé sur les registres de Saint- •Gervais et publié son acte de mariage. Par un de ces partis pris si fréquents chez rérudit archiviste, il imprime partout dans son article Sedaine, alors que le facsimilé même qu'il donne de la signature du poète prouve que celui-ci n*a jamais orthographié ainsi son nom.
s* en occupa dans les auberges pour qu'ils fussent moins mal, et ce fut ainsi qu'il arriva à Paris.
Quel que fût son dégoût pour un métier, il fallait nourrir sa mère; il se fit tailleur de pierre et le fut quatre ans; le prix de ses journées, dont il n'eût pas distrait un liard, fut le seul soutien de sa famille. Gomme il était impossible qu'il ne fût pas distingué par les divers entrepreneurs de bâtiments, Buron, grand-père du peintre David, lui proposa de s'établir chez lui ; il le nourrissait et lui donnait cent écus par an. Il demeura chez cet homme vingt ans, et par son travail assidu et les connaissances qu'il acquérait en architecture, il aida à faire la fortune assez considérable de cet entrepreneur. K Je lui ai fait, m'a-t-il dit, gagner cent mille écus. » Ses appointements furent augmentés, mais d'une façon trop mesquine pour qu'il pût penser à un autre état. Tout ce qui lui restait était consacré à rendre le sort de sa mère plus doux et plus aisé; et il parvint à la placer décemment dans un couvent à Montbard, où il lui a fait une pension jusqu'à sa mort. Le temps qu'il put dérober à ses travaux fut employé à l'étude de nos meilleurs ouvrages de littérature, et ses loisirs à la composition de diverses pièces fugitives. Des épitres, des contes, un petit poème intitulé le YaudeviUe, des ^logues, des chansons parmi lesquelles se dislingue celle de la Tentation de saint Antoine, des traductions de deux odes d'Horace, d'une de TibuUe, r Impromptu de ThcUie, petit intermède, Anacrèon, pastorale, composent un volume de deux cents pages et sont les premiers essais de ses talents. Toutes ces petites pièces ont été faites pour les diverses personnes de la société qu'il s'était composée, ne pouvant s'accommoder du ton commun, pour ne pas dire grossier, de celle de son entrepreneur et de ses collègues. Les affaires relatives aux bâtiments lui avaient ouvert l'entrée de différentes maisons où le mérite était accueilli, sous quelque forme qu'il se présentât. La maison de M'"« de Souci, depuis gouvernante (les enfants de France, belle-mère de celle qui a conduit Madame à Vienne, parait avoir été sa liaison favorite et intime. Ses poésies sont adressées à elle, à M. d'Argouges, lieutçnant civil, à Le Kain, à Lemierre, à d'autres femmes et artistes. 11 n'est point de genre de célébrité qui n'eût de l'attrait pour lui, et il devait plaire à tout ce qui aimait l'originalité, la gaieté, le talent. Longtemps cependant on ignora qu'il fût Tauteur de toutes ces bagatelles dont on s'amusait. Tantôt on les croyait de celui-ci, tantôt de celui-là; et il a joui plus d'une fois des éloges qu'on lui en faisait sous le nom de ceux à qui on les attribuait. M""> de Souci étant à la campagne, il lui adressa l'épitre : A mon habit. Comme de coutume, on la donna à un mousquetaire. Dorât. Impatienté par l'obstination avec laquelle
on le lui prouvait, un jour il finit par s'en avouer l'auteur. De toutes ses liaisons, Thomme que j'estime le plus est un M. Le Conte, ancien lieutenant criminel pour lequel il avait bâti ou dirigé la ba> tisse d'une maison, place Royale. Cet homme, ne se doutant pas que Sedaine sût faire un vers, d'instinct voyait clairement par son ton et par sa conversation que ce maçon était déplacé. « Mais, monsieur Sedaine, lui dit-il un jour, vous n'êtes pas fait pour votre état et il n'est pas fait pour vous. Pourquoi ne tentez-vous pas quelque autre genre d'occupation? — C'est bien ce que je ferais si j'avais douze cents livres de rente. — Eh bien, monsieur, répliqua l'honnête homme, vous les avez chez moi dès aujourd'hui; je vous logerai, vous vivrez avec nous, et je vous donnerai six cents livres par an et la liberté de faire tout ce qui vous plaira. Pour que vous ne me deviez rien, vous veillerez à la conservation de mes bâtiments, et m'épargnerez tout ce qu'un autre me coûterait. » M. Le Conte y mit