Par le P. Béraud-Belcastel.) S. 1., 17GI, in
[i9k CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.
Il n'y a à présent que les poètes d'un génie décidé qui puissent se promettre du succès.
— Alphabet pour les enfants sur quarante cartes à jouer ^ extrait des meilleures méthodes pour apprendre à lire aisément et en peu de temps, même par manière de Jeu, Cet alphabet présente d'abord les voyelles et les consonnes en différents caractères ; ensuite les voyelles liées ensemble, les voyelles composées, les consonnes liées ensemble avec leur valeur, les voyelles accentuées, les abréviations et leurs signes, les ponctuations, les chiffres romains et arabes, et enfin les syllabes de plusieurs voyelles. On a ajouté le Benedicite en latin et en français. En ce genre, il n'y a que l'expérience qui puisse constater la bonté d'une méthode.
— Vous avez pu voir dans quelques volumes du Journal étranger, qui est le seul qui mérite quelque attention depuis qu'il est entre les mains de M. l'abbé Arnaud et de M. Suard, des morceaux de poésie erse, traduits d'abord à Londres en anglais et enfin dans le Journal étranger de l'anglais en français. La langue erse est la langue des anciens Écossais, qui, je crois, se conserve encore dans les montagnes d'Ecosse avec les mœurs simples et antiques dont les montagnards de cette contrée ont hérité de leurs ancêtres. Ces mœurs sont belles et touchantes comme celles de tous les anciens peuples, et le caractère des mœurs donne celui de la poésie. La guerre, la chasse, la vie champêtre, l'amour, la mort, une nature sauvage et rustique, voilà chez tous les peuples les premiers et les plus touchants objets de la poésie. Aussi tous les monuments de poésie qui nous restent des anciens peuples ont un caractère commun; vous le trouverez dans la poésie des Grecs, des Scandinaves, et des Erses ou Écossais. Ce qu'il y a de singulier dans les monuments de ces derniers, c'est qu'on n'y découvre aucune trace de religion, quoique la plupart de ces morceaux poétiques soient des chants funèbres. Le traducteur anglais de ces poésies erses vient de publier à Londres un poëme épique tout entier, intitulé Fingal. Ce poëme se conservait dans les montagnes d'Ecosse par tradition, de même que l'Iliade chez les Grecs. Pisistrate fit rassembler le poëme d'Homère à Athènes, et notre Anglais a pris le même soin du poëme de Fingal^ dont le caractère, du moins, sera très-précieux aux critiques et aux gens de
goût, quel que puisse être son mérite d'ailleurs. En attendant que le poëme de Fingal nous arrive de Londres, M. Suard se propose de traduire le recueil entier des poésies erses. Voici la première chanson de ce recueil. La traduction est de M. Diderot ^