‹ Correspondance littéraire (volume 5)Chapitre 3 sur 113 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

un autographe de l'abbé, dont la part est bien mince quand on la compare à Pimmense labeur de Grimm et de ses amis. En revanche, nous tenions à ce que le lecteur eût sous les yeux les traits et récriture du principal auteur. Deux portraits seulement de Grimm nous sont connus et tous deux furent dessinés par Carmontelle: celui que les éditeurs de 1812 publièrent avec la seconde édition de la période de 1770-1782 et cette aquarelle que nous avons déjà signalée dans V Iconographie de Diderot.

Le premier dessin faisait sans doute partie de cette inappréciable collection de sept cent cinquante médaillons en buste ou en pied, dont l'acquisition par l'État fut proposée et refusée, en 1806, à la mort de Carmontelle. L'aquarelle dont nous avons vu une répétition entre les mains de M. Alfred de Vandeul et dont une autre a été exposée en 187/» au Corps législatif par M. de LangsdorfT, n'a pas encore été gravée. L'artiste connaissait évidemment fort bien son modèle. Quand même les premiers éditeurs n'eussent pas insisté sur ce caractère de sincérité *, le plus rapide examen prouverait que la planche de Tardieu et le petit tableau du délicat amateur représentent le même personnage, sans moditication sensible dans l'expression de la physionomie.

1. «M. Richard de Lédans, ancien lieutenant-colonel d*infanterie et chevalier de Saint-Louis, l'un des amis du baron de Grimm, nous a donné son portrait qui a été dessiné diaprés nature par M. de Carmontelle, en 1760. Nous Tavons fait graver et il se trouve en tète de cette seconde édition. M. de Lédans, qui habite Paris, nous assure que ce portrait est delà plus parfaite resssemb lance, n

Nous en connaissons les reproductions suivantes :

— De profil à dr. dans un t. c; chapeau sous le bras; Jabot, larges manchettes. Au bas, à g.: Dessiné d*après nature par M. Carmontelle en 1769, Lecerf se. En haut. Frontispice. Tome I".

Il y a un premier état plus p&le et sans aucune lettre.

— De proflPà g. dans un ovale. On ne voit que le haut du corps et du bras. Au bas : Dessiné par Carmontelle, grave par Ambroisc Tardieu. Au dessous : F.-M. Grimm (critique et philosophe). Né à Ratîsbonne le 26 décembre 1723. Mort à Gotha le 19 décembre 1807.

— De profil à dr., au trait. La pointe du tricorne passe sous le bras. Sans nom d*auteur. Au bas, en anglaise : Grimm.

— De profil à g. au trait dans un triple t. c. Tricorne sous le bras. Au-dessous, dans un cartouche : Grimm. M"** Soyer se. En haut : Histoire de France. Tome XVIII, p. .504.

— De profila dr. dans un ovale, au pointillé. Sans nom de graveur. Au bas, eu anglaise : Le Baron de Grimm.

Entête du Grimmiana, par Cousin d*Avalon, 1813, in-18.

AVERTISSEMENT. v

Nous ne désespérons point d offrir à nos souscripteurs le facsimilé de l'aquarelle de Garmontelle; mais ils ont dès à présent sous les yeux la reproduction exacte du portrait appartenant à M. Richard de Lédans.

Quant à Tautographe communiqué par M. Éiienne Gharavay, il est surtout intéressant parce qu'il est daté et signé, précautions que prenait rarement Grimm pour les nombreuses et longues lettres de sa main qui ont passé sous nos yeux.

Les additions considérables que nous apportons à la Correspondance littéraire nous avaient un moment inspiré la pensée de supprimer les articles de Diderot, qui en font partie, mais qui ont tous été reproduits dans Tédition nouvelle. Nous nous sommes ravisé et nous donnerons non-seulement ce que nos prédécesseurs avaient imprimé, mais encore tous les articles retrouvés par M. Godard, à Pétersbourg, et insérés par M. Assézatsous la rubrique de uMiscellanea philosophiques, littéraires, dramatiques, artistiques »; il y a plus, quelques courts fragments qui manquent aux manuscrits de l'Ermitage verront ici le jour pour la première fois. Il va sans dire, néanmoins, que nous ne reproduirons ni les Salons, ni la Religieuse ei Jacques le Fataliste que Grimm fit connaître tous deux à ses abonnés après la mort de l'auteur.

Cette réserve nous amène tout naturellement à traiter un point délicat pour notre conscience d'éditeur: Raynal, et plus tard Grimm, prenaient à tâche d'adresser à leur clientèle princière les nouveautés qui circulaient sous le manteau et dont les exemplaires étaient presque toujours si rares qu'il fallait bien en faire des copies. Voltaire défraya pendant plus de vingt ans la curiosité légitime excitée par le fruit défendu; mais il n'était pas le seul à qui s'adressaient les correspondants en quête d'un régal digne de palais raffinés. Raynal mettait à contribution Piron, Voisenon,Roy, Bernis, Robbé et d'illustres inconnus, comme Laurès ou Tannevot; Grimm avait mieux à offrir: c'était tantôt un paquet de billets du patriarche, tantôt une lettre de Galiani à M«« d'Épinay; tantôt, aux jours de disette, une élégie de Lemierre ou une chanson de Laiijon. Personne, assurément, ne nous reprochera la suppression de VÉpîlre «u président Hènault, de Babonc, du Pauvre Diable, de V Homme

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