tout ce qu'il fallait pour le déterminer à accepter; il laissa son entrepreneur et se livra tout entier à son goût pour la littérature, donnant pourtant quelquefois encore ses faveurs à l'architecture, car il a fait depuis cette époque divers bâtiments quand l'occasion et son goût Ty ont entraîné, et alors le fruit de son travail n'était pas inutile pour lui. il n'y avait encore, dans ce temps-là, point d'Opéra-Comique en France autre que celui de la foire Saint-Laurent. Des farces grossières y amusaient le peuple. Vadé est le plus sublime des poètes qu'ait eus ce speciacle. Monet, qui en était le directeur, ne sachant à quel saint se vouer, pria Sedaine de lui faire quelque pièce qui pût Taider à se soutenir ^ Sans y prétendre, ou sans se soucier beau-
1. Le premier catalogue de la coUection de Trémont (Laverdet, 1853, n' 1330; renfermait un précieux fragment de mémoires autographes de Sedaine, relatant les divers incidents de sa carrière dramatique de 1754 à 1778. Ces huit pages et demie in-&«, d'une écriture fine et serrée, furent adjugées pour 7 francs à M. Jacques Chartvay; il nous a été impossible depuis d'en retrouver la trace. Le rédacteur du catalogue avait cité ce début qui promettait : « Un des jours de Tannée 1751, quelqu'un frappa chez moi, j'ouvris; la personne entra avec un visage riant et me dit : —Je suis Monet, directeur de l'Opéra- Comique. — Que puis-je pour votre service? — Rien, monsieur, que de me procurer le bonheur de vous voir, de voir un grand homme qui a fait la Tentation de saint Antoine, la Chanson de Babel, VEpître à mon habit, etc., et de vous prier d'accepter vos entrées à mon spectacle. — Je m'en garderai bien , je sais qu'on n'offre rien pour rien, et vous espéreriez de moi quelque opéra-comique, ce que vous pouvez être sûr que je ne ferai pas. Je fais des maisons et puis voilà tout ; je m'entendrai toujours à cela. Vous avez lu dans ma préface que je suie maçon pour vivre et poète pour rire. — Ah ! monsieur, à Dieu ne plaise que je vous demande jamais de faire pour moi quelque ouvrage, et si je vous offre vos entrées, c'est au même titre que je les donne aux échevins et aux grands artistes. — Monsieur, comme je ne suis ni échevin ni grand artiste, permettez-moi de ne
coup d'un succès, il Gt, de complaisance, le Diable à Quatre qui fut représenté le 19 août 1758. 11 est aisé dans les différents rôles de cette pièce, celui de la marquise et ceux de Jacques et sa femme, de reoiarquer que son génie était dès lors également propre à saisir les ridicules des gens du monde et le ton vrai de la nature simple. Moaet se trouva très-bien de son nouvel auteur, et ce fut une mode d aller voir le Diable à Quatre.
Biaise le savetier fut son second ouvrage. Mais pour celui-là il fallait un musicien. On lui proposa Gaviniés, Monsigny et Philidor. La célébrité de ce dernier aux échecs fut ce qui détermina son choix. Il pensa que pour les quatuor, quinque, etc., il fallait une tête plus profondément harmonique que pour la simple composition d*un air. Depuis, Monsigny, éclairé sur le talent du poète, se lia plus particulièrement avec lui; il a fait la musique de plusieurs de ses ouvrages.
Le Jardinier et son Seigneur, VHaître et les Plaideurs, enfin On ne s'avise jamais de tout, furent encore joués à la foire Saint-Laurent. Mais le succès de cette dernière pièce balaya les bateleurs. La cour eut envie de voir ce petit ouvrage ; la dignité des convenances observées alors ne permettait pas d'appeler ceux qui en étaient en possession; on chargea l'Opéra et les Français de le représenter. On peut se figurer le ridicule de Jélyotte, de Larrivée, de M"* Préville et de je ne sais quelle tragédienne, portant dans ce genre facile et léger rimportance et les cris de la déclamation.
L'empire d'Arlequin, le Théâtre^Italien imagina d'acheter les cinq acteurs de la foire qui jouaient cette petite comédie-opéra. Le poëte fat naturellement compris dans le marché ; et le peuple s'accoutuma bientôt à préférer la gaieté, sous le voile de la décence et des grâces, aux polissonneries de mauvais goût. Je pense que, sous ce point de vue, il servit autant les mœurs qu'il fut utile aux progrès de l'art.
