‹ Correspondance littéraire (volume 4)Chapitre 19 sur 377 · VARIÉTÉ · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ

« Le célèbre Cook, dans la relation de son premier voyage autour du monde, raconte qu'il vit représenter à Vlitéa, une des îles de la Société, une espèce de comédie-pantomime où les acteurs, tous hommes, se trouvaient divisés en deux partis sous la dénomination de noirs et de blancs. Le parti noir représentait un maître et des serviteurs, le parti blanc représentait le peuple.

8/i CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

Voici en peu de mots le sujet de la pièce. Le maître charge ses serviteurs de garder un panier rempli de provisions, les blancs viennent exécuter divers pas graves en tâchant d'enlever le panier ; les noirs le défendent en battant des entrechats. Après de vives altercations, les noirs, fatigués, s'asseyent autour du dépôt, et s'appuyant dessus se livrent au sommeil. Les blancs, profitant de la circonstance, s'approchent à pas doux et mesurés, et, soulevant les noirs de dessus le panier, emportent leur proie. Les noirs se réveillent bientôt, expriment leur douleur par une pantomime très animée, et finissent par se consoler en dansant. »

Cet apologue n'en est pas un ; nous avons trouvé le passage dans le troisième volume de l'édition m-h°, à quelques légères altérations près. Dans Cook le parti noir n'est que le parti brun, et le parti blanc, au lieu de représenter le peuple, représente tout simplement une troupe de voleurs.

— Ynkle et Yariko, supplément aux œuvres de Gessner (par M. deMeister). Brochure in-181.

Gessner lui-môme avait dit de l'auteur de ce petit ouvrage, en parlant à M. l'abbé Bertola de la traduction des Nouvelles

Idylles, faite par le même : durer ei che abbia guardato il

pik délie voile non nelle mie poésie, ma nel fondo délia mia

1. Peu de légendes d'amour ont eu, au siècle dernier, plus de succès que les infortunes de cette jeune Indienne qui recueille un Anglais naufragé, l'aime, croit en être aimée, et se voit vendue par lui le jour où il retrouve ses compatriotes. Gessner, Gellert, Boulenger de Rivery, Sedaine, et Raynal lui-même, ont tour à tour chanté cet épisode sentimental, qui, à la fin du siècle, devait encore inspirer un autre poète, Lucien Bonaparte. Le roman qu'il a publié sous le titre de la Tribu indienne, ou Edouard et Steliina (l'î92, 2 vol. in-12) n'est en effet, sous d'autres noms, que le récit prétentieux et déclamatoire des malheurs de la jeune Yariko. Le livre est d'ailleurs très-rare et les admirables figures de Prudhon (la Grotte, le Dam, la Soif de l'or, etc.), justifient, mieux que la prose de l'impérial romancier, la valeur marchande qu'on lui attribue. La traduction de l'idylle de Gessner par Meisler est aussi fort rare : nous n'avons pu réussir à la voir.

« Ynkle et Yariko est une traduction de M. de Meister, écrit Grimm à Catherine, le 4 août l'790 ; avant la révolution, il avait commencé à traduire les Contes des petits garçons de la marraine de Katinka [Catherine avait pour pupille une des filles de Mme de Bueil]. Nous voulions lui traduire toute la bibliothèque et moi y mettre la rocamhole et publier le tout conjointement, mais cette malheureuse révolution a aussi détruit la librairie. On ne trouve plus d'imprimeurs que pour des sottises, des libelles, des calomnies atroces et il ne paraît pas autre chose; cependant mon projet n'est pas abandonné. M. de Meister m'a dit qu'il employait ces contes dans sa Correspondance littéraire au grand contentement de ses lecteurs et qu'il en recevait des compliments de tous côtés. Dans les temps de disette, on emploie jusqu'à ses diiimnnts pour se tirer d'affaire. »

anima. « Je jurerais qu'il a regardé le plus souvent, non dans mes poésies, mais dans le fond de mon âme. » {Elogio di Gessnery p. 75.)

LE CZAROWITZ F EVE H,

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