‹ Correspondance littéraireChapitre 163 sur 179 · Golconde, 1761, in-12. Nombreuses réimpressions · texte numérisé non relu

Golconde, 1761, in-12. Nombreuses réimpressions

hl2 CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

— On a traduit un ancien roman anglais, intitulé les Aventures de Roderic Random^ en trois volumes*. Je suis tenté de croire que le traducteur est de son métier crocheteur dans quelque carrefour de Paris; car on ne peut rien lire de moins français, de plus bas, de plus mauvais que cette traduction. On a mis sur le titre que ce roman était de Fielding. Cela est faux. Il est de Smolett, qui a fait celui de Peregrin Pickle, et en dernier lieu une Histoire d* Angleterre qui a eu quelque succès à Londres. Mais il s'en faut bien que Smolett ait la touche et le génie de Fielding, ni même de notre Le Sage. Je ne puis guère mettre Smolett qu*au niveau de notre poëte Vadé, qui est mort il y a quelques années. Le talent de ces gens-là consiste dans l'exactitude avec laquelle ils rapportent les propos et les quolibets du bas peuple ; mais pour acquérir ce talent, on n'a qu'à fréquenter les ports, les halles, et autres lieux où la populace a coutume de s'assembler. Si vous ne savez donner à vos personnages, même les plus bas, une teinte de poésie, vous êtes un pauvre homme, et vos tableaux n'intéresseront guère. Le goût est plus nécessaire dans ce genre que dans aucun autre. Sur tous ces points, vous serez bien peu content de Roderic Random,

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