Si l'on calcule les quatorze premières années au collège et en
pas accepter. — Promettez-moi, lorsque vous viendrez à la foire, que vous me procurerez le bonheur, le suprême bonheur de vous voir 7 — Avec plaisir. Le voilà pirti. n m*ôcrit plusieurs lettres; enfin J'y vais un Jour et la coquine [c'est ainsi qu'il appelle Monet] me fit accepter ses faveurs. »
Ce document, dont la publication serait si fort à souhaiter, avait été auparavant communiqué à Alfred de Vig^ny, qui en a cité quelques lignes dans son étude sur jtfu* Sedaine et la propriété littéraire {Revue des Deux Mondes, 15 janvier tS41, réimp. dans les éditions in-18 de Stello), La dernière fille de Sedaine est morte à Tours en 186i, et il est probable que la misère l'avait contrainte à se défaire depuis longtemps des papiers de son père, qu'elle avait remis à Alfred de Vigny, lorsqu'il demanda à la Chambre des députés d'augmenter de trois cents francs la pension de neuf cents francs allouée à la malheureuse femme.
Berry, les quatre à tailler la pierre, les vingt chez Tentrepreneur, il avait près de quarante ans lorsqu'il a pu jouir complètemeni de la liberté de travailler, et la multitude de ses ouvrages et la rapidité de ses compositions est vraiment remarquable. 11 donna successivement aux Italiens Rose et Colas, le Roi et le Fermier, U Déserteur, V Anneau perdu et retrouvé, les Sabots, Thèmire, le Faucon, les Femmes vengées, le Magnifique, le Mort marié, Félix ou VEnfant trouvé, Richard, Aucassin et Nicolette, le Comte d'Albert, la Suite du comte d'Albert, Barbe-Bleue, Guillaume Tell^ et la Blant^ Haquenée.
Aux Français, il a donné le Philosophe sans le savoir, et la Gageure. Paris sauvé est imprimé, mais n'a point été joué. Raimond V, comte de Toulouse, n'a pas même été publié; le sujet ne put en permettre la représentation. Ce que je m*en rappelle, pour Tavoir entendu lire à l'auteur il y a plusieurs années, c'est qu'une comtesse a fait une comédie, qu'elle n'a jamais eu le crédit de la faire jouer à sa cour, et qu'elle se plaint à son amani du peu de pouvoir des princes. Le chevalier amoureux croit en paladin qge rien n'est impossible ; la comtesse promet de l'épouser s'il réussit dans cette grande entreprise. Le sujet de la pièce de la comtesse est un portrait et une satire amëre des courtisans. Ceux-ci sont tellement effrayés de l'impression que peut faire l'ouvrage sur la nation, et des sujets que cela peut entraluer, qu'il n'est sorte d'intrigues et de noirceurs qu'ils n'emploient pour en empêcher la représentation. Le chevalier échoue donc, mais je crois me souvenir qu'au dénoûment la comtesse n'en rend pas le chevalier moins heureux. L'impératrice de Russie, à qui cette pièce fut envoyée, n'eut pas, m'a dit Sedaine, plus de crédit que son héroïne ; mais elle ne lui avait demandé l'ouvrage que pour avoir une occasion de récompenser le poète, à qui elle envoya vingt mille francs. Le prince Henri de Prusse, sous un semblable prétexte, lui a fait aussi présent d'une boite de cinquante louis.
Sedaine est le premier qui ait essayé de mêler avec succès des scènes bouffonnes à des scènes touchantes et pathétiques. Personne n'a mieux connu que lui le secret de faire sortir des plus légers incidents des effets infiniment dramatiques; la surprise qu'ils excitaient était d'autant plus vive qu'on avait été plus éloigné de les prévoir, quoique, une fois arrivés, on ne put nier qu'ils n'eussent été préparés avec beaucoup de naturel et de vérité. Le Déserteur, Richard, le Comte d* Albert, en offrent de merveilleuses preuves, ainsi que le Philosophe sans le savoir, la Gageure, peut-être la plus ingénieuse de ses pièces et aussi la mieux écrite. C'est en écrivant ses pièces le moins possible qu'il sut mériter très habilement d'obtenir grâce en faveur de son style. Lemierre a relevé ce singu-
lier mérite avec beaucoup de finesse et d'aménité dans la réponse qu'il fit à son discours de réception à TAcadémie française. « 11 est aisé, lui dit-il, d'apercevoir que, par une sorte de défiance de vousmême, vous vous êtes abstenu de dire tout ce que vous pouviez faire sous^ntendre, et que par d'adroites réticences, par le jeu de la pantomime, par le repos, par Faction, vous avez su éviter une des difllcultés de Part d*écrire ; toutefois, l'expression dans les moments d'effet ne vous a point abandonné, et le mot propre, celui du cœur, qui peint tout un caractère et récapitule toute une situation, ne vous a jamais échappé. »
II a donné à l'Opéra la Reine de Gokonde et Amphitryon. C'est encore à lui que Ton doit Emelinde. Poinsinet Favait coupé de manière à ne pouvoir accommoder aucun musicien; Sedaine retailla et refit le poème à sa mode, et c'est un des plus beaux ouvrages de Philidor.
