Paris, 1761), in
3. (Par de Gonfrevillc, fermier de Sieurcj% près Veriion.) Paris, ITCiO, ia-4'
vais cultivateurs. C'est que dans un pays où l'on fait les choses, il ne reste point de temps pour en bavarder. Les Raphaël et les Garrache font des tableaux, et ne dissertent point sur la manière d'en faire. Les Hasse et les Pergolèse font de la musique, et n'écrivent point sur la base fondamentale ; et l'Angleterre, qui a poussé si loin tous les arts de l'agriculture, s'est contentée d'avoir de bonnes lois pour leur police et pour Tencouragement de l'industrie, et n'a eu aucun besoin de dissertations sur l'art de semer, de labourer, de cultiver. Vous jugez que je fais on ne peut pas moins de cas des Académies qui se forment pour l'encouragement de l'agriculture, comme M. le marquis de Turbilly ^ vient d'en ériger une sous les auspices de M. l'intendant de Paris. Ayez de bonnes lois; que le cultivateur ne soit point opprimé; que l'industrie ne soit point punie, et la culture sera florissante sans traités, sans méthodes^ sans dissertations, et vos académiciens, au lieu de bavarder dans leurs assemblées, s'occuperont à cultiver leur champ. Le seul ouvrage de ce genre qui intéresse véritablement le public et la postérité, c'est une description exacte des arts et métiers, et de leurs divers instruments, telle qu'elle a été exécutée dans le dictionnaire de \ Encyclopédie. C'est par là que les différentes nations peuvent connaître leurs ressources réciproques et les progrès de l'esprit humain à travers la durée des siècles. On sent aisément quels seraient nos avantages si nous avions un ouvrage de cette espèce sur les arts et métiers des Égyptiens, des Grecs et des Romains; qu'on juge de quelle importance V Encyclopédie sera pour la postérité.
— On a fait une nouvelle édition du Dictionnaire abrégé de la fable, par M. Chompré. Cette compilation est commode.
— La tragédie de la Clémence de Titus- a été jouée sans succès, il y a environ deux ans. Elle vient d'être imprimée, et on ne l'a pas jugée à la lecture aussi sévèrement qu'au théâtre.
1. Né en 1717, mort en 1776, Turbilly rendit de grands services à la province d'Anjou par les nombreux défrichements qu'il y opéra. C'est lui qui fonda les premières sociétés d'agriculture; il forma aussi le projet d'éteindre la mendicité, et il y parvint dans ses terres. C'est le premier essai de ce genre fait en France. (T.)