Par Fr. Le Prévost d'Exmes.) Francfort, 1701, in
sait pas que les Troyens se sont trouvés fort mal de n'avoir pas écouté Gassandre, et que c'est une impiété devant Dieu et la Sorbonne que de comparer les philosophes à des gens qui disent la vérité.
— Nous avons de La Grange-Chancel, auteur de plusieurs tragédies, des odes connues sous le nom de Philippiques, qu'il composa dans le temps de la Régence, contre Philippe duc d'Orléans, régent du royaume. Ces odes n'ont jamais été imprimées^ à ce que je crois; mais elles se trouvent dans le portefeuille de tous les curieux. A leur imitation, on vient d'imprimer des Jésuitiques^ contre les bons Pères auxquels le Parlement ne veut plus permettre de porter le nom de jésuites. L'auteur ignoré des Jésuitiques les hait bien aussi cordialement que La Grange détestait M. le Régent; mais il s'en faut bien qu'il ait la verve de l'auteur des Philippiques. Aussi les Jésuitiques ne sont qu'un recueil d'injures et de platitudes que personne n'a voulu regarder, quoiqu'on ait fait à l'auteur l'honneur de les supprimer.
— On a imprimé depuis peu le conte de la Reine de Golconde^. C'est une des jolies bagatelles que nous ayons eues depuis longtemps. Si M. de Voltaire l'avait faite, je crois qu'il n'en serait pas trop fâché. Du moins il n'y a, dans les contes de M. Marmontel, aucun qui à mon gré vaille celui de la Reine de Golconde. Je n'aime pas le préambule qu'on y a mis. L'auteur y dit qu'il a composé ce conte pour charmer la solitude et l'ennui de sa retraite, et cela gâte un des plus jolis traits de la fm du conte, où il dit : « Le lecteur aura peut-être cru que c'est à lui que je parlais, etc. » Si vous voulez voir un chefd'œuvre de bêtise et d'impertinence, il faut lire ce conte tel qu'il a été inséré dans le dernier Mercure, L'auteur de ce journal a voulu rendre le conte de la reine de Golconde décent; mais décent à pouvoir être lu pour l'édification des séminaires où il a été composé, et des couvents de religieuses. Les changements auxquels ce projet l'a obligé à chaque ligne sont, pour la platitude et la bêtise, une chose unique en son genre.
1. (Par Dulaurens.) Rome (Paris), 1761, in-12. Nouvelle édition augmentée, Rome (Hollande), 17G1, in-12.