Quelque succès qu'il ail eu, jamais il n'en parut enivré. Il était d^ailleurs assez difficile que les acteurs rendissent la nature comme il Favait vue et sentie. Les Qieilleures de ses pièces ne réussissaient complètement qu*aux représentations successives ; aussi ne s^aflligeait-il point des huées qu'essuyait la première; il attendait le retour du public et s'occupait d'une autre besogne. Pour donner une idée de son habitude d'oublier ce qui lui était personnel, mais de regarder sans cesse la figure, le ton et l'ensemble de ce qui le touchait, je me souviens que mon père, sortant de la pièce du Philosophe sans le savoir, enchanté de l'ouvrage et de ce qu'il était porté aux nues, croit que le plus grand plaisir qu'il puisse faire à l'auteur est d'aller lui porter son enthousiasme; il court chez lui, il n'y est pas, mais bien à se réjouir à la Roquette.
Mon père, sans songer qu'il y a une lieue, fait cechemin comme deux pas, trouve Sedaine à table avec ses amis, et, ne pensant ni à sa lassitude, ni à son appétit, il lui parle de la pièce avec toute la chaleur et Fénergie dont il est susceptible. Sedaine, l'air peu touché de soQ succès, frappé seulement de la figure d'un homme à la nage courant ainsi après le plaisir de donner un instant de bonheur, ne lui dit autre chose, sinon : « Âhl monsieur Diderot, que vous êtes beau comme cela^ I » puis ils se mirent à expédier du vin de Champagne. Sedaine, peu de jours avant sa mort, me disait que cette journée était une de celles dont il aimait le mieux à se souvenir.
Ce fut pendant son séjour chez M. Le Conte qu'il fit connaissance avec M™ Seriny, veuve d'un avocat au conseil ; il prit pour sa fille
1. Diderot a rapporté et commenté reiclamation de Sedaine dans le Paradoxe sur le comédien.
une passion fort tendre et l'inspira. Jamais les deux amants ne purent obtenir le consentement de la mère à leur union.
Ses refus furent aussi constants que la tendresse de M"* Serin y. Elle attendit patiemment sa majorité, fit à sa mère des sommations respectueuses, quitta sans regret la fortune et l'aisance dont elle jouissait et se maria avec Sedaine, le k avril 1769 ^ 11 touchait alors à cinquante ans et cette union prouve que l'extrême jeunesse n'a rien à démêler avec l'attachement, quand il est vrai et que les qualités estimables en sont la base. J'ai entendu dire dans le monde que les refus obstinés de M*"" Seriny avaient pour cause Terreur où elle s^était livrée longtemps sur la nature des sentiments qui anie— naientle poète chez elle; elle s'était crue Tobjet des soins qu'il rendait à sa ûlle, et elle ne put lui pardonner le tort de s'être abusée. Je n'ai jamais osé causer avec M"** Sedaine sur ce chapitre délicat, mais je sais qu'elle n'a négligé ni peines, ni soins, ni démarches pour se justifier auprès de sa mère d'avoir épousé le plus honnête homme du monde. Ce que j'ai vu, c'est que tous les amis de M"* Seriny sont restés attachés de Ja manière la plus intime à sa fille, c'est qu'ils ont tous estimé et approuvé sa conduite et l'ont servie de leur mieux dans cette circonstance. Ce que j'ai vu encore, c'est que M*»* Sedaine, rappelée enfin par cette mère qui l'avait repoussée, lui a rendu, dans la maladie qui l'a conduite au tombeau, tous les respects, tous les soins, tous les devoirs qu'elle eût eu le droit d'en attendre si son bonheur eût été son ouvrage.
Sedaine célibataire n'avait jamais eu besoin que du strict nécessaire. Tout le reste était abandonné à sa mère et à ses deux frères, qui ne lui ressemblaient en rien et qu'il a soutenus jusqu'à la fin de leur vie, qui a duré presque autant que la sienne. L'un se mit au service et faisait si pauvrement son état que Sedaine ne put jamais trouver le moyen de le faire avancer par ceux qui auraient aimé à l'obliger ; il lui donnait une pension, le secourait de toute manière et finit par lui obtenir les Invalides où l'on était alors vêtu et logé décemment et où une table bien servie ne laissait à sa famille que tous les besoins d'agrément à satisfaire, ce à quoi ils ne faisaient
1. Le mariage eut Ueu à Saint-Paul. Jal donne à M">* Sedaine les prénoms de Sosan ne-Charlotte. Il a également relevé les prénoms et dates de naissance des quatre enfants qui naquirent de cette union.
