‹ Correspondance littéraireChapitre 120 sur 179 · ROMANCE PAU M ***, AVOCAT GÉNÉRAL DU ROI AL PARLEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

ROMANCE PAU M ***, AVOCAT GÉNÉRAL DU ROI AL PARLEMENT DE PARIS

SUR l'air de la Romance de Daphné.

Dans cette belle contrée Où le Tibre en ses replis Roule son onde dorée, Ma vue, au loin égarée.

Errait parmi les débris.

Le dieu des ombres légères M'invitait au doux repos, Quand d'antiques caractères Suspendirent mes paupières.

Qu'allaient fermer ses pavots.

C'était la triste aventure De Lucrèce et de Tarquin.

J'en ai tracé la peinture :

Puisse la race future Me savoir gré du larcin.

Lucrèce eut une âme tendre.

Avec un cœur vertueux; Tarquin ne put s'en défendre, Et le défaut de s'entendre Fit le malheur de tous deux.

1. Auteur d'une Vie de Charles XII publiée à Stockholm en 1740, 2 volumes in-folio, traduite en français par Warmholtz, La Haye, 1742, 3 volumes in-4°.(T.)

2. La défaite de la truie de Grommyon est un des hauts faits prêtés à Thésée. Voltaire se rit dans sa préface du ridicule des auteurs qui préfèrent ces récits fabuleux à l'histoire. (T.)

3. Cette romance est de Saint-Péravy. Nous en avons, d'après l'observation de M. Beuchot dans son article du Mercure de mars 1814, rétabli les trois premiers couplets, que Grimm ne donnait pas. (T.)

Un jour, tout parfumé d'ambre, Méditant d'heureux efforts, 11 la surprit dans sa chambre :

On n'avait point d'antichambre, On n'annonçait point alors

A ses pieds il tombe, il jure Qu'il sera respectueux, Que sa flamme est vive et pure .

On dit qu'en cette posture Un homme est bien dangereux.

Lucrèce reste muette ;

Mais bientôt, prenant un ton,

Elle veut fuir sa défaite ;

Mais n'ayant point de sonnette,

Comment tirer le cordon?

Tarquin devint téméraire, Lucrèce eut recours aux cris, Elle tombe en sa bergère :

Le pied glisse d'ordinaire Sur un parquet sans tapis.

Le remords trouble son âme ; Jusqu'au plaisir, tout l'aigrit; Un poignard éteint sa flamme :

Dans notre siècle une femme A plus de force d'esprit.

— M. GocHd, l'un des académiciens qui ont fait le brillant et inutile voyage du Sud pour mesurer la terre, vient de mourir en Espagne ^ Il avait passé au service de cette couronne, sous le ministère de M. de La Ensenada.

— Parmi les calomnies qu'on a publiées contre YEncyclojjédie^ on n'a pas manqué de dire qu'elle n'avait d'autres planches sur les arts et métiers que celles que M. de Réaumur avait fait faire par ordre du roi, au nom de l'Académie royale des sciences. En conséquence de cette imputation, messieurs de l'Académie ont nommé des commissaires pour examiner les

1. Godin, (Ig l'Académie des sciences, mourut le 11 septembre 17G0. Il était ne en ITOi.

planches de YEncyclopcdie, Pour cette fois-ci, la vérité l'a emporté sur le mensonge. Les commissaires, confondus des richesses qu'ils ne comptaient guère trouver, ont été obligés de rendre justice aux éditeurs et aux libraires par une déclaration authentique, et le public, qui réfléchit quelquefois, a trouvé singulier que l'Académie ait touché, pendant quarante ans, près de /iO,000 livres que le roi avait destinées à cet objet, sans avoir encore rendu aucun compte de ses travaux. Voilà ce qui a engagé l'Académie à publier les planches de M. de Réaumur avec une description des arts et métiers auxquels elles ont rapport. Cette description paraît successivement par cahiers relatifs à chaque art. Elle ne fait pas peur aux éditeurs et aux libraires de Y Encyclopédie. Ils seront incessamment en état de publier à leur tour le recueil de leurs planches, et alors le public pourra juger qui des deux a mieux rempli sa tâche, ou de ceux qui, pour satisfaire à cet objet, ont joui pendant quarante ans des bienfaits du roi, ou de ceux qui, n'ayant reçu aucun encouragement de la part du gouvernement, n'ont consulté pour mériter le suffrage du public que leur zèle et leur amour pour les sciences.

— Histoire de Pierre Terrait^ dit le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche^ par M. de Berville, volume in-12. Le chevalier Bayard est un des personnages les plus intéressants de l'histoire moderne. Dans cette nouvelle édition de sa vie, on a entrepris de rajeunir le style, c'est-à-dire qu'on lui a ôté sa grâce et sa force. Je vous conseille de vous en tenir à l'ancienne.

— M. l'abbé Pérau a publié le vingt-troisième volume des Hommes illustres de la France. Il est consacré tout entier à la vie du maréchal de Turenne. Ce grand homme peut aller de pair avec les héros célèbres de l'antiquité. Mais il s'en faut bien que son historien puisse trouver place à côté des grands historiens des siècles passés. A des héros comme Turenne il faut des Plutarques.

— M. d'Anville, le premier de nos géographes, de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, vient de publier sa Notice de r ancienne Gaule Kyoilii un ouvrage important,

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