CHAPITRE XVII
LA RéPRIllANDB.
Et je comptais ainsi établir du chant et de la musique chez toi, que j'avais appelé mon peuple nonobstant le nombre de tes défections et de tes égarements.
Mais, ô peuple aveuglé dans tes préjugés! mes miracles ne te remuent plus, et tu n'aperçois pas les prodiges qui sont l'ouvrage de ma main.
Et tu as toujours vacillé entre la musique et ce qui n'en est pas, et jusqu'à ce jour tu appelles chant ce que j'appelle cri, et tu applaudis jusqu'à ce jour les ports de voix qui m'offensent et le fredonnement de cadences que je maudis.
Et ton oreille ne sait pas distinguer le faux d'avec le juste, encore que mon serviteur Jélyotte et ma sei^vante Fel chantent juste, depuis qu'ils sont au théâtre que tu appelles Académie de musique sans mon aveu et lorsque ce n'en est par une.
Et tu as forcé mon sei^viteur Jélyotte et ma servante Fel (que j'appelle mes enfants, parce qu'ils se sont conduits selon mon cœur et selon mes désirs, et que je t'ai donnés dans ma bonté pour t'instruire et pour te faire plaisir, et non pas pour t' ennuyer), et tu les as forcés à t'ennuyer par de mauvais rôles que tu leur as fait jouer sans fin, et que tu appelles beaux parce qu'ils sont vieux; et parce qu'ils les ont bien chantés, tu as crié : Oh! qu'ils sont beaux!
Et jusqu'à ce jour tu ne sais pas distinguer ce qui est beau d'avec ce qui ne l'est pas, ni ce qu'il faut approuver d'avec ce qu'il faut rejeter.
Et ton ignorance ne t'empêche pas de décider avec confiance dans l'aveuglement de ton imbécillité.