Selon les Mémoires secrets (18 mai 1767 et 19 février 1768), ce mariage se serait accompli dans des conditions toutes différentes, et Sedaine y eût joué an assez triste rôle. Non-seulement il aurait vécu pubUquement avec M"** Le Conte, mais, après son mariage, il aurait voulu forcer celle-ci à lui abandonner une maison qu'elle lui avait léguée. On sait combien il faut accueillir avec méfiance tout ce qui sort de ce grand répertoire des médisances du siècle dernier.
faute ; il venait tant qu'il lui plaisait dans la maison et j'ai dîné souvent avec lui.
Son second frère se fit menuisier et avait un talent supérieur, mais une si mauvaise tôte, un orgueil si infernal et une paresse si habituelle, qu'il fallait sans fin, sans cesse venir à son secours, payer ses dettes et le tirer des embarras où le jetait son inconduite. Jamais Sedaine ne s'est lassé de l'aider; il n'attendait pas que ses frères s'adressassent à lui, mais 11 allait de lui-même au-devant de leurs besoins ; et de sa vie il ne s'en est plaint.
Marié, Sedaine comprit qu'il fallait pourvoir aux dépenses d'un ménage. 11 était lié avec beaucoup de gens du monde. L'abbé Barthélémy et M. le duc de Choiseul lui avaient témoigné dans plus d'une occasion un véritable intérêt. Il s'adressa donc à ce dernier, lui exposant qu'il fallait quitter la littérature et se refaire entrepreneur, si on ne lui accordait pas une pension de douze cents francs. La réponse à cette lettre fut le paiement de la première année, et la promesse de la continuer. Il rendit cette pension lorsqu'il fut nommé secrétaire de l'Académie d'architecture. Cette place étant devenue vacante, on le tourmentait pour trouver un homme qui entendît dans notre langue quelque chose de plus que celle de son art. M. de Marigny aperçut Sedaine au foyer du spectacle et pensa que c'était l'homme le plus convenable à la place sous tous les points de vue et la lui proposa. Sedaine s'informa si cela ne pouvait l'empêcher d'arriver à l'Académie française, objet de ses vœux, et, sur la certitude que cette fonction n'y apportait aucun obstacle, il accepta l'oCTre de M. de Marigny, qui le fit sur-le-champ nommer par le roi. Cette place augmenta son aisance et lui donna un logement au Louvre, il y a plus de vingt-cinq ans.
Le brillant succès de Richard lui ouvrit la porte de l'Académie française en 1786. *I1 y succéda à M. Watelet.
Sedaine était d'une excellente constitution, très sobre, jamais malade, ennemi de tout médecin et de tout remède. Ses besoins personnels se réduisaient à peu de chose, ce qui lui faisait faire le même calcul pour les autres. 11 ne comprenait pas que l'on souffrit de la fièvre ou de toute autre indisposition. Il ne devinait pas comment on pouvait mettre quelque prix aux commodités de la vie. Il avait les principes de la probité la plus sévère et la plus rigoureuse ; c'était dans les affaires le seul point qu'il entendît et qu'il voulût entendre. Quelque étroite que sa position fût devenue à l'époque de la nullité des assignats, il ne voulut jamais rembourser des rentes dont les contrats étaient à leur échéance, pour ne pas léser ceux dont c'était le revenu, n'entendant rien aux facilités des lois injustes. Sans avoir jamais eu de la richesse, il était vraiment XVI. 46*
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riche, parce que jamais dans sa maison ie faste ne tint la place de la bonté et de la générosité. Jusqu'à l'époque de la Révolution, de ce temps qui, en dispersant toutes les liaisons, n'a laissé que des souvenirs et des regnrets de tant d'illusions heureuses, il reccTait tous les lundis à dîner et à souper tant qu'il en pouvait recevoir, ses collègues, ses amis, tous ceux qui pouvaient se plaire dans un asile simple et paisible, au milieu de l'amitié, des bonnes mœurs et de la gaieté I Pajon, de Wailiy, David, Peyre à qui l'on doit la salle du Théâtre-Français, Coqueley, leurs femmes, leurs enfants, divers littérateurs et anciens amis y étaient bien reçus, caressés comme s'ils eussent été de la famille. Mon père y allait souvent.
Dans le monde, Sedaine était silencieux, il y portait le génie de l'observation qui lui fournissait les scènes, les expressions, les réponses de nature qu'il y saisissait. Quelques épigrammes étaient souvent les seuls frais qui lui échappassent; mais chez lui, au milieu de ses amis, il causait volontiers, toujours gaiement, et je ne lui ai jamais entendu dire en quinze ans un mot amer et qui pût blesser. On était dans sa maison comme chez soi; il ne se gênait point et ne voulait point que les autres fussent gênés par lui. On le croyait froid, sec et peu sensible et l'on avait raison si l'on réduit la sensibilité aux discours affectueux, aux petits soins, aux attentions de la société. Sans dédaigner ces charmes doux et faciles de la vie, il serait injuste de lui refuser une profonde sensibilité d'action. 11 se garait de la montre de ce sentiment, mais tout ce qui avait besoin de lui, tout ce qui manquait d'asile, tout ce qui était malheureux lui était recommandable, et disposait de tout ce qui lui appartenait. Il eut longtemps pour ami un chirurgien nommé Guéret ; c'était un des hommes qu'il estimait le plus. Il mourut et laissa une femme et deux petites filles dans la plus étroite position, pour ne pas dire la misère. II ne fut pas voir cette femme deux minutes, mais il trouva que son logement à lui était trop grand. M">* Sedaine fut chercher la mère et les enfants, les établit chez elle et les a gardés quatorze ans. David, petit-fils de son entrepreneur, était fils d*un père qui avait tout dissipé. L'enfant ne voulait s'appliquer à rien qu'à dessiner, et le faisait en dépit de ses parents. Sedaine obtint qu'on le faissât s'occuper de cet art, ne rêva qu'à lui procurer le moyen de le cultiver en paix, lui donna chez lui un atelier, le recueillit dans sa maison et en exigea comme reconnaissance d'apprendre à peindre à M^*«* Guéret, afin de les mettre à Tabri de l'infortune pour l'avenir; ellesont réussi selon ses vœux; les deux enfants doivent à leurs talents une existence douce et heureuse. Et depuis qu'elles vivent seules, quels que soient le temps et la distance de leur logement, elles n'ont guère manqué un jour à venir revoir
leur ancien asile. Elles ont veillé, aidé M™" Sedaine à soigner leur bienfaiteur jusqu'à sa dernière heures
Le hasard amena chez lui une autre famille ruinée. L'aînée des filles n'était point heureuse avec sa môre; elle devint Tenfant de la maison; elle y est restée six ans et n'en est sortie que pour se marier. 11 ne laissait échapper aucune occasion de faire le bien ; mais son occupation perpétuelle étant d'examiner les hommes, je crois qu'il les estimait peu, n'en attendait rien; heureux s'il trouvait de la reconnaissance, il n'était point blessé d'une ingratitude qu'il avait calculée.
Aussi supporta-t-il fort patiemment l'étrange conduite de David. Cet homme, loin de se donner tous les soins nécessaires pour charmer les dernières années d'un vieillard dont la Révolution détruisait toutes les habitudes douces, lui causa le chagrin d'être le collègue des êtres féroces qui égorgeaient leurs concitoyens, le laissa dépouiller d'une partie de son logement pour ne pas dire que luimême le lui fit ôter, et exposa cette famille aux plus grands dangers en ne cessant de dire qu'il ne les voyait plus parce qu*ils n'étaient pas patriotes, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas des assassins. Telle était auprès de Sedaine la religion de ses propres bienfaits que, s'il ne revit plus ce célèbre monstre, il évita d'en dire du mal; il rejetait sur la folie de la tête ce que tout l'univers ne peut attribuer qu'à la cruauté de l'âme. 11 avait aimé David dans sa jeunesse avec une tendresse inûnie, parce qu'il s'était créé lui-même la supériorité de son art. 11 avait pressenti le talent de l'enfant, il était Ger de ses succès. Son attachement pour lui était tel que beaucoup de gens le croyaient son fils, mais M™' Sedaine m'a assuré qu'il n'en était rien.
Une des idées tenaces et presque fâcheuses de Sedaine, c'est que, n'ayant été aidé ni de maîtres, ni de fortune, ni de conseils, ayant acquis seul ses connaissances en architecture et en littérature, en dépit et à travers tous les obstacles du malheur, étant devenu architecte et poète par la nécessité et le goût, il voulait impérieusement que tous les hommes n'eussent d'autre école. Cette fantaisie s'étendait jusque sur ses enfants. 11 était impossible pour science ou talent d'en obtenir un maître. Qu'ils fassent tout seuls, disait-il, je n'ai jamais eu besoin de personne. On ne pouvait le tirer de là sous peine de lui donner de l'humeur. Il mit son fils au
1. M"" Guéret ont figuré aux Salons de 1793,1795, 1798 et 1801, avec des portraits et des scènes d*int6rieur. En 1793, elles avaient envoyé chacune un portrait de Tune des deux « citoyennes » Sedaine, Taînée et la cadette, sans doute les deux filles du poète dont M. Jal a retrouvé les actes de naissance.
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collège, parce qu^heureusement il y avait été, mais, les premières études finies, ce fut la même chanson. 11 ne croyait pas même à la nécessité de causer avec eux, d^étendre leurs idées ou de diriger leurs principes. 11 les aimait tendrement, les traitait bien, mais il attendait tout de la nature, et ne se doutait pas que si son sort chez son père eût été aussi doux, peut-être aurait-il fait moins d'effort. Son fils a prodigieusement lu et avec fruit, il dessine bien ; mais enlevé par la réquisition au commencement de la guerre, ces cinq années de service militaire ont retardé les études nécessaires au choix d'un état. 11 a obtenu son congé peu de semaines avant la mort de son père, et son projet est de se livrer à Tarcbitecture. Sa fille aînée est de la santé la plus faible. C'est un être aussi frêle de corps que vif d'esprit et d'àme. On lui reconnaît dans la conversation beaucoup de la finesse et de l'originalité de son père. La plus jeune a dix-huit ans; formée par sa mère à tous les soins intérieurs de la vie domestique, elle promet d'être une excellente mère de famille.
Une chose particulière de la tournure de tête de Sedaine était Texamen scrupuleux qu'il faisait du style de tous les écrivains de son siècle. 11 les épluchait avec une sévérité rare et dénichait une faute de français dans Voltaire ou Buffon. Ces découvertes le rendaient heureux, elles le réconciliaient sans doute avec ses propres négligences, le consolaient du moins de celles qu*on ne cessait de lui reprocher.
Sedaine ne causait jamais que par occasion et sans projet sur les questions de dogmes religieux. 11 manifestait alors les opinions philosophiques de son siècle. 11 parlait sur ces objets avec plus de gaieté que de raisonnement. Il a conservé cette manière d^être jusqu^à la fin de sa vie. Dans un des instants où lui-même et les autres le croyaient près d'expirer, il me dit beaucoup de choses douces, et, me rappelant mon père, il me dit qu'il ne tarderait pas à le retrouver. Je crus que Tidée de Timmortalité de l'àme occupait sa pensée, mais il paraît que ce fut une idée fugitive, une lueur poétique de l'imagination plutôt qu^un sentiment ou une opinion, 11 s*est écoulé depuis ce jour jusqu'à celui de sa mort plusieurs mois, et il n'est pas revenu sur ce chapitre par un mot. Il souhaita lireTouvragede La HarpeS je le lui portai. 11 ne m'en parla qu'avec indignation. 11 croyait l'auteur de mauvaise foi, et me cita d'autres
1. S*agit-il de la Guerre déclarée par nos tyrans â la raison, d la morale, aux lettres et aux arts (1706, in-S'*), oa du Fanatisme dans la langue révolutionnaire (1796, in-8**}7 Ces deux déclamations pouvaient Tune et Tautre provoquer Tirritatiun de Sedaine.
gens qui prétendaient être devenus dévots et qu'il accusait pareillement de folie ou de corruption de parti. Il n'a pas perdu connaissance une seconde et a fini comme il avait vécu, sans s'occuper d'idées obscures. Il ne fut consolé par aucun sentiment religieux, mais il ne fut aussi troublé par aucune superstition.
Attaqué d'un rhume vers la fin de l'automne dernier, selon sa coutume, il n'y voulut rien faire. Le rhume devint un catarrhe et l'étouffemenl dans la poitrine le fit consentir à quelques remèdes, mais il ne les suivit qu'avec beaucoup de répugnance et le plus d'inexactitude qui lui fut possible. Le danger s'accrut, et il fut obligé de s'abandonner à Tart. Bâcher ^ me dit dès lors qu41 ne connaissait aucun moyen de le sauver, parce que la masse du sang se dissolvait et qu'il n'était pas d'âge à pouvoir espérer de le renouveler. On lui appliqua un vésicatoire sur le côté qui ne prit point. II fallait sans cesse lui donner de l'air avec un éventail. On n'osait risquer les purgatifs, parce que le pouls marquait une très grande faiblesse. Le chirurgien avait annoncé qu'il n'avait plus que peu d'instants à vivre. Alors on hasarda sans espoir le kermès, et ce remède produisit une crise salutaire ; le soir il était moins mal, le lendemain beaucoup mieux, et en peu de jours il fut rendu au sommeil, à l'appétit et à la conservation. Mais ce retour à la vie ne fut pas de longue durée ; les jambes, au lieu de reprendre des forces, s'affaiblirent, il fut obligé de se remettre au lit. Conservant sa tête parfaitement libre, il évita tout ce qui pouvait lui donner de l'attendrissement soit avec sa femme, ses enfants ou ses amis. Un jour, je lui demandais comment il se trouvait ; il regarda autour de lui, et ne voyant pas sa femme, il me dit en me pressant la main : « Il est bien sûr que je suis tiré de ma maladie, mais ce qui est encore plus certain, c'est que je mourrai de ma convalescence. » II loi prenait quelquefois des accès d'impatience et d'humeur contre la médecine et les remèdes ; il était persuadé que l'on ne connaissait point sa maladie et que l'on faisait sur lui des expériences. Aussi, les derniers jours, ne voulait-il plus rien prendre du tout, ne causait plus, disait assez souvent : « Cela est bien long. » Enfin le 28 floréal, le 17 mai, ayant encore observé que dix heures venaient de sonner, il expira quelques minutes après, âgé de soixante-dix-huit ans.
David fit demander à le voir peu de jours avant sa mort; il vou-
1. Alexandre-Philippe Bâcher, Dé à Thann (Alsace) vers 1730, mort le 19 octobre 1807, fils d*iin médecin connu par ses recherches sur Thydropisie, et qui avait continué ses travaux. Il fut chargé de la rédaction du Journal de médecine de 1776 à 1703.
lait absolument lui témoigner quelques sentiments de remords ou de regrets. Mais on craignit qu'une scène de ce genre n'avançât son dernier instant. Il l'a escorté au tombeau avec son fils, Ducis, Houdon, Pajou et quelques autres amis.
Sedaine fut enthousiaste de la Rèvoiution'à son aurore, et tout le temps qu'il put en espérer le bonheur de son pays ; mais ses excès lui ont fait horreur comme à toutes lésâmes honnêtes. Il a supporté courageusement toutes les privations, tout le malaise que les événements ont produit dans l'intérieur des familles; mais il devint sujet à la mélancolie et à l'ennui dans les derniers temps de sa vie.
L'inquiétude de l'avenir tourmente plus la vieillesse qui s'éteint que la jeunesse qui espère. La destruction des académies, l'anéan— tissement des rentes, la nécessité d'avoir une quantité immense d'assignats pour vivre, celle de s'occuper de toutes les formes à remplir pour acheter le repos et la sécurité, toutes les jouissances qui disparaissaient sans être remplacées par rien, toutes ces contradictions ont rendu la fin aussi pénible que les commencements en avaient été laborieux.
Je ne saurais dire lui avoir connu un défaut prononcé. Mais quel est celui qu'on eût pu lui découvrir avec la femme qu'il avait choisie ! Sa tendresse les eût tous voilés de manière à ne pas même les laisser soupçonner ; elle ne faisait usage de son goût et de son tact délicat que pour exalter l'idée qu'on pouvait prendre du génie et des vertus de son mari. Elle lui consacrait sa vie entière; dévouée constamment à tous ses goûts, à tous ses désirs, redoutant de le contrarier dans la plus légère bagatelle, elle ne vivaitque pour qu'il fût heureux toute l'année, tous les jours et à toutes les heures. Aussi ne pouvait-il s'en passer une minute dans sa maladie sans peine ; elle lui a servi de garde-malade six mois de suite, non>seulemenl pour satisfaire sa tendresse, mais parce qu'il souffrait d'une manière visible si elle s'éloignait un moment. Lorsqu'il a cessé d'exister, il y avait quatre mois et demi qu'elle ne s'était posée sur un lit déshabillée.
Sedaine laisse en portefeuille la Trompe nocturne, Pagamin de Monaigue,PhiUmon etBaucis,Célestine,Robert,GilBlas,en quatre actes, Basile, Marion, F Amoureux goutteux et les Journalistes, en cinq actes.
1. Toutes ces pièces sont restées inédites, mais Quérard fait observer que Fleischer, dans sa Bibliographie française, indique comme imprimé en 1792. in-8^, Basile ou l'Un trompe Vautre, opéra-comique en